Test de la batterie Zendure SolarFlow 2400 Pro : huit panneaux à la loupe

Quatre entrées MPPT, 3 000 W de panneaux et 2,4 kWh de stockage. Nous avons branché huit panneaux, puis allumé la pompe de piscine, la climatisation et le four pour voir jusqu’où elle suit.

8 panneauxDe 400 W raccordés
2 100 WPointe de production relevée
2 400 WFournis sur 3 200 W appelés
43 °CRelevés pendant l’essai

Les batteries solaires plug and play ont un mérite évident, celui d’éviter que l’ajout d’un stockage domestique ne se transforme en chantier électrique. La batterie Zendure SolarFlow 2400 Pro pousse pourtant le concept nettement plus loin que la plupart de ses concurrentes. Sous un format compact se cachent 2,4 kWh de stockage, une puissance alternative bidirectionnelle pouvant atteindre 2 400 W et surtout quatre entrées MPPT capables de recevoir jusqu’à 3 000 W de panneaux.

C’est cette dernière caractéristique qui nous intéressait. Plutôt que de l’essayer avec deux panneaux et quelques centaines de watts, comme le veut l’usage sur ce type de produit, nous lui avons raccordé huit panneaux de 400 W répartis sur ses quatre entrées. Nous avons ensuite fait monter les besoins de la maison au fil de la journée, en enchaînant la pompe de piscine, la climatisation, la télévision, un sèche-cheveux puis le four.

L’objectif tenait en une question : jusqu’où une batterie de ce gabarit peut-elle réellement prendre la main sur la consommation d’un logement ? C’est précisément dans ces conditions qu’elle change de nature, puisqu’elle cesse d’être un simple récupérateur de surplus pour devenir l’un des éléments centraux d’une installation solaire déjà conséquente.

Fiche technique de la Zendure SolarFlow 2400 Pro

Avant d’entrer dans le détail de nos essais, voici ce que Zendure annonce pour ce modèle. Nous préciserons systématiquement, dans les sections qui suivent, ce que nous avons nous-mêmes observé.

CaractéristiqueSolarFlow 2400 Pro
Stockage
Capacité intégrée2,4 kWh
Capacité maximale16,8 kWh avec cinq modules AB3000L
Technologie des cellulesLiFePO4, plus de 6 000 cycles annoncés
Entrée solaire
Nombre de MPPT4 indépendants
Puissance photovoltaïque directe3 000 W, soit 4 × 750 W
Entrée solaire totale4 800 W en combinant le continu et le couplage alternatif
Plage de tension photovoltaïque14 à 55 V
Puissance
Puissance alternative nominale800 W par défaut, jusqu’à 2 400 W en mode étendu
Charge et décharge maximales2 400 W
Sortie hors réseauJusqu’à 2 400 VA
Rendement aller-retourEnviron 93 % dans des conditions favorables
Format et environnement
Dimensions326 × 294 × 251 mm
Poids27,8 kg
Indice de protectionIP65
Température de fonctionnementDe -20 à 55 °C, avec auto-chauffage
Pilotage
ConnectivitéWi-Fi, Bluetooth et RJ45
Maison connectéeMQTT et Home Assistant
Garantie annoncée10 ans

Données constructeur. Le raccordement d’une puissance importante et la pose d’une mesure au tableau électrique relèvent d’une installation fixe : en cas de doute sur le circuit ou le câblage, faites vérifier l’ensemble par un professionnel.

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L’installation de la SolarFlow 2400 Pro est-elle vraiment simple ?

Oui pour la batterie elle-même, beaucoup moins pour la mesure de consommation. Disons-le autrement : c’est un appareil que l’on installe plus facilement qu’on ne le déplace. Avec 326 × 294 × 251 mm pour 27,8 kg, il n’occupe pas énormément de place au regard des 2,4 kWh embarqués, mais son poids calme vite les envies de le trimballer.

Batterie Zendure SolarFlow 2400 Pro vue de face

Une fois l’emplacement choisi, nous préférerions clairement l’y laisser. La construction inspire confiance et la certification IP65 autorise une installation dans un environnement exposé à la poussière comme aux projections d’eau, même si nous éviterions de l’abandonner en plein soleil sans raison.

Le branchement, lui, ne pose aucune difficulté. La SolarFlow se raccorde au secteur par son câble alternatif et les panneaux viennent directement se connecter sur les entrées MC4. La vraie étape délicate arrive avec la mesure de la consommation du logement, car pour savoir combien d’énergie envoyer à chaque instant, la batterie doit connaître les besoins de la maison. C’est ce retour d’information qui lui permet d’augmenter sa contribution quand un appareil démarre et de la réduire quand la consommation retombe.

C’est aussi la partie où le terme plug and play atteint ses limites, puisqu’on intervient au tableau électrique. Une fois cette étape franchie et l’ensemble configuré, on ne passe heureusement plus ses journées dans l’application : la batterie travaille en arrière-plan et suit les besoins du logement sans intervention permanente, ce qui reste tout l’intérêt du système.

Pourquoi les quatre MPPT changent-ils autant la SolarFlow 2400 Pro ?

Parce qu’ils permettent de raccorder jusqu’à 3 000 W de panneaux directement à la batterie, mais surtout de faire travailler plusieurs groupes indépendamment les uns des autres. C’est probablement ce qui justifie le mieux le Pro accolé au nom de cette SolarFlow.

Pour saisir l’intérêt, il faut revenir un instant à ce que fait un MPPT. Derrière l’acronyme se cache un régulateur chargé de chercher en permanence le meilleur point de fonctionnement des panneaux, dont la puissance varie continuellement avec l’ensoleillement, la température, l’orientation ou le passage d’une ombre. Le régulateur ajuste donc la tension et le courant afin de récupérer le maximum d’énergie à cet instant précis, et non en moyenne sur la journée.

La SolarFlow 2400 Pro n’en possède pas un mais quatre, indépendants, de 750 W chacun, pour 3 000 W d’entrée photovoltaïque au total, avec une tension de démarrage qui descend jusqu’à 14 V. Concrètement, chaque entrée gère son propre groupe de panneaux sans dépendre de ce qui se passe sur les trois autres, et la différence devient sensible dès que l’installation prend de l’ampleur.

Schéma de branchement de huit panneaux solaires sur les quatre entrées MPPT

Dans notre configuration, nous avons justement voulu exploiter les quatre entrées. Huit panneaux de 400 W ont été raccordés deux par deux, soit une puissance nominale cumulée de 3 200 Wc. Cela ne signifie évidemment pas que 3 200 W arrivent en permanence dans la batterie, puisqu’un panneau de 400 W n’atteint sa puissance nominale que dans des conditions précises : dans une installation réelle, l’orientation, la chaleur, les nuages ou une simple ombre suffisent à faire varier sa production.

Nos conditions étaient d’ailleurs loin d’être idéales, entre une chaleur importante et une orientation qui n’avait rien d’optimal. Nous avons malgré tout vu entrer environ 1 800 W dans le système, avec une pointe autour de 2 100 W. On comprend alors pourquoi Zendure a prévu une entrée solaire aussi généreuse : avec plus de 2 kW disponibles à certains moments de la journée, les panneaux couvrent une bonne partie des besoins instantanés du logement tout en envoyant le surplus vers la batterie.

On est très loin d’une petite installation de balcon. Avec 400 ou 800 W de panneaux, le stockage se remplit lentement, par grappillage, sur plusieurs heures. Chez nous, 2 100 W représentent presque l’équivalent des 2,4 kWh de la batterie produits en un peu plus d’une heure, à supposer que cette puissance se maintienne et que la maison ne consomme rien. Ni l’un ni l’autre n’arrive vraiment, mais l’ordre de grandeur dit bien à quelle vitesse le stockage peut se remplir quand le soleil coopère.

Le second avantage des quatre régulateurs est peut-être encore plus utile dans une maison, car les panneaux n’ont plus besoin d’être tous orientés de la même façon. Deux modules tournés vers l’est produisent davantage le matin, deux autres plein sud prennent le relais autour de midi, et deux derniers vers l’ouest restent intéressants en fin d’après-midi. Chaque groupe est suivi séparément au lieu de subir les conditions de fonctionnement imposées par l’ensemble.

Le même principe joue avec les ombres. Un arbre, une cheminée ou un pan de toiture peut réduire temporairement la production d’un groupe sans entraîner avec lui ceux qui restent correctement exposés. Cela permet surtout de construire l’installation autour de la maison telle qu’elle existe, plutôt que de chercher à tout prix une grande surface parfaitement orientée capable d’accueillir tous les panneaux d’un coup.

C’est enfin ce qui rend cette SolarFlow intéressante pour une installation appelée à évoluer. On peut démarrer avec quelques panneaux puis occuper progressivement les autres entrées, en ajoutant des modules sur un abri de jardin, une pergola ou une autre partie disponible de la propriété, à condition de respecter les caractéristiques électriques admises par chaque MPPT.

Les 3 000 W ne racontent donc qu’une partie de l’histoire. Avec une seule grosse entrée solaire, la puissance maximale aurait déjà été intéressante, mais c’est la répartition sur quatre régulateurs qui apporte la liberté de placer les panneaux, de composer avec plusieurs orientations et de faire grandir l’installation dans le temps. Avec nos huit panneaux et plus de 2 000 W effectivement observés dans les bons moments, cette caractéristique n’a rien d’une ligne ajoutée pour étoffer la fiche technique : c’est elle qui fait passer l’appareil du statut de grosse batterie plug and play à celui de véritable gestionnaire d’installation photovoltaïque.

2,4 kWh de batterie, est-ce suffisant ?

Oui pour stocker une partie du surplus de la journée et le restituer quelques heures plus tard, beaucoup moins dès que l’installation photovoltaïque devient importante. Tout dépend finalement moins de la taille de la maison que de la quantité d’énergie excédentaire que vous avez réellement à conserver.

La SolarFlow 2400 Pro embarque 2,4 kWh dès le départ, soit 2 400 Wh disponibles lorsqu’elle est pleine. Pour donner une échelle, un appareil consommant 100 W tiendrait théoriquement vingt-quatre heures sur cette réserve, et un peu moins de cinq heures à 500 W. Ces calculs servent surtout à situer l’ordre de grandeur, car les pertes de conversion, la réserve de sécurité de la batterie et les variations de consommation empêchent de récupérer exactement 2,4 kWh à la prise.

Cette capacité suffit déjà à décaler la production dans le temps, ce qui reste l’intérêt premier d’une batterie domestique : conserver l’énergie produite quand la maison en demande peu, pour la rendre quand les panneaux ne suivent plus. En fin de journée, la production baisse alors que les besoins du logement, eux, ne disparaissent pas. Réfrigérateur, box, éclairage, télévision et appareils en veille continuent de tirer, et la SolarFlow puise dans ce qu’elle a accumulé quelques heures plus tôt au lieu de laisser immédiatement le réseau prendre le relais.

Avec un talon de 300 W, ces 2,4 kWh représentent théoriquement huit heures d’alimentation avant de compter les pertes, contre moins de cinq heures à 500 W constants. Il ne faut donc pas lire cette capacité comme une autonomie fixe : la même batterie couvre une bonne partie de la nuit dans une maison sobre et se vide bien plus vite dès que des appareils puissants entrent en jeu.

Notre essai a surtout montré la limite inverse. Avec nos huit panneaux, la SolarFlow a atteint 100 % de charge alors que la production continuait : le talon du logement tournait autour de 500 W et les panneaux fournissaient encore davantage que ce dont la maison avait besoin à cet instant. La batterie ne pouvait tout simplement plus rien absorber.

C’est exactement dans cette situation que l’on sait si 2,4 kWh suffisent. Une batterie pleine très tôt, alors que plusieurs heures de production restent devant vous, signale qu’une part du potentiel solaire ne pourra pas être gardée pour le soir. Cette énergie ne disparaît pas forcément, puisqu’elle peut être consommée directement par le logement ou repartir vers le réseau selon la configuration, mais elle n’est plus disponible pour vous à la tombée du jour.

À l’inverse, une batterie qui termine régulièrement la journée à 40 ou 50 % malgré un bon ensoleillement n’a pas besoin d’être agrandie. Nous éviterions donc de choisir une grosse capacité au seul motif qu’elle figure au catalogue. Le bon dimensionnement consiste à observer plusieurs journées représentatives : à quelle heure la batterie atteint 100 %, quel surplus reste disponible ensuite, et dans quel état de charge elle se trouve le lendemain matin.

Zendure a justement prévu cette évolution. La capacité intégrée se complète avec des modules AB3000L, jusqu’à 16,8 kWh au total avec cinq extensions. L’écart est considérable, puisqu’on passe d’une batterie faite pour décaler quelques kilowattheures entre la journée et la soirée à un stockage capable d’en conserver bien davantage.

Nous apprécions surtout de ne pas avoir à trancher dès l’achat. On démarre avec les 2,4 kWh intégrés, on utilise la SolarFlow pendant quelques semaines et on regarde ce qui se passe vraiment. Si elle atteint rarement 100 %, ajouter des batteries n’apportera rien. Si elle est pleine en début d’après-midi alors que les panneaux produisent encore fortement, une première extension commence à se justifier, et si la situation se répète une grande partie de l’année, il devient logique d’augmenter progressivement plutôt que d’avoir surdimensionné dès le premier jour.

Cette modularité a toutefois une limite à connaître avant de commander. Il ne faut pas considérer les anciennes batteries Zendure comme automatiquement compatibles avec la SolarFlow 2400 Pro. Si vous possédez des modules d’une génération précédente et comptez les réutiliser, vérifiez précisément leur compatibilité avant de chiffrer une évolution vers ce modèle.

Au final, ces 2,4 kWh constituent un bon point de départ, sans être la capacité définitive d’une grosse installation. Pour quelques panneaux et un surplus limité, la réserve suffit largement. Avec une production comme la nôtre, atteindre 100 % alors que le soleil donne encore montre vite l’intérêt des extensions. Et c’est bien la meilleure façon de dimensionner cette batterie : exploiter d’abord réellement ses 2,4 kWh, puis ajouter du stockage seulement lorsque les données de production et de consommation prouvent qu’il servira.

Huit panneaux solaires font-ils vraiment la différence ?

Nos relevés pendant cette séquence, en pleine production :

  • Production photovoltaïque disponible : environ 1 900 W
  • Talon de consommation de la maison : environ 500 W
  • Avec la pompe de piscine puis la climatisation : environ 1 100 W, puis 1 600 W

Oui, parce qu’ils permettent d’alimenter plusieurs gros consommateurs sans entamer immédiatement la batterie. C’est sans doute la séquence la plus parlante de tout notre essai. Nous avons commencé par mettre en route la pompe de la piscine, ce qui a porté la consommation du logement à un peu plus de 1 100 W. Les panneaux suivaient toujours.

Nous avons ensuite lancé la climatisation. Une fois son compresseur en route, la consommation totale est montée aux alentours de 1 600 W, sans qu’il soit nécessaire de puiser réellement dans le stockage. À cet instant précis, les panneaux raccordés à la SolarFlow alimentaient simultanément la consommation permanente de la maison, la pompe et la climatisation.

C’est ici que les 3 000 W d’entrée solaire prennent leur sens. Avec quelques centaines de watts de panneaux, une batterie de 2,4 kWh sert essentiellement à décaler une petite quantité d’énergie d’une heure à l’autre. Avec plusieurs kilowatts de photovoltaïque, elle participe directement à l’alimentation des appareils les plus gourmands du logement, et le stockage n’intervient que lorsque la production ne suffit plus.

La SolarFlow 2400 Pro réagit-elle assez vite quand un appareil démarre ?

Oui, les variations de consommation sont détectées assez rapidement pour que sa contribution suive presque immédiatement. Nous avons remis l’installation dans une situation nettement plus calme, avec une maison à environ 310 W : réfrigérateur, box et divers appareils en veille. La SolarFlow couvrait cette consommation sans difficulté. En allumant la télévision, la demande supplémentaire est apparue presque aussitôt et la batterie a relevé sa contribution en conséquence.

Nous sommes ensuite passés à quelque chose de bien moins discret, un sèche-cheveux de 1 800 W branché cette fois sur une prise ordinaire de la maison et non sur la batterie. Au démarrage, le réseau absorbe brièvement une partie de l’augmentation avant que le système ne réagisse, puis la SolarFlow monte en puissance. Avec un appareil dont la consommation fluctue autant, les valeurs bougent pendant quelques instants avant de se stabiliser.

Au quotidien, ce comportement compte davantage que quelques millisecondes gagnées sur une fiche technique. Réfrigérateur, télévision, four et climatisation ne démarrent jamais ensemble et ne conservent pas la même puissance d’un bout à l’autre de leur cycle. L’essentiel est que la batterie suive ces variations sans qu’on ait à modifier manuellement quoi que ce soit à chaque changement.

Peut-elle réellement fournir 2 400 W à la maison ?

Oui, mais ces 2 400 W ne s’envoient pas sans précaution dans n’importe quelle installation électrique. Par défaut, la puissance injectée est bridée à 800 W. Nous l’avons constaté immédiatement avec le sèche-cheveux : malgré une demande bien supérieure, la contribution de la batterie plafonnait autour de cette valeur tant que la limite restait active.

Branchement de la batterie solaire Zendure sur une prise du logement

La SolarFlow 2400 Pro peut techniquement monter jusqu’à 2 400 W en alternatif bidirectionnel, à condition que l’installation et le circuit soient dimensionnés pour cette puissance. Le point mérite d’être pris au sérieux, car la batterie peut être capable de délivrer 2 400 W sans que la prise, le circuit ou le câblage de votre logement soient prévus pour les accepter dans cette configuration.

Une fois notre installation correctement configurée pour ces essais, nous avons augmenté progressivement la charge jusqu’à allumer le four. La consommation totale de la maison a atteint environ 3 200 W, dont jusqu’à 2 400 W pris en charge par la SolarFlow, le réseau complétant le reste. On change alors de catégorie de batterie solaire, puisqu’une telle puissance couvre une part très importante de la consommation instantanée d’un logement et approche même les besoins de certains appareils chauffants particulièrement gourmands.

La prise Off-Grid est-elle vraiment utile ?

C’est l’une des fonctions que nous avons le plus appréciées, à condition de comprendre ce qu’elle fait exactement. Le sèche-cheveux nous a resservi, branché cette fois directement sur la sortie hors réseau de la SolarFlow. L’appareil est alors alimenté par la batterie elle-même, et non par une prise de la maison compensée indirectement par l’injection du système. Cette sortie peut délivrer jusqu’à 2 400 VA en fonctionnement nominal, de quoi couvrir une quantité considérable d’appareils domestiques et d’outillage.

Batterie Zendure SolarFlow 2400 Pro vue de côté

Elle reste utilisable lorsque la SolarFlow n’est pas raccordée au réseau, ce qui permet de la déplacer pour alimenter un appareil ailleurs. Ses presque 28 kg empêchent toutefois de la considérer comme une station électrique nomade, rôle qui revient plutôt à un appareil conçu pour cela, comme la FOSSiBOT F2400 que nous avons testée en van, ou comme la FOSSiBOT F3600 Pro et ses 3 600 W sur roulettes. Son intérêt réel se situe donc du côté de l’alimentation de secours pour les équipements directement raccordés à cette sortie.

Il faut bien en comprendre la limite, sous peine de grosse déception le jour d’une coupure : elle ne transforme pas automatiquement toute la maison en installation secourue. Seuls les appareils branchés sur la sortie prévue à cet effet continuent de recevoir du courant.

Peut-on aller encore plus loin que les 3 000 W de panneaux ?

Oui, en combinant les entrées continues avec du couplage alternatif, jusqu’à 4 800 W d’entrée solaire au total. Les quatre MPPT fournissent les 3 000 premiers watts, tandis que la SolarFlow peut exploiter en parallèle jusqu’à 1 800 W provenant d’un système photovoltaïque en couplage alternatif.

Nous n’avons pas atteint cette valeur pendant notre essai, et il ne s’agit donc pas d’une puissance que nous avons mesurée : notre installation reposait sur les huit panneaux directement raccordés aux quatre entrées, avec la pointe de 2 100 W évoquée plus haut.

La possibilité reste néanmoins importante pour qui possède déjà une installation solaire, puisqu’elle évite d’avoir à choisir entre tout remplacer et repartir de zéro. La FOSSiBOT F7200 raisonne autrement, avec 3 700 W répartis sur une entrée haute tension et une entrée basse tension, plus une interface prévue pour un micro-onduleur. D’autres batteries poussent le raisonnement jusqu’au bout en ne touchant pas du tout aux panneaux, comme la Sunology Storey que nous avons également testée, qui se contente d’une prise murale pour capter le surplus. La SolarFlow accepte de nouveaux panneaux directement connectés tout en travaillant avec une partie photovoltaïque existante compatible, ce qui laisse la porte ouverte à une montée en puissance progressive.

La batterie supporte-t-elle les fortes chaleurs ?

Jusqu’à un certain point, et notre essai en pleine canicule montre justement où se situe la limite. Nous avons utilisé la SolarFlow pendant une période particulièrement chaude, avec environ 43 °C relevés à l’extérieur en journée. La batterie a continué de fonctionner et nous avons pu en tirer de l’énergie, mais elle a fini par afficher une alerte liée à l’excès de température.

Nous trouvons plutôt rassurant que les protections interviennent dans des conditions aussi extrêmes, puisque c’est exactement leur rôle. Cela ne veut évidemment pas dire qu’il faille installer l’appareil en plein soleil pour vérifier qu’il tient. Son indice IP65 facilite une installation extérieure, mais l’idéal reste un endroit protégé du rayonnement direct et suffisamment ventilé.

Zendure a par ailleurs prévu le problème inverse, avec un système d’auto-chauffage qui ramène les cellules dans leur plage de fonctionnement lorsque les températures descendent trop bas. Pour une batterie appelée à rester toute l’année dans un garage, un abri ou un local non chauffé, ce n’est pas un détail.

Quel rendement peut-on attendre de la SolarFlow 2400 Pro ?

Un bon niveau pour cette catégorie, mais toute l’énergie stockée ne ressort jamais à la sortie. Les pertes de conversion font partie de ce que l’on oublie le plus facilement en achetant une batterie domestique. L’énergie traverse plusieurs étages électroniques, et une partie s’y dissipe inévitablement en chaleur.

La SolarFlow 2400 Pro s’appuie sur une architecture interne en 48 V et sur des composants en carbure de silicium, deux choix qui limitent ces pertes. Son rendement aller-retour peut ainsi atteindre environ 93 % dans des conditions favorables.

La conséquence pratique tient en une phrase : 2,4 kWh de capacité ne signifient pas que l’on récupérera 2,4 kWh à l’usage. Le rendement varie avec la puissance demandée, le nombre de conversions, la température et les conditions du moment, si bien qu’il faut raisonner sur l’énergie réellement restituée plutôt que sur la ligne de la fiche technique.

L’application Zendure fait-elle vraiment la différence ?

Oui, surtout lorsqu’elle s’appuie sur une mesure en temps réel de la consommation du logement. Une batterie solaire devient vite pénible s’il faut décider soi-même, en permanence, combien de watts injecter. Avec la mesure correctement installée, la SolarFlow ajuste seule sa contribution aux besoins de la maison, et nos essais avec la télévision puis le sèche-cheveux montrent exactement l’intérêt de cette régulation.

L’application permet en parallèle de suivre la production des panneaux, la puissance fournie par la batterie, son niveau de charge et les échanges avec le réseau. Zendure va plus loin avec des scénarios liés aux horaires et au prix de l’électricité, la gestion pouvant tenir compte des prévisions de production, des habitudes de consommation et des tarifs pour décider des moments de charge et de décharge.

Ceux qui aiment pousser leur installation trouveront également MQTT et une intégration avec Home Assistant, de quoi construire leurs propres automatisations. Nous retiendrons pourtant quelque chose de bien plus simple : passés les premiers réglages, nous n’avons plus eu besoin de surveiller la batterie pour qu’elle soit utile. C’est exactement ce qu’on attend d’un système de stockage domestique.

Qu’est-ce qui nous a moins convaincus ?

Le poids arrive en tête. À 27,8 kg, la SolarFlow 2400 Pro est transportable au sens strict du terme, mais certainement pas mobile au quotidien, et nous lui choisirions un emplacement définitif avant même de commencer les branchements.

Son second défaut découle paradoxalement de sa qualité principale. Si vous n’avez que deux petits panneaux et aucune intention d’agrandir votre installation, quatre MPPT et 3 000 W d’entrée potentielle sont largement surdimensionnés, et une solution plus simple remplira le même rôle pour moins cher. À l’inverse, les 2,4 kWh intégrés paraissent vite justes face à une grosse installation : avec nos huit panneaux, nous avons atteint 100 % alors qu’une quantité importante d’énergie restait disponible. Les extensions règlent le problème, mais alourdissent l’investissement.

Enfin, le plug and play a ses limites : brancher la SolarFlow est simple, exploiter correctement une mesure au tableau électrique et de fortes puissances demande de savoir précisément ce que l’on fait. Au moindre doute sur le circuit ou le câblage, faites vérifier l’installation.

Faut-il acheter la Zendure SolarFlow 2400 Pro ?

Notre essai avec huit panneaux dit assez bien à qui elle s’adresse. Avec jusqu’à 3 000 W directement répartis sur quatre MPPT, elle reçoit assez de solaire pour alimenter plusieurs appareils de la maison avant même de puiser dans ses 2,4 kWh. Nous avons vu la pompe de piscine et la climatisation tourner ensemble pendant que la production couvrait encore les besoins du logement.

Lorsque la demande grimpe, la batterie prend le relais. Télévision, sèche-cheveux puis four nous ont permis de pousser la consommation jusqu’à environ 3 200 W, avec une contribution atteignant 2 400 W dans notre configuration. C’est cette combinaison qui nous a convaincus : beaucoup de panneaux à l’entrée, une puissance importante à la sortie, et une régulation qui suit la maison toute seule.

Nous ne la choisirions donc pas pour installer deux panneaux et récupérer quelques centaines de watts sur un balcon. Elle sait le faire, mais cela revient à n’utiliser qu’une petite part de ce pour quoi elle a été conçue. Avec quatre, six ou huit panneaux, plusieurs orientations, une consommation domestique conséquente et l’envie d’augmenter progressivement le stockage, le constat s’inverse complètement.

Les points forts

  • Quatre MPPT indépendants et 3 000 W de panneaux raccordables
  • Plusieurs orientations gérées séparément
  • Jusqu’à 2 400 W repris sur les 3 200 W appelés par la maison
  • Régulation automatique rapide et fiable
  • Sortie hors réseau réellement exploitable
  • Stockage extensible jusqu’à 16,8 kWh
  • IP65, auto-chauffage et protections en cas de forte chaleur
  • MQTT et Home Assistant pour aller plus loin

Les points faibles

  • 27,8 kg, à installer une bonne fois pour toutes
  • 2,4 kWh vite atteints avec beaucoup de panneaux
  • Surdimensionnée pour deux panneaux de balcon
  • Anciens modules Zendure pas tous réutilisables
  • 800 W par défaut, le mode étendu demande une installation adaptée
  • La pose de la mesure de consommation n’a rien de plug and play

Notre verdict

La SolarFlow 2400 Pro est une batterie faite pour grandir avec une installation solaire, pas pour accompagner deux panneaux posés sur un balcon. Ce sont ses quatre entrées et sa puissance de sortie qui la distinguent, bien plus que ses 2,4 kWh de départ.

Elle cesse alors d’être une batterie ajoutée aux panneaux pour devenir le cœur d’une installation que l’on fait évoluer au fil des besoins. À condition d’accepter l’investissement, et de prévoir dès le départ où elle passera les dix prochaines années.

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