Test Eureka J15 Pro Ultra : 16 200 Pa et une arme redoutable contre les cheveux

Poussière, lentilles, riz, tapis, cheveux longs, chocolat séché plusieurs jours et une flaque : nous avons confronté ce robot laveur haut de gamme à un logement réellement sale, sonde et caméra thermique à l’appui.

16 200 PaAspiration annoncée
72 minRelevé sur 54 m2
7 NPression des serpillières
12 mmRelèvement sur tapis

Les aspirateurs robots haut de gamme ne se contentent plus d’aspirer. Ils lavent leurs serpillières, vident leur bac, reconnaissent les objets et promettent désormais de décider eux-mêmes comment nettoyer une tache. Avec son J15 Pro Ultra, Eureka pousse cette logique assez loin : 16 200 Pa d’aspiration, serpillières rotatives et extensibles, lavage à l’eau chaude, séchage à l’air chaud, reconnaissance des saletés et surtout un système FlexiRazor chargé de couper les cheveux avant qu’ils ne s’enroulent autour de la brosse.

Sur le papier, la liste est impressionnante. Nous avons donc surtout cherché à savoir ce qu’il en restait une fois le robot confronté à un logement réellement sale. Poussière, lentilles, riz, tapis, cheveux longs, chocolat séché plusieurs jours et même une flaque ont servi à le mettre à l’épreuve. Nous avons également vérifié les températures de sa station et placé plusieurs objets sur son chemin pour voir jusqu’où allait réellement son intelligence artificielle.

Et si le J15 Pro Ultra ne réussit pas tout, certaines de ses fonctions font une vraie différence au quotidien.

Au sommaire de ce test

Fiche technique de l’Eureka J15 Pro Ultra

CaractéristiqueEureka J15 Pro Ultra
Aspiration et brossage
Puissance d’aspiration annoncée16 200 Pa
Brosse principaleFlexiRazor
Navigation et obstacles
NavigationLiDAR
Détection d’obstaclesLaser frontal et caméra
ReconnaissancePlus de 150 types d’objets annoncés
FranchissementEnviron 2 cm
Lavage
Lavage2 serpillières rotatives
Pression annoncée7 N
Extension latéraleScrubExtend
Relèvement des serpillières12 mm
Station et autonomie
Batterie5 200 mAh
Sac à poussière3 litres
Réservoir d’eau propre4 litres
Réservoir d’eau sale3,4 litres
Lavage des serpillièresEau chaude jusqu’à 75 °C annoncés
SéchageAir chaud jusqu’à 55 °C annoncés
Fonctions
Cartographie multi-étagesOui
VidéosurveillanceOui
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Design : sa forme presque carrée a une conséquence

Le J15 Pro Ultra ne ressemble pas tout à fait aux habituels robots circulaires. Son châssis conserve des angles très arrondis, mais adopte une forme plus proche du carré.

Nous avons mesuré environ 35 cm en largeur comme en longueur et 11 cm de hauteur. La diagonale atteint en revanche environ 38 cm, et cette mesure a davantage d’importance qu’il n’y paraît.

Le robot cherche en effet à s’assurer qu’il pourra effectuer un demi-tour avant de s’engager dans certains espaces. Il lui faut donc parfois ces 38 cm de dégagement. Un passage dans lequel un robot rond de 35 cm pourrait entrer peut ainsi être ignoré par le J15 Pro Ultra.

Nous avons toutefois voulu vérifier si cette forme devenait gênante dans un environnement encombré. Plusieurs chaises ont été replacées autour d’une table pour créer un véritable labyrinthe de pieds.

Le robot s’en sort bien. Il se glisse entre les obstacles, effectue ses demi-tours sans rester bloqué et utilise son laser pour limiter les contacts. Il peut toucher légèrement un pied, mais les chocs restent rares et doux.

La station demande environ 46 cm de largeur, 47 cm de hauteur et 40 cm de profondeur lorsque le robot est installé. Malgré ses nombreuses fonctions, elle ne prend donc pas une place démesurée.

Nous avons seulement relevé un détail d’ergonomie : les poignées des réservoirs sont plus faciles à saisir depuis l’arrière. Avec une station complètement collée au mur, les doigts passent difficilement. Laisser deux ou trois centimètres derrière elle règle le problème.

Une station qui prend presque tout en charge

Eureka J15 Pro Ultra posé sur sa station

La station regroupe un réservoir d’eau propre de 4 litres, un autre de 3,4 litres pour les eaux usées et un sac à poussière de 3 litres derrière sa façade avant.

Elle recharge le robot, remplit son réservoir interne, vide son bac à poussière, lave les serpillières, récupère les eaux usées puis sèche les serpillières et son plateau.

Mais Eureka ajoute surtout un véritable système d’autonettoyage du fond de la station. Deux éléments rotatifs sont entraînés mécaniquement lorsque les serpillières viennent prendre appui dessus. Ils raclent le plateau et dirigent les saletés vers une zone centrale. L’eau est aspirée vers le réservoir d’eaux usées, tandis que les résidus solides peuvent ensuite être récupérés par le circuit d’aspiration et envoyés vers le sac.

Nous reviendrons sur son efficacité après l’avoir volontairement salie avec notre test de lavage.

Cartographie : rapide et suffisamment précise

Pour la première cartographie, nous avons dégagé au maximum le sol afin que le robot puisse découvrir toute la surface accessible. Deux possibilités sont proposées : cartographier pendant un premier nettoyage ou effectuer un mappage rapide. Nous avons choisi cette seconde option.

Le J15 Pro Ultra parcourt alors le logement sans nettoyer et délimite automatiquement les différentes pièces. Une fois la carte terminée, les séparations peuvent être corrigées dans l’application. Nous avons par exemple divisé manuellement une pièce qui n’avait pas été découpée comme nous le souhaitions.

Nous avons ensuite remis les meubles en place. Même entre plusieurs pieds de chaises rapprochés, le robot retrouve son chemin et couvre correctement la zone. Il peut parfois donner l’impression d’hésiter, mais il finit toujours par sortir du passage.

Son principal défaut apparaît plutôt lorsqu’il se déplace d’une pièce à l’autre ou retourne à sa station : il ne choisit pas systématiquement le trajet le plus simple. Il lui arrive de préférer un passage étroit entre plusieurs pieds alors qu’une voie complètement dégagée se trouve à proximité. Ce n’est pas bloquant, mais ses déplacements pourraient être plus efficaces.

Aspiration : nous avons commencé en puissance standard

Pour notre premier essai de salissure, nous avons volontairement chargé le sol. De la poussière et des lentilles ont été répandues sur le carrelage, notamment au ras d’une plinthe. Sur un tapis situé un peu plus loin, nous avons ajouté du riz et différents débris.

Nous avons surtout laissé le J15 Pro Ultra en puissance d’aspiration standard. L’idée n’était donc pas de lui faciliter la tâche en activant immédiatement les 16 200 Pa disponibles au niveau maximal.

Le robot commence par effectuer le contour de la pièce avant de nettoyer son centre par lignes parallèles. Sa brosse latérale projette quelques lentilles situées contre la plinthe hors de la zone définie. Comme elles se retrouvent alors dans une autre pièce virtuelle, le robot ne revient logiquement pas les chercher.

Pour tout ce qui reste dans sa zone de travail, le résultat est en revanche excellent.

Presque tout disparaît dès le premier passage

Après sa première passe, le tapis est propre et pratiquement tous les déchets présents sur le carrelage ont disparu.

Le J15 Pro Ultra a également repéré deux endroits particulièrement chargés en saletés. Son système IntelliView AI les signale sur la carte et modifie automatiquement le nettoyage. Nous l’avons vu augmenter son aspiration, réduire la vitesse de sa brosse latérale afin de moins projeter les débris et multiplier les passages sur ces zones.

Nous avions demandé jusqu’à trois passages pour observer son comportement, mais le deuxième servait surtout à vérifier son quadrillage : après avoir nettoyé dans un sens, le robot croise effectivement ses lignes. Dans notre cas, ce second passage n’était presque pas nécessaire, l’essentiel ayant été récupéré dès le premier malgré le mode standard.

Une semaine sans aspirer : le vrai test pour FlexiRazor

Brosse principale de l'Eureka J15 Pro Ultra après une semaine sans aspirer

Pour mettre le système anti-emmêlement à l’épreuve, nous avons attendu une semaine avant de lancer un nettoyage complet du rez-de-chaussée. Le J15 Pro Ultra a couvert 54 m2 en 72 minutes, dans un logement où les cheveux longs ne manquent pas.

Nous avons désactivé l’auto-vidage pour pouvoir inspecter le robot avant que la station ne récupère son contenu. Après une telle surface et une semaine d’accumulation, nous nous attendions surtout à retrouver les habituels cheveux enroulés autour de la brosse principale.

C’est précisément là que le J15 Pro Ultra nous a surpris. Aucun cheveu n’était enroulé sur toute la longueur du rouleau. Nous en avons retrouvé quelques-uns près des extrémités et des axes, mais ils n’étaient pas fortement entortillés et se retiraient simplement avec les doigts.

Le système FlexiRazor semble donc bien faire son travail. Une lame crantée intégrée au robot effectue de petits mouvements latéraux d’environ 4 mm, jusqu’à 400 oscillations par minute, afin de sectionner progressivement les cheveux avant qu’ils ne forment une bobine autour de la brosse.

Nous avons ensuite ouvert le bac à poussière pour vérifier qu’ils avaient réellement été aspirés. Ils étaient bien présents, mais découpés en morceaux de quelques centimètres, alors que certains cheveux du logement mesurent 30 à 40 cm. Un seul cheveu était par ailleurs accroché à la brosse latérale.

Après plusieurs jours supplémentaires d’utilisation, le constat est resté tout aussi convaincant. Les quelques cheveux observés initialement aux extrémités avaient eux-mêmes fini par disparaître. Dans un logement où les cheveux longs s’accumulent rapidement, FlexiRazor réduit donc réellement l’entretien de la brosse principale, et c’est probablement l’une des fonctions les plus utiles de ce J15 Pro Ultra.

L’auto-vidage laisse un bac presque vide

Après cette inspection, nous avons replacé le robot sur sa station et lancé manuellement l’auto-vidage. L’opération dure environ une dizaine de secondes. Elle est bruyante, comme sur la plupart des stations utilisant une forte aspiration, mais suffisamment courte pour ne pas devenir réellement gênante.

Nous avons ensuite rouvert le robot. Le bac était quasiment vide, seules quelques poussières restant collées aux parois.

Nous avons également retiré le sac de 3 litres de la station. Il se ferme automatiquement lorsqu’on le sort, même si une légère ouverture subsiste : il faudra donc éviter de comprimer un sac plein lorsqu’on le manipule. Autour du raccord, nous n’avons retrouvé aucune accumulation notable de poussière, signe que l’ensemble est correctement étanche.

Lavage : du chocolat séché plusieurs jours sur le carrelage

Nous avons ensuite voulu savoir si les serpillières rotatives étaient capables de faire davantage que retirer une trace fraîche. Du chocolat a donc été étalé sur le carrelage puis laissé sécher pendant plusieurs jours.

Pour cet essai, le robot a été réglé en aspiration et lavage simultanés, avec le débit d’eau au maximum. Trois passages ont été programmés au cas où les deux premiers ne suffiraient pas.

Le J15 Pro Ultra commence par humidifier ses serpillières et remplir son petit réservoir interne avant de rejoindre la zone. Lors du premier passage, les marques commencent rapidement à disparaître. Les lignes étant assez rapprochées, certaines zones sont frottées plusieurs fois. À la fin de cette première passe, le résultat paraît déjà presque parfait à l’oeil nu.

Mais nous avons voulu aller plus loin.

L’essuie-tout révèle ce que l’oeil ne voit pas

Nous avons passé un morceau d’essuie-tout sur le carrelage après ce premier nettoyage. De légères traces de chocolat étaient encore présentes.

Nous avons donc laissé le robot effectuer son deuxième passage. Cette fois, le carrelage était complètement propre et nous avons arrêté le test avant la troisième passe prévue initialement. Le résultat est particulièrement convaincant pour une tache volontairement séchée pendant plusieurs jours.

Les deux serpillières rotatives exercent une pression annoncée de 7 N sur le sol, et ce frottement se ressent clairement dans le résultat obtenu sur les taches incrustées. Avec le débit d’eau réglé au maximum, le sol reste légèrement humide derrière le robot, mais pas détrempé : dans nos conditions, cette humidité disparaissait en quelques minutes.

ScrubExtend réduit vraiment la bande oubliée contre les murs

Serpillière droite sortie du châssis le long d'une plinthe

Pendant les différents nettoyages, nous avons également observé le fonctionnement de la serpillière extensible. Lorsque le J15 Pro Ultra longe une plinthe, la serpillière droite sort du châssis afin de venir frotter beaucoup plus près du mur.

Le comportement devient plus intéressant dans les coins. Le robot peut effectuer une marche arrière, se repositionner puis ressortir son bras afin d’aller chercher la partie qu’un simple passage rectiligne aurait oubliée. Même logique autour des pieds de chaises : il détecte leur position, sort sa serpillière lorsqu’il arrive à leur hauteur puis la rétracte une fois l’obstacle contourné.

Le mécanisme est monté sur ressort. Si la serpillière vient toucher un pied de meuble, le bras peut donc se déplacer légèrement sans forcer directement sur son mécanisme.

Nous avons toutefois remarqué une petite irrégularité le long d’un mur parfaitement droit : la serpillière peut parfois rentrer et ressortir légèrement sans raison évidente, ce qui laisse ponctuellement quelques millimètres moins bien lavés contre la plinthe.

Il essaye même de laver sous un meuble trop bas

Autre comportement intéressant : lorsque le robot détecte un meuble sous lequel ses 11 cm de hauteur l’empêchent de passer, il ne renonce pas immédiatement.

Nous l’avons vu effectuer de petits mouvements de rotation en avançant afin de faire passer sa serpillière extensible sous le meuble. Évidemment, il ne peut pas nettoyer toute la surface située dessous, puisque son châssis reste bloqué à l’extérieur. Mais il récupère quelques centimètres supplémentaires qui auraient autrement été totalement ignorés.

Face à une flaque, le robot change complètement de stratégie

Le chocolat séché permettait de tester la puissance mécanique des serpillières. Nous avons ensuite utilisé du chocolat liquide en quantité beaucoup plus importante pour tester IntelliView AI.

Cette fois, le J15 Pro Ultra ne se comporte plus comme face à une tache classique. La flaque est détectée et apparaît dans l’application. Le robot relève alors sa brosse principale afin qu’elle ne vienne pas se gorger de liquide.

Surtout, il ne fonce pas dessus par l’avant. Il se repositionne et attaque la flaque en marche arrière afin que ses serpillières entrent en contact avec le chocolat avant la roulette et le reste du robot. La différence est importante : au lieu de rouler dans la saleté et de risquer de l’étaler sur plusieurs mètres, il essaye de la contenir avec ses éléments de lavage.

Nous avions volontairement versé beaucoup de liquide. Après en avoir récupéré une quantité importante, le robot a décidé de retourner à sa station pour laver ses serpillières. C’est ici qu’IntelliView AI nous paraît le plus pertinent : l’intelligence artificielle ne se contente pas d’identifier une tache, elle change la stratégie de nettoyage.

Les serpillières ressortent pleines de chocolat

Après le test, l’état des serpillières ne laissait aucun doute sur l’endroit où le chocolat avait terminé : elles étaient fortement tachées de marron.

Nous avons donc désactivé temporairement les automatismes pour pouvoir observer leur état avant et après le cycle de lavage, puis lancé manuellement le nettoyage depuis l’application. La station injecte de l’eau chaude dans son plateau, fait tourner les serpillières pour les frotter puis aspire l’eau sale. Plusieurs cycles se succèdent avant l’essorage.

Après le lavage, les traces marron visibles sur les serpillières avaient disparu. Le réservoir d’eaux usées, lui, contenait une eau largement chargée en chocolat.

Eau à 75 °C : nous avons essayé de vérifier

Eureka annonce un lavage des serpillières avec une eau pouvant atteindre 75 °C. Nous avons donc tenté de mesurer cette température pendant le fonctionnement.

Impossible toutefois de placer une sonde directement à la sortie de l’élément chauffant sans démonter la station. Dans le plateau accessible sous le robot, notre mesure maximale s’est arrêtée autour de 38 °C.

Une caméra thermique confirme néanmoins que la partie de la station accueillant les eaux usées est nettement plus chaude que celle contenant l’eau propre, et que le fond du plateau reste chaud après le cycle. Les serpillières ressortent également chaudes.

La différence s’explique en partie par l’endroit de mesure : les 75 °C correspondent à la sortie du corps de chauffe, tandis que l’eau a déjà circulé avant d’arriver dans la zone accessible. Nous pouvons donc confirmer le lavage à l’eau chaude, mais pas vérifier directement les 75 °C annoncés là où le constructeur les mesure.

Séchage à 55 °C : cette fois, nous sommes beaucoup plus proches

Le séchage était plus simple à contrôler. Nous avons sélectionné le cycle de deux heures et mesuré environ 42,5 °C dans le flux d’air, puis autour de 49 °C au fond de la station. À la caméra thermique, certaines zones atteignaient 52 à 53 °C. On se rapproche donc très fortement des 55 °C annoncés.

Après exactement deux heures, nous avons retiré les serpillières. Elles étaient chaudes et semblaient sèches au toucher. Nous les avons alors vérifiées avec de l’essuie-tout : aucune trace d’humidité n’est apparue. Même constat dans le plateau de la station, entièrement sec.

Dans nos conditions de test, le réglage de trois heures ne nous paraît donc pas nécessaire : deux heures ont suffi à sécher aussi bien les serpillières que le fond de la station.

L’autonettoyage de la station à l’épreuve

Bac de nettoyage des serpillières de la station

Après le chocolat, nous avions enfin une bonne occasion de tester l’autonettoyage du plateau. Le cycle a duré environ trois minutes.

Les serpillières entraînent les éléments rotatifs situés au fond de la station, qui raclent le plateau et dirigent les déchets vers la zone de récupération. Les liquides sont aspirés vers le bac d’eaux usées.

Après le cycle, le plateau était propre. Nous avons seulement observé quelques petites peluches dans la zone prévue pour recueillir les résidus solides. Une fois secs, ces déchets peuvent être aspirés par l’orifice dédié et rejoindre le sac à poussière.

Cela ne dispense évidemment pas d’inspecter ponctuellement la station, mais l’intérêt est réel : une grande partie de ce qui aurait dû être retiré manuellement est prise en charge automatiquement.

Obstacles : chaussure, câble, cube, télécommande et stylo

Après les performances de nettoyage, nous avons préparé un parcours beaucoup moins favorable à la navigation. Nous avons laissé volontairement plusieurs objets sur le sol : une chaussure, un câble électrique, un cube, une télécommande et un stylo.

Le J15 Pro Ultra combine sa caméra, son laser frontal et son intelligence artificielle pour identifier ce qui se trouve devant lui. Eureka annonce la reconnaissance de plus de 150 types d’objets.

Le premier résultat est encourageant. La chaussure est correctement reconnue et apparaît même avec une photographie dans l’application. Le robot s’en approche relativement près, ce qui est logique : une chaussure n’est pas considérée comme un obstacle présentant le même risque qu’un câble ou un excrément d’animal.

Le câble électrique est également identifié, et dans un premier temps, le robot prend une distance importante pour le contourner.

Il reconnaît le câble, puis finit tout de même dessus

C’est malheureusement là que les limites du système apparaissent. Après avoir correctement reconnu et évité le câble une première fois, le J15 Pro Ultra revient dans la zone depuis une autre direction. Il roule légèrement sur la prise puis le câble finit coincé sous le robot. Nous avons dû intervenir pour le dégager.

Le point positif est qu’il n’a pas été complètement avalé par la brosse principale ni enroulé autour de la brosse latérale. Mais l’évitement a tout de même échoué alors que l’objet avait été correctement identifié quelques instants auparavant.

Le stylo pose également problème : comme souvent avec les objets très fins et très bas, le robot ne l’évite pas correctement. Le cube est détecté et contourné, mais l’application le prend pour une gamelle. La télécommande est également repérée, même si le robot s’en approche un peu trop.

Le constat est donc assez clair : la reconnaissance est meilleure que l’évitement. Le J15 Pro Ultra sait étonnamment bien dire ce qu’il voit, mais cela ne garantit pas qu’il l’évitera à chaque passage. Nous continuerions donc à retirer les câbles du sol avant un départ en notre absence.

Tapis : aspiration renforcée et serpillières relevées

Nous avons également placé le J15 Pro Ultra face à un tapis pendant le lavage. Lorsqu’il détecte la surface, il s’arrête brièvement, recule puis relève ses serpillières avant de monter dessus, leur débattement maximal atteignant 12 mm.

Pendant l’aspiration, nous avons également entendu le moteur augmenter automatiquement sa puissance une fois sur le tapis.

Le système fonctionne correctement sur un tapis relativement fin. Pour un modèle épais ou à longues fibres, nous utiliserions néanmoins les réglages de l’application pour éviter complètement la zone pendant le lavage.

Une application extrêmement complète

L’application Eureka permet d’exploiter presque toutes les fonctions du J15 Pro Ultra séparément. Nous pouvons demander un nettoyage de toute la maison, sélectionner une ou plusieurs pièces ou dessiner une zone précise sur la carte. Un nettoyage peut être effectué une, deux ou trois fois.

Les paramètres peuvent également être définis pièce par pièce. Il est par exemple possible de demander davantage d’eau dans la cuisine, moins dans la salle à manger et aucun lavage dans une chambre. Quatre niveaux d’aspiration sont proposés, tout comme plusieurs débits d’eau et différentes densités de trajectoire. Lorsqu’on sélectionne plusieurs passages, le mode quadrillage permet au robot de croiser ses lignes.

La carte peut être divisée, fusionnée et renommée. On peut également ajouter des zones interdites, zones sans lavage, murs virtuels et seuils. Le J15 Pro Ultra gère plusieurs cartes et reconnaît automatiquement l’étage sur lequel il est posé.

La station est elle aussi entièrement paramétrable

Le niveau de personnalisation va assez loin. Nous pouvons choisir la fréquence à laquelle le robot retourne laver ses serpillières, demander un lavage rapide, standard ou approfondi, régler la température de l’eau et choisir entre séchage froid ou chaud. Le séchage à chaud peut durer deux ou trois heures.

L’autonettoyage de la station peut lui aussi être espacé. Nous l’avons par exemple configuré pour se lancer tous les trois nettoyages plutôt qu’après chaque passage.

FlexiRazor dispose également de plusieurs niveaux. Il peut être désactivé dans un logement sans cheveux ni animaux, utilisé normalement ou renforcé lorsque les poils et cheveux longs sont particulièrement nombreux.

Une caméra qui transforme aussi le robot en patrouilleur

La caméra utilisée pour reconnaître les obstacles peut également afficher son flux sur le smartphone. L’accès est protégé par un code et le J15 Pro Ultra peut alors être piloté à distance grâce à un joystick virtuel.

Nous avons également défini plusieurs points de patrouille sur la carte. Le robot se déplace automatiquement de l’un à l’autre et effectue une rotation à chaque emplacement pour observer les alentours.

Dans une pièce sombre, son phare LED lui permet encore de fournir une image, même si la qualité s’améliore évidemment dès que l’éclairage est allumé. Cette fonction reste secondaire pour le nettoyage, mais elle peut servir à vérifier son domicile à distance sans installer une caméra dans chaque pièce.

Consommation : moins d’un watt lorsque la station attend seule

Nous avons enfin branché la station sur un appareil de mesure.

  • Station seule, robot absent : environ 0,8 W
  • Robot chargé à 100 % : autour de 2 W en maintien
  • Pendant le séchage : un peu plus de 100 W

Cette consommation n’étant présente que durant les cycles de séchage, laisser la station branchée en permanence ne pose pas de problème particulier du point de vue de sa consommation au repos.

Eureka J15 Pro Ultra : notre verdict

Après l’avoir confronté à de la poussière, des débris, un tapis, beaucoup de cheveux et deux scénarios volontairement difficiles avec du chocolat, le J15 Pro Ultra nous a surtout convaincus par sa capacité à réduire l’entretien manuel.

L’aspiration est déjà très efficace en mode standard. Sur notre sol volontairement chargé, presque tout a disparu dès le premier passage : les 16 200 Pa disponibles au maximum ne sont donc pas nécessaires en permanence.

Le lavage fait encore mieux. Le chocolat séché pendant plusieurs jours a nécessité deux passages pour disparaître complètement, tandis que la flaque de chocolat liquide a montré tout l’intérêt d’IntelliView AI. Le robot relève sa brosse, change de trajectoire, nettoie en marche arrière puis retourne laver ses serpillières lorsqu’elles sont trop sales.

Mais FlexiRazor reste probablement notre fonction préférée. Après 54 m2 aspirés dans un logement où les cheveux longs sont nombreux, la brosse principale est restée presque totalement débarrassée des enroulements, les cheveux étant effectivement récupérés dans le bac sous forme de petits morceaux.

La station suit le même principe. Elle vide correctement le bac, lave les serpillières, les sèche complètement en deux heures dans nos conditions et nettoie une grande partie des saletés accumulées dans son plateau.

Le principal défaut vient finalement de l’évitement des obstacles. Notre câble électrique résume assez bien la situation : le J15 Pro Ultra l’a vu, l’a correctement identifié et l’a d’abord évité, avant de finir dessus quelques instants plus tard. L’intelligence artificielle progresse, mais elle ne permet toujours pas de laisser n’importe quoi au sol.

Le J15 Pro Ultra n’est donc pas parfait. Sa navigation pourrait être plus directe et sa forme presque carrée lui ferme quelques passages étroits. En revanche, sur ce qui compte réellement au quotidien, aspirer, frotter les taches, gérer les cheveux et limiter les manipulations après le nettoyage, il se montre particulièrement convaincant.

Les points forts

  • Excellente aspiration dès le mode standard
  • Deux passages ont suffi sur notre chocolat séché
  • FlexiRazor très efficace contre les cheveux longs
  • Très bon traitement des saletés liquides
  • ScrubExtend efficace autour des meubles et contre les murs
  • Station particulièrement autonome
  • Serpillières complètement sèches après deux heures lors de notre test
  • Cartographie précise et nombreux réglages

Les points faibles

  • Le câble électrique a été reconnu mais tout de même coincé
  • Les objets très fins comme notre stylo restent problématiques
  • Navigation parfois inutilement compliquée
  • La diagonale de 38 cm limite certains passages
  • Pas de bouton physique pour lancer un nettoyage localisé

Ce J15 Pro Ultra n’est pas seul dans la gamme, et la question se pose forcément une fois ce test terminé : faut-il monter d’un cran ? Nous avons donc confronté les deux modèles qui lui succèdent sur les mêmes parcours, dans le même logement. Notre comparatif entre le J15 Ultra et le J15 Max Ultra reprend point par point ce qui les sépare vraiment, du franchissement des seuils à la détection des flaques d’eau claire, et pourquoi les pascals supplémentaires ne sont pas l’argument que l’on croit.

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