Test du Beurer EM 49 : que valent ses 64 programmes TENS, EMS et massage ?

Trois piles AAA, deux câbles et quatre électrodes autocollantes, sur un boîtier à boutons qui n’a jamais vu passer la moindre application. Et beaucoup plus de réglages qu’il n’en montre.

64Applications préprogrammées
2Canaux réglables séparément
50Niveaux d’intensité
117 gPiles comprises

Ni application, ni batterie rechargeable, ni écran tactile. Le Beurer EM 49 est un boîtier de la taille d’un gros téléphone, alimenté par trois piles AAA et relié par deux câbles à quatre électrodes autocollantes. Rien, dans sa présentation, ne laisse deviner qu’il embarque davantage de réglages que bien des modèles connectés vendus trois fois plus cher.

Il réunit pourtant trois usages dans le même appareil : le TENS pour la stimulation des nerfs, l’EMS pour celle des muscles et une série de programmes de massage destinés à la détente. Beurer y ajoute 64 applications déjà configurées, six emplacements que l’utilisateur programme lui-même, deux canaux dont les intensités se règlent de façon indépendante et une plage de réglage qui va bien au-delà du simple choix entre dos et jambes.

Nous l’avons surtout utilisé après le sport, avec une question en tête : est-ce que cette richesse ne finit pas par compliquer un appareil dont l’intérêt premier est justement de s’installer vite ? C’est peut-être là que l’EM 49 s’en sort le mieux, car on peut ignorer ses menus avancés, choisir un programme, poser ses électrodes et démarrer en quelques minutes. Reste à savoir ce qu’un tel appareil apporte vraiment une fois les patchs sur la peau.

La fiche technique du Beurer EM 49

CritèreBeurer EM 49
L’appareil
TypeÉlectrostimulateur TENS, EMS et massage
Statut réglementaireDispositif médical marqué CE
Dimensions13,2 x 6,3 x 2,7 cm, clip ceinture compris
Poids83 g sans les piles, 117 g avec
Garantie5 ans
Les programmes
TENS12 préprogrammés et 3 personnalisables
EMS32 préprogrammés et 3 personnalisables
Massage20 programmes
Total64 applications préprogrammées, 70 programmes
Programme favoriOui, rappelé au démarrage
Le courant délivré
Forme des impulsionsRectangulaires biphasiques
Fréquence1 à 150 Hz
Largeur d’impulsion50 à 450 µs
Tension de sortie100 Vpp au maximum, sous 500 ohms
Courant de sortie200 mApp au maximum, sous 500 ohms
Les réglages
Canaux2, intensités réglables séparément
Intensité0 à 50
Durée d’une séance5 à 100 minutes
ÉcranLCD inversé rétroéclairé de 3,9 x 4,2 cm, avec schéma de placement
Mémoire de thérapieOui, temps de traitement cumulé
L’alimentation et les accessoires
Alimentation3 piles AAA LR03 fournies, piles rechargeables exclues par la notice
Électrodes fournies4 patchs autocollants de 45 x 45 mm
Électrodes de rechangeLot de 8 en 45 x 45 mm ou lot de 4 en 50 x 100 mm
Liaison2 câbles de raccordement, clip ceinture

Chiffres annoncés par Beurer et relevés dans la notice de l’appareil. L’EM 49 est un dispositif médical : son usage est déconseillé en cas d’implant électrique comme un stimulateur cardiaque, d’implants métalliques, de trouble du rythme cardiaque, d’épilepsie, de grossesse ou de cancer, et la liste complète des contre-indications figure dans la notice, à lire avant la première séance.

Beurer EM 49

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Les quatre électrodes sont-elles faciles à installer ?

Oui, à condition d’accorder quelques minutes à leur emplacement, qui pèse finalement bien plus lourd que la complexité apparente de l’appareil.

L’EM 49 arrive avec quatre électrodes autocollantes de 45 x 45 mm, réparties sur deux canaux à raison de deux patchs par canal, et deux câbles de raccordement qui viennent se clipser dessus. Beurer vend aussi des jeux d’électrodes en gel de remplacement, par huit dans ce format ou par quatre dans un format allongé de 50 x 100 mm, mieux adapté aux grandes surfaces musculaires comme le dos ou les cuisses.

Lors de nos séances, les quatre patchs se sont fixés sans difficulté et ne se sont pas soulevés dès que nous changions de position. Le détail compte, car une électrode qui décolle modifie aussitôt la sensation, et l’appareil ramène d’ailleurs l’intensité du canal concerné à zéro si le contact se perd franchement.

Le véritable apprentissage porte donc sur le placement. Déplacer un patch de quelques centimètres change considérablement ce que l’on ressent, puisque l’écartement détermine à la fois le volume de tissu stimulé et la force ressentie : en dessous de cinq centimètres, la stimulation reste très superficielle, au-delà d’une quinzaine, elle se dilue. Beurer l’a bien compris, car l’écran affiche un schéma de positionnement propre au programme choisi et la notice détaille les placements recommandés zone par zone. Au début, on a tendance à poser les quatre patchs autour de l’endroit qui gêne puis à lancer un programme au hasard. Après quelques essais, on comprend que la position des électrodes fait partie du réglage, au même titre que l’intensité.

Peut-on l’utiliser sans passer une heure dans le mode d’emploi ?

Oui pour démarrer, même si la notice redevient utile dès que l’on cherche à comprendre ce qui sépare deux programmes voisins.

Électrostimulateur Beurer EM 49 avec son écran, ses câbles et ses électrodes

L’appareil en lui-même reste simple. L’écran LCD rétroéclairé affiche le numéro du programme, le temps restant, l’intensité de chaque canal et le schéma des électrodes, tandis que les boutons servent à naviguer entre les trois menus puis à faire monter séparément chaque canal. Lors de notre première utilisation, nous avons lancé une séance en quelques minutes sans avoir parcouru la documentation.

C’est un bon point, car l’EM 49 pourrait facilement intimider. Il propose 64 applications préprogrammées, soit 12 programmes TENS, 32 programmes EMS et 20 programmes de massage, auxquels s’ajoutent six emplacements réglables à la main, ce qui porte l’ensemble à 70 programmes. Un favori peut être mémorisé pour être rappelé directement au démarrage, ce qui évite de refaire toute la navigation quand on revient toujours au même réglage, en particulier lorsqu’un professionnel de santé en a conseillé un. L’appareil tient aussi le compte du temps de traitement cumulé, une mémoire discrète mais pratique pour savoir combien de séances ont réellement été faites.

La prise en main est donc rapide. Exploiter les 70 possibilités demande en revanche nettement plus de temps.

Les 64 programmes servent-ils à quelque chose ?

Oui, mais sans doute pas tous à la même personne : l’intérêt vient surtout de la possibilité d’isoler deux ou trois réglages qui correspondent à ses habitudes, puis d’y revenir.

Il faut d’abord comprendre comment Beurer compte ses programmes, car les chiffres affichés sur l’emballage ne recouvrent pas la même chose selon les revendeurs. Les 64 applications désignent les programmes déjà configurés, 12 en TENS, 32 en EMS et 20 en massage. Les six emplacements personnalisables, trois pour le TENS et trois pour l’EMS, viennent s’y ajouter et portent le total à 70.

Les programmes TENS se répartissent par zone et par type de stimulation : membres supérieurs, membres inférieurs, cheville, épaule, dos, fessiers et arrière des cuisses, plus plusieurs réglages généraux de soulagement dont un programme à impulsions groupées destiné à relancer la sécrétion d’endorphines et un réglage pensé pour les douleurs chroniques.

La partie EMS va beaucoup plus loin, puisqu’elle organise ses 32 programmes par muscle et par objectif. L’échauffement et la capillarisation ouvrent la liste, puis chaque groupe musculaire, des bras aux mollets en passant par les abdominaux, les cuisses, les épaules, le bas du dos et les fessiers, dispose de ses propres variantes de renforcement, de force maximale, de tonicité ou de galbe. Les 20 programmes de massage, enfin, reprennent des rythmes de tapotement, de pétrissage, de pression et de détente. Cette dernière famille passe souvent inaperçue alors qu’elle représente presque un tiers du catalogue et transforme l’appareil en modèle trois en un.

Nous en avons essayé plusieurs et la différence de rythme s’entend, si l’on peut dire, dès les premières secondes : certains produisent une stimulation régulière et douce, d’autres enchaînent des contractions beaucoup plus franches. Cela ne signifie pas que nous utiliserions les 64 à tour de rôle. Après quelques séances, on retourne naturellement vers deux ou trois réglages et le reste du catalogue devient une réserve dans laquelle on pioche rarement.

Les deux canaux indépendants changent-ils quelque chose ?

Oui, surtout quand les électrodes ne produisent pas la même sensation des deux côtés du corps, ce qui arrive plus souvent qu’on ne l’imagine.

Les quatre électrodes se répartissent sur deux canaux dont les intensités se règlent séparément, sur une échelle commune de 0 à 50. C’est plus utile qu’un réglage général unique. En plaçant deux patchs de chaque côté du dos ou d’un même muscle, nous n’obtenions pas toujours la même sensation à niveau identique, car la qualité du contact, l’épaisseur de la peau et la sensibilité de la zone entrent en jeu.

Pouvoir baisser un canal tout en montant l’autre permet donc d’équilibrer la séance sans tout décoller pour recommencer. Le même principe sert à traiter deux zones distinctes en même temps, une épaule et un mollet par exemple, au lieu de les enchaîner. Inutile en revanche de chercher le niveau le plus haut possible : le bon réglage est celui qui produit la stimulation recherchée en restant confortable jusqu’au bout de la séance.

Le mode TENS soulage-t-il les douleurs ?

Dans notre utilisation après le sport, le soulagement et la détente ont été nets, mais ce ressenti personnel ne permet pas de promettre le même effet sur toutes les douleurs.

Le TENS, pour stimulation électrique nerveuse transcutanée, envoie des impulsions à travers la peau afin d’agir sur la transmission du message douloureux. Pendant nos séances, la sensation commence par de légers picotements dont l’intensité monte progressivement, puis se stabilise : une fois le niveau correctement ajusté, la stimulation reste présente sans jamais devenir désagréable. Sur des muscles tendus après une séance de sport, nous avons ressenti une diminution nette de l’inconfort en fin de séance, et c’est exactement l’usage pour lequel un appareil comme celui-ci devient intéressant, puisqu’il se sort et se lance sans autre préparation.

Il faut toutefois distinguer ce soulagement ponctuel de l’efficacité générale du TENS, qui reste discutée. Le service de santé public britannique explique que la méthode peut apporter un soulagement temporaire de certaines douleurs tout en précisant qu’elle ne fonctionne pas chez tout le monde, et une synthèse Cochrane portant sur la douleur chronique n’a pas permis de conclure avec certitude, faute de preuves de qualité suffisante. L’EM 49 se considère donc comme un outil complémentaire, jamais comme un appareil capable de traiter la cause d’une douleur qui dure. Nous détaillons cette nuance dans notre guide sur l’électrostimulation domestique, qui sépare ce que ces appareils font de ce qu’on leur prête.

L’EMS fait-il travailler les muscles ?

Oui, les contractions sont parfaitement perceptibles, mais l’EMS ne transforme pas une séance passée assis dans un canapé en entraînement sportif.

Électrodes du Beurer EM 49 placées sur un bras pendant une séance EMS

Le fonctionnement diffère nettement du TENS, puisqu’il s’agit cette fois de stimuler le muscle lui-même pour provoquer des contractions. Nous les avons senties immédiatement : en montant l’intensité, le muscle ne se contente plus de picoter, il se contracte au rythme des impulsions. L’effet déroute lors des premiers essais parce que la contraction survient sans mouvement volontaire, et certains programmes l’entretiennent de façon courte et répétitive quand d’autres marquent franchement les phases de travail et de repos.

Les 32 programmes préconfigurés couvrent l’échauffement, la capillarisation et les différents objectifs de renforcement, avec trois emplacements supplémentaires à régler soi-même. Nous avons surtout trouvé cette partie utile autour de la récupération et en complément d’une routine sportive, pas comme une façon de se muscler sans effort. La contraction électrique existe bel et bien, mais elle laisse de côté tout ce qu’apporte un entraînement : le mouvement, la charge progressive, la coordination, la dépense énergétique et l’adaptation générale de l’organisme. La notice le dit d’ailleurs sans détour, l’électrostimulation musculaire ne remplace pas un entraînement régulier. C’est la même limite que nous avions constatée sur le Beurer EM 89 Heat, dont la fonction chauffante ne changeait rien à cette réalité.

La fonction massage mérite-t-elle d’être utilisée ?

Oui, surtout pour les séances où l’on cherche une sensation de détente plutôt qu’une contraction marquée.

C’est la fonction que l’on risque le plus d’oublier, parce que les emballages mettent en avant les mentions TENS et EMS et reléguent le reste en fin de liste. L’EM 49 embarque pourtant 20 programmes de massage, répartis entre tapotements, pétrissages, pressions et séquences plus lentes, dont une série pensée pour la relaxation. Ils ne font que modifier le rythme des impulsions, et il ne faut évidemment pas y chercher les sensations mécaniques d’un vrai massage, puisque rien ne presse ni ne pétrit physiquement le muscle.

Pour une utilisation en soirée ou après une activité physique, ces programmes nous ont paru plus accessibles que certains réglages EMS assez intenses. Ils donnent aussi une raison de ressortir l’appareil en dehors des moments où quelque chose fait mal, ce qui n’est pas anodin pour un objet qui finit souvent au fond d’un tiroir. Une réserve toutefois, valable pour le massage comme pour le reste : les électrodes ne se posent jamais sur la paroi avant du thorax.

Les programmes personnalisables sont-ils utiles ?

Oui pour quelqu’un qui pratique l’électrostimulation régulièrement, beaucoup moins pour celui qui veut choisir une zone du corps et appuyer sur la touche de démarrage.

C’est probablement la fonction qui donne à l’EM 49 sa plus grande marge de progression. Les six emplacements libres, trois en TENS et trois en EMS, ouvrent l’accès aux paramètres que les programmes fixes gardent pour eux. La fréquence se règle de 1 à 150 Hz et la largeur des impulsions se choisit entre 80 et 250 µs du côté TENS, jusqu’à 320 puis 450 µs sur les emplacements EMS, sachant que l’appareil couvre techniquement une plage de 50 à 450 µs. Deux de ces emplacements permettent en plus de fixer les temps de travail et de repos, entre 1 et 30 secondes chacun, tandis que la durée totale d’une séance se règle de 5 à 100 minutes.

Ces réglages ne sont pas décoratifs, car la fréquence détermine quelles fibres musculaires répondent le mieux et la largeur d’impulsion joue sur la profondeur atteinte, un gros muscle en réclamant davantage qu’un avant-bras. Lors de notre utilisation, cette liberté a servi à adapter la sensation à la zone travaillée. C’est aussi là que l’appareil perd une partie de sa simplicité, puisque fréquence, largeur d’impulsion et cycles de travail ne parlent pas au grand public. Pour commencer, mieux vaut donc rester sur les programmes préconfigurés et réserver les réglages manuels au moment où l’on sait pourquoi on veut les modifier, éventuellement sur les conseils d’un professionnel.

Beurer explique-t-il assez bien quel programme choisir ?

Pas tout à fait, et c’est sans doute le principal reproche que nous adressons à l’EM 49.

Écran du Beurer EM 49 affichant le programme en cours et le schéma de placement des électrodes

L’appareil affiche pourtant beaucoup d’informations, jusqu’au schéma de placement des électrodes, et la notice se montre nettement plus détaillée que l’interface, avec des tableaux qui associent chaque programme à des zones et à des positions numérotées. Mais lorsqu’on tient simplement le boîtier dans la main avec une épaule douloureuse ou des jambes fatiguées, on aimerait une recommandation plus directe que la liste des numéros. Avec autant de programmes, le choix entre deux réglages voisins relève souvent du tâtonnement, surtout au début, quand les différences de fréquence et de largeur d’impulsion ne veulent encore rien dire.

Une interface plus moderne ou une application guideraient probablement mieux l’utilisateur, mais l’EM 49 n’est pas connecté et toute la navigation se fait sur l’appareil. Cette simplicité matérielle a son revers, puisqu’elle renvoie au manuel, et son avantage, puisqu’il n’y a ni compte à créer, ni téléphone à sortir, ni appairage à refaire avant chaque séance.

Peut-on continuer à bouger pendant une séance ?

Oui dans une certaine mesure, et le petit format de l’appareil s’y prête plutôt bien.

Le boîtier mesure 13,2 x 6,3 x 2,7 cm pour 117 g piles comprises et reçoit un clip qui l’accroche à la ceinture ou à un vêtement. Il se glisse sans y penser dans un sac et nous n’avons eu aucun mal à l’emporter. Les électrodes, elles aussi, sont restées en place lors de petits mouvements, si bien que l’on peut lire, travailler assis ou se déplacer tranquillement pendant certaines séances.

Il faut néanmoins rester raisonnable, et pas seulement pour des questions de confort. Les fils relient en permanence le boîtier aux quatre patchs, une séance EMS provoque des contractions franches, et la notice déconseille formellement d’utiliser l’appareil au volant, en manipulant une machine ou pendant une activité où une réaction inattendue deviendrait dangereuse. Ce n’est donc pas un compagnon de course à pied. Les câbles constituent d’ailleurs la contrepartie la plus visible de cette conception très simple : quatre électrodes, ce sont plusieurs fils à installer puis à ranger, et lorsque les patchs sont placés dans le dos, il faut prendre garde à ne pas tirer dessus en s’asseyant. Le procédé paraît ancien face aux modèles sans fil, mais il reste léger et n’impose aucun module à recharger.

Les électrodes et les piles, que faut-il prévoir sur la durée ?

Les patchs sont réutilisables et les piles universelles, ce qui limite les frais, à condition d’accepter deux petites contraintes.

Lors de notre essai, les quatre électrodes fournies adhéraient correctement et tenaient toute la séance. Elles réclament un peu de soin, puisque la notice recommande de nettoyer leur surface avec un chiffon humide ou sous un filet d’eau tiède, câbles débranchés, puis de les recoller sur leur film de protection après usage. Une électrode encrassée répartit moins bien le courant et peut provoquer des irritations, ce qui reste le vrai signal de remplacement, davantage qu’un nombre de séances théorique. Il faut donc intégrer ce coût d’usure sur la durée, même si chaque jeu tient de nombreuses utilisations.

Côté alimentation, pas de batterie lithium ni de port USB, mais trois piles AAA LR03 fournies avec l’appareil. L’avantage est évident, car des piles vides se remplacent en trente secondes là où une batterie interne impose d’attendre, ce qui rassure en déplacement. Sur un appareil utilisé plusieurs fois par semaine, nous aurions tout de même préféré une recharge par câble, d’autant que la notice exclut expressément les piles rechargeables, qui délivrent une tension légèrement inférieure : la parade habituelle ne tient donc pas ici. L’appareil signale au moins la baisse de charge par un témoin et s’éteint tout seul après une minute d’inactivité.

L’EM 49 manque-t-il de puissance ?

Pas dans notre utilisation, où nous avons trouvé sans difficulté un niveau provoquant des contractions franches, loin du maximum de l’échelle.

Électrodes du Beurer EM 49 posées sur les abdominaux

L’appareil propose 50 niveaux d’intensité et délivre des impulsions rectangulaires biphasiques, avec une tension maximale de 100 Vpp et un courant de sortie plafonné à 200 mApp dans les conditions de mesure indiquées par Beurer, c’est à dire sur une charge de 500 ohms. Ces chiffres ne parlent pas au quotidien. Ce qui compte davantage, c’est la progressivité de la montée et l’écart très perceptible entre une stimulation TENS légère et une contraction EMS marquée.

Nous n’avons donc jamais ressenti le besoin de chercher plus de puissance, et ce n’est pas le but recherché. Plus fort ne veut pas dire plus efficace, d’autant que la sensibilité dépend de la zone, de l’épaisseur de la peau et de la qualité du contact. Le bon réglage reste celui qui permet de terminer la séance sans serrer les dents.

Peut-on l’utiliser partout sur le corps ?

Non, et c’est le point à ne pas traiter à la légère avec un appareil d’électrostimulation.

Beurer déconseille l’usage de l’EM 49 aux personnes porteuses d’un dispositif électrique implanté comme un stimulateur cardiaque, ainsi qu’en cas d’implants métalliques, de pompe à insuline, de fièvre élevée, de trouble du rythme cardiaque, d’épilepsie, de grossesse ou de cancer, la notice détaillant d’autres situations médicales qui appellent un avis préalable. Les électrodes ne doivent jamais faire passer le courant à travers le thorax, ni se poser sur le crâne, autour de la bouche, sur la gorge ou le larynx, à proximité de la carotide, sur la zone génitale ou sur une peau lésée, enflammée ou récemment opérée.

La notice recommande aussi de rester assis ou allongé pendant les premières minutes d’utilisation, le temps d’écarter le risque de malaise vagal, et d’éviter tout objet métallique en contact avec les patchs. En cas de douleur dont l’origine reste inconnue, mieux vaut demander l’avis d’un professionnel de santé avant de commencer. L’EM 49 est un dispositif médical, pas un accessoire de massage que l’on pose au hasard.

Ce qui nous a le moins convaincus

La richesse des programmes fait à la fois la qualité et la faiblesse de cet appareil. Choisir parmi 64 applications puis régler soi-même fréquence, largeur d’impulsion et cycles de travail devient excellent lorsqu’on sait ce que l’on cherche, et franchement déroutant dans le cas contraire. Nous aurions aimé un accompagnement plus poussé pour passer de la zone tendue au programme pertinent, comme évoqué plus haut.

Le reste tient à l’âge de sa conception. Trois piles AAA restent simples et universelles, mais une recharge par câble serait aujourd’hui plus pratique pour un usage régulier, et les fils font moins élégants qu’une solution sans fil. Quant au TENS, il mérite d’être remis dans son contexte : nous avons bien ressenti un soulagement après certaines séances, mais son efficacité varie d’une personne à l’autre et il ne doit pas servir à masquer durablement une douleur inexpliquée.

Ce que nous avons apprécié

  • Trois usages dans un seul appareil, TENS, EMS et massage
  • Séance lancée en quelques minutes, sans application ni compte à créer
  • Deux canaux dont les intensités se règlent séparément
  • Six programmes ouverts à la fréquence, à la largeur d’impulsion et aux cycles
  • Schéma de placement des électrodes affiché à l’écran
  • Format léger, clip ceinture, piles disponibles partout

Ce qui nous a gênés

  • Aucune aide au choix entre deux programmes voisins
  • Alimentation par piles jetables, rechargeables exclues par la notice
  • Quatre câbles à installer puis à ranger après chaque séance
  • Électrodes à remplacer régulièrement, à la charge de l’utilisateur
  • Vocabulaire technique peu accessible dans les menus avancés

Le rapport qualité-prix tient-il toujours ?

Oui, et c’est même l’argument le plus solide de cet appareil, à condition d’accepter les câbles et les piles.

Les premières offres françaises tournent autour de 45 euros, avec des écarts importants d’un vendeur à l’autre, certains revendeurs dépassant largement les 60 euros pour le même produit : la comparaison vaut le détour avant de valider un panier. À ce niveau de prix, l’absence d’application ou le dessin très classique du boîtier pèsent peu au regard de ce que l’appareil permet de faire.

Quatre électrodes, deux canaux réglables séparément, 12 programmes TENS, 32 EMS, 20 massages, six emplacements libres, 50 niveaux d’intensité, des séances ajustables de 5 à 100 minutes et cinq ans de garantie : l’équipement se défend très bien face à des modèles plus récents et plus chers. Le catalogue de programmes dépasse même probablement ce dont la plupart des utilisateurs auront besoin.

Faut-il acheter le Beurer EM 49 ?

Oui si vous cherchez un électrostimulateur complet, facile à emporter et assez simple pour commencer sans application, tout en gardant de la marge pour affiner ses réglages ensuite.

C’est précisément ce qui nous a plu. Lors des premières séances, nous avons posé les électrodes, choisi un programme et fait monter l’intensité, sans autre préparation. Après le sport, le mode TENS a procuré une détente et un soulagement appréciables sur les muscles sollicités, l’EMS produit de vraies contractions avec suffisamment de programmes pour varier les zones et les rythmes, et les 20 modes de massage ajoutent un troisième usage qu’il serait dommage de tenir pour anecdotique.

L’appareil devient même étonnamment technique lorsqu’on descend dans ses menus, entre les six programmes ouverts à la fréquence et à la largeur d’impulsion, les deux canaux ajustables séparément et la mémorisation d’un favori. Son principal défaut vient de là, car Beurer donne énormément de possibilités sans toujours accompagner le choix. Ajoutons les câbles et les trois piles AAA, et l’EM 49 semble parfois appartenir à une génération antérieure aux produits connectés d’aujourd’hui. Ce n’est pourtant pas forcément un problème, puisqu’il n’y a ni compte, ni application à maintenir, ni connexion à établir avant une séance.

Notre verdict

L’EM 49 ne cherche pas à rendre l’électrostimulation spectaculaire. Il donne beaucoup de possibilités dans un boîtier assez simple pour qu’on ait envie de le ressortir, et c’est exactement ce qu’on attend d’un appareil de ce prix. Un bon achat pour la récupération après le sport et les tensions du quotidien, à condition de garder une règle en tête : un soulagement ressenti ne signifie pas qu’une cause est traitée. Si une douleur est forte, inhabituelle ou persistante, l’EM 49 ne remplace pas un avis médical.

Beurer EM 49

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