Test de la FOSSiBOT F3600 Pro : 3,84 kWh et 3 600 W tenus jusqu’au bout
Un sèche-cheveux et un décapeur thermique branchés ensemble, 2 000 W de panneaux acceptés, une capacité qui peut tripler avec deux modules. Restent 42 kg à déplacer.
Avec 3 840 Wh de batterie, 3 600 W de puissance continue et la possibilité d’ajouter deux modules pour atteindre 11,52 kWh, la FOSSiBOT F3600 Pro occupe une position inhabituelle, à mi-chemin entre la grosse station électrique portable et la petite installation de stockage domestique. Sur le papier, elle alimente un atelier, sert de secours à la maison, prend place dans un camping-car ou stocke plusieurs centaines de watts de production solaire pendant la journée.
Nous avons justement pu la confronter à ces usages très différents. Elle a servi plusieurs mois dans un garage non raccordé au réseau, a été poussée jusqu’à sa limite de puissance avec plusieurs appareils branchés en même temps, intégrée à l’installation électrique d’un camping-car, puis utilisée pendant plus d’un an dans une maison équipée de panneaux solaires.
C’est finalement dans cette polyvalence qu’elle se révèle la plus intéressante. Elle ne remplace pas une véritable batterie domestique dans toutes les situations, et ses 42 kg rendent le mot « portable » assez relatif, mais elle fournit réellement ses 3 600 W, accepte une installation solaire sérieuse et peut évoluer jusqu’à 11,52 kWh sans transformer le logement en chantier.
Au sommaire
- 42 kg sur la balance
- Treize sorties au quotidien
- Les 3 600 W en conditions réelles
- 3,84 kWh pour une maison
- La recharge solaire
- La recharge sur secteur
- La batterie d’extension FB3840
- L’application BrightEMS
- Le relais pendant une coupure
- Le froid et la recharge
- Les 6 500 cycles annoncés
- Face aux grosses concurrentes
- Les défauts après plusieurs mois
- Faut-il l’acheter
| Caractéristique | FOSSiBOT F3600 Pro |
|---|---|
| Batterie et durée de vie | |
| Capacité nominale | 3 840 Wh (48 V, 80 Ah) |
| Extension | Jusqu’à deux FB3840, soit 7 680 puis 11 520 Wh |
| Chimie et cycles | LiFePO4, plus de 6 500 cycles jusqu’à 50 % de la capacité d’origine |
| Gestion | BMS intégré, contrôleur solaire MPPT |
| Puissance et sorties | |
| Puissance continue | 3 600 W, onde sinusoïdale pure |
| Puissance de crête | 7 200 W |
| Mode UPS | 2 500 W, bascule annoncée sous 10 ms |
| Prises 230 V | Trois, partageant les 3 600 W |
| Ports USB | 1 USB-C de 100 W, 3 USB-C de 20 W, 2 USB-A de 18 W |
| Sorties 12 V | XT60 de 300 W, allume-cigare de 120 W, 2 DC5521 de 36 W |
| Recharge | |
| Entrée secteur | 2 200 W, cinq niveaux de 400 à 2 200 W |
| Entrée solaire | 2 000 W, 12 à 160 V, connecteur XT90 |
| Entrée combinée | 4 200 W, environ 1 h 30 annoncée |
| Entrée voiture | 300 W en 12 V et 24 V |
| Pilotage | |
| Application | BrightEMS, en Bluetooth et en Wi-Fi |
| Réglages à distance | Sorties, horaires de recharge, courant maximal, veille, micrologiciel |
| Encombrement et environnement | |
| Dimensions et poids | 609 × 475,5 × 321 mm, 42 kg |
| Module FB3840 | 3 840 Wh, 37,8 kg |
| Températures | Recharge de 0 à 40 °C, décharge jusqu’à -10 °C |
| Garantie annoncée | 2 ans, extension de 3 ans possible |
Ces valeurs sont annoncées par FOSSiBOT et par sa documentation française. Les mesures que nous avons faites nous-mêmes sont signalées comme telles dans les pages qui suivent, et elles ne concordent pas toujours avec l’annonce.
Peut-on encore parler de station électrique portable avec 42 kg sur la balance ?
Oui, à condition de comprendre que la F3600 Pro se déplace bien plus facilement qu’elle ne se porte. Avec 609 × 475,5 × 321 mm et 42 kg, elle occupe la place d’une grosse valise et réclame deux personnes dès qu’il faut la monter dans un coffre, franchir des marches ou la manipuler sans ses roues.
Ce poids n’a rien d’une négligence de conception, il découle directement de ce qu’elle embarque : 80 Ah de cellules lithium fer phosphate sous 48 V, un onduleur capable de tenir 3 600 W et le refroidissement qui va avec. Cette chimie pèse plus lourd, à capacité égale, que le lithium des batteries d’ordinateur, mais elle supporte bien mieux les cycles répétés, ce qui est précisément ce qu’on lui demande ici.
FOSSiBOT a heureusement prévu le problème. Deux roues, une poignée télescopique et de larges prises en main permettent de la faire rouler sur un sol relativement régulier. Dans le garage, nous l’avons ainsi amenée jusqu’aux panneaux solaires sans difficulté particulière. Dans le camping-car, la situation change : une fois installée dans une soute, ses 42 kg incitent plutôt à lui trouver une place définitive et à ne plus y toucher.
La construction inspire davantage confiance qu’une petite batterie de camping. La façade concentre les sorties, tandis que l’arrière accueille l’entrée secteur, l’entrée solaire XT90 et les deux connecteurs destinés aux batteries supplémentaires, ce qui évite d’avoir à retourner l’appareil pour brancher quoi que ce soit au quotidien. Une lampe est intégrée au boîtier, à laquelle s’ajoute une petite lampe magnétique amovible fournie avec la station, pratique dans une soute ou sous un capot.
Treize sorties, cela sert-il vraiment au quotidien ?
Oui, parce que la plupart des situations d’usage réclament plusieurs branchements en même temps, et rarement les mêmes. On trouve trois prises 230 V qui se partagent les 3 600 W de l’onduleur, un USB-C de 100 W, trois USB-C de 20 W, deux USB-A de 18 W, une prise allume-cigare de 12 V pour 120 W, une sortie XT60 de 12 V pour 300 W et deux DC5521 de 36 W. Le constructeur compte ainsi treize sorties utilisables simultanément.
Nous avons vérifié le comportement des ports USB avec plusieurs petits appareils, parce que les puissances affichées sur ce type de port prêtent souvent à confusion. Un stabilisateur et une caméra ne demandaient ensemble que 12 W. En ajoutant un smartphone en charge rapide, la consommation est montée à 32 W. Rien d’anormal : un port USB-C de 100 W ne pousse pas 100 W dans ce qu’on lui branche, il négocie avec l’appareil et ne délivre que ce que celui-ci réclame.
Le contenu de la boîte évite par ailleurs la course aux adaptateurs, ce qui compte sur une station destinée à circuler entre la maison, le garage et le véhicule. On y trouve le câble secteur, le câble de recharge automobile, le câble solaire MC4 vers XT90, un rangement pour les câbles, la lampe rechargeable et la documentation. Ce sont de petits éléments, mais ils évitent de devoir commander un connecteur avant même la première utilisation.
Les 3 600 W sont-ils réellement disponibles ?
Oui, et c’est le point que notre essai a le mieux confirmé. La F3600 Pro n’affiche pas simplement 3 600 W sur sa fiche technique, elle a tenu cette puissance avec plusieurs appareils branchés en même temps, sans coupure ni mise en sécurité.
Nous sommes montés par paliers, en ajoutant les appareils les uns après les autres et en lisant la puissance de sortie sur l’écran de la station :
- Un sèche-cheveux seul : environ 1 900 W
- En ajoutant un décapeur thermique au premier niveau : environ 2 800 W
- Décapeur passé au second niveau : 3 600 W, sans coupure
- En ajoutant le chargeur d’une tondeuse, une centaine de watts : toujours autour de 3 600 W
Le dernier palier est le plus instructif. La station n’a pas délivré 3 700 W, l’ensemble est resté autour de 3 600 W, qui constitue bien la limite continue de l’onduleur. Le comportement est donc cohérent et surtout prévisible, là où certaines stations se coupent purement et simplement lorsqu’on approche de leur plafond.
C’est une distinction importante, car la fiche officielle indique également 7 200 W en crête. Cette valeur sert à encaisser pendant quelques secondes l’appel de courant d’un moteur ou d’un compresseur au démarrage, un phénomène courant sur un climatiseur ou une pompe, mais elle ne signifie pas que la batterie peut alimenter 7,2 kW en continu. La puissance soutenue reste de 3 600 W.
Dans la pratique, cela couvre déjà un terrain très large : outillage électroportatif, micro-ondes, cafetière, réfrigérateur, congélateur, informatique, plaques de cuisson raisonnablement utilisées ou plusieurs équipements plus modestes en parallèle. Pour du chauffage électrique prolongé, la difficulté n’est plus la puissance disponible mais l’énergie consommée, puisqu’un appareil de 2 000 W vide une batterie de 3,84 kWh en moins de deux heures.
Les 3,84 kWh suffisent-ils pour une maison ?
Ils suffisent à déplacer une partie importante de la consommation, pas à faire disparaître le réseau électrique d’une maison classique. C’est justement ce que montre notre utilisation la plus longue, puisqu’elle dure depuis plus d’un an.
La F3600 Pro a été installée dans une maison après la défaillance du système de stockage solaire existant. Elle a été raccordée à deux panneaux bifaciaux de 500 W posés au sol, soit 1 000 Wc, sur un support mobile qui permettait de modifier leur orientation et leur inclinaison selon la saison. Ce détail compte davantage qu’il n’y paraît en hiver, lorsque le soleil reste bas sur l’horizon et qu’une inclinaison plus verticale rattrape une partie de la production perdue.
Lorsque les conditions étaient favorables, la station retrouvait une charge complète autour de midi. L’énergie accumulée servait ensuite aux plaques de cuisson, à midi puis le soir, c’est-à-dire précisément aux moments où la production photovoltaïque décline alors que la consommation repart. Plus d’un an après son installation, elle continuait à remplir ce rôle sans perte de capacité perceptible.
C’est probablement le meilleur exemple de ce que permet réellement une batterie de cette taille. On peut délester du réseau un réfrigérateur, un congélateur, l’informatique, certains appareils de cuisine ou une partie des consommations permanentes. En revanche, 3,84 kWh ne constituent pas une autonomie domestique dès que l’on additionne chauffage, chauffe-eau, cuisson et gros électroménager, car une maison ordinaire consomme couramment plusieurs fois cette quantité en une journée d’hiver.
Il faut également garder en tête que 3 840 Wh correspondent à la capacité nominale des cellules. L’énergie réellement récupérable sur une prise 230 V est nécessairement inférieure, puisque l’onduleur et l’électronique consomment eux aussi une part de l’énergie pour transformer le courant continu de la batterie en alternatif, FOSSiBOT retenant de son côté une capacité utile de l’ordre de 89 %.
La F3600 Pro est donc plus convaincante lorsqu’on lui confie une mission précise, comme stocker le solaire de la journée, conserver une réserve pour les appareils essentiels ou déplacer une partie de la consommation vers les heures où l’électricité coûte le plus cher. C’est là qu’elle se distingue d’une batterie pensée dès le départ pour la maison et raccordée par une simple prise, comme celle de notre test de la Sunology Storey, qui ne bouge plus une fois posée mais gère seule ses surplus.
Que donne réellement la recharge solaire ?
C’est l’un des vrais points forts de la F3600 Pro, grâce à une entrée photovoltaïque capable d’accepter jusqu’à 2 000 W. La plage annoncée va de 12 à 160 V, ce qui autorise le branchement de plusieurs panneaux en série et ouvre la porte à une installation sérieuse, là où les stations nomades plafonnent souvent autour de 60 V et se contentent d’un panneau pliable.
Lors d’un essai hivernal en Normandie, un panneau pliable donné pour 400 W envoyait environ 250 W alors que la batterie se trouvait à 73 %. Ce résultat n’a rien d’inquiétant : la puissance inscrite sur un panneau correspond à des conditions de laboratoire normalisées, avec un ensoleillement et une température de cellule précis, et la production réelle dépend ensuite du soleil, de l’angle, de la chaleur et de la moindre ombre portée.
L’autre installation était plus intéressante encore, avec ses deux panneaux bifaciaux de 500 W posés au sol. Pouvoir les déplacer et les incliner au fil des saisons s’est révélé particulièrement utile, puisqu’un panneau fixé une fois pour toutes sur un toit ne bénéficie jamais de ce rattrapage. Avec quatre panneaux comparables, on exploiterait théoriquement les 2 000 W acceptés par le contrôleur MPPT de la station, à condition de respecter sa plage de tension et son courant maximal.
Dans le camping-car, nous avons adopté une logique différente : un panneau PERC de 410 W fixé sur le toit assurait la production permanente, tandis qu’un panneau pliable de 400 W venait s’ajouter une fois le véhicule à l’arrêt. On dépasse alors 800 Wc installés sans condamner le véhicule à transporter en permanence plusieurs grands panneaux, ni à sacrifier toute la surface du toit.
FOSSiBOT annonce environ deux heures pour une recharge complète lorsque l’on parvient réellement à fournir les 2 000 W solaires. Il faut prendre cette valeur pour ce qu’elle est, un scénario de puissance idéale, car les 250 W obtenus avec notre panneau de 400 W en hiver montrent bien que la météo décide du temps final. La logique reste malgré tout la même que sur une installation résidentielle, comme celle que nous avions détaillée à propos de la batterie Zendure : ce n’est pas la capacité qui limite l’autonomie en hiver, c’est ce que les panneaux parviennent à produire.
Peut-on vraiment recharger 3,84 kWh sur secteur en deux heures ?
La station est conçue pour accepter jusqu’à 2 200 W sur secteur, mais notre essai de la molette de réglage a donné un résultat plus nuancé. FOSSiBOT annonce environ deux heures pour passer de 0 à 100 % à pleine puissance, et près de 4 200 W en combinant les 2 200 W du secteur et les 2 000 W du solaire, ce qui ramènerait la recharge complète autour d’une heure et demie.
La molette de puissance est particulièrement bien pensée, et elle reprend l’idée déjà appliquée à la station précédente de la marque, décrite dans notre test de la FOSSiBOT F2400. Il n’est pas toujours souhaitable de réclamer 2,2 kW à une prise : sur une borne de camping limitée à 6 A, réduire la recharge évite tout simplement de faire déclencher la protection du plot. Cela permet aussi de limiter la ventilation lorsque l’on n’est pas pressé. Le constructeur annonce cinq niveaux, de 400 à 2 200 W.
Notre essai a cependant révélé une curiosité, l’entrée affichée restant systématiquement inférieure à la valeur demandée :
- Niveau 400 W : environ 200 W d’entrée à l’écran
- Niveau 800 W : environ 400 W
- Niveau 1 200 W : environ 600 W
- Niveau maximal : un peu plus de 1 000 W au lieu des quelque 2 200 W attendus
Il serait tentant d’en conclure que la molette est mal calibrée, mais ce serait aller trop vite, car pour cet essai la F3600 Pro n’était pas alimentée par le réseau électrique : elle recevait son courant d’une autre station d’énergie. La source pouvait donc constituer elle-même le facteur limitant, et rien ne permet de désigner lequel des deux appareils bridait réellement le courant. Nous conservons ce résultat parce qu’il s’est produit, sans en faire un défaut établi de la F3600 Pro.
La recharge combinée, elle, peut atteindre officiellement 4 200 W. C’est nettement plus intéressant dans une situation d’urgence que pour une recharge quotidienne, puisque lorsque l’on dispose de plusieurs heures, rien n’oblige à solliciter la puissance maximale, ce qui ménage à la fois les cellules et les oreilles.
Que change réellement la batterie d’extension FB3840 ?
Elle change l’échelle du produit : la F3600 Pro passe de grosse station autonome à véritable réserve énergétique semi-fixe. Chaque FB3840 ajoute 3 840 Wh, si bien qu’une station accompagnée d’un module atteint 7 680 Wh, et que deux extensions portent l’ensemble à 11 520 Wh.
Nous l’avons utilisée dans cette configuration à 7,68 kWh dans un camping-car. L’ancienne installation, composée de plusieurs éléments distincts, a été en grande partie remplacée par le couple F3600 Pro et FB3840. La source 230 V du véhicule se sélectionnait alors depuis un inverseur, tandis que le circuit 12 V conservait son alimentation dédiée, ce qui évite de faire transiter les consommations permanentes par l’onduleur.
L’intérêt dépasse la simple capacité supplémentaire. Le module et la station communiquent et répartissent leur charge comme leur décharge afin de maintenir des niveaux proches, ce qui évite qu’une batterie travaille pendant que l’autre attend. Lors de notre utilisation, l’application indiquait par exemple 94 % sur l’une et 96 % sur l’autre.
Dans cette configuration, les 7,68 kWh offrent déjà une réserve considérable pour un véhicule de loisirs. Une climatisation mobile peut viser un ordre de grandeur d’une dizaine d’heures sans aucun apport solaire, selon sa puissance effective. Avec le panneau de toit de 410 W et les 400 W supplémentaires déployables à l’étape, une partie de cette consommation se récupère ensuite pendant la journée.
Il faut toutefois regarder le revers de la médaille, puisque le FB3840 pèse 37,8 kg. Avec une extension, on approche donc 80 kg, et avec deux on dépasse largement les 115 kg. L’ensemble n’a plus grand-chose de portable et doit être pris en compte dans la charge utile d’un camping-car, où quelques dizaines de kilos suffisent parfois à faire basculer un véhicule hors de son permis. Le principe se retrouve un cran au-dessus sur le test de la FOSSiBOT F7200, dont les modules FB5222 poussent l’ensemble jusqu’à 15,7 kWh.
Le FB3840 n’est pas non plus une seconde F3600 Pro, mais avant tout un accumulateur supplémentaire. Il possède tout de même un USB-A de 18 W, un USB-C de 100 W et une entrée XT60 capable d’accepter jusqu’à 200 W, de quoi le recharger seul au solaire, mais toute la puissance 230 V reste gérée par la station principale.
L’application BrightEMS apporte-t-elle vraiment quelque chose ?
Oui, surtout lorsque la station est rangée dans une soute, un garage ou un local où l’on n’a pas envie de se déplacer pour consulter son écran. La F3600 Pro ajoute le Bluetooth et le Wi-Fi, absents de l’ancienne F3600, et l’appairage s’est montré assez simple.
Après création d’un compte, l’application détecte la station en Bluetooth, puis on lui confie le mot de passe du réseau domestique pour basculer en Wi-Fi. Cette seconde étape n’a rien d’accessoire, car la liaison Bluetooth se perd dès que l’on s’éloigne d’une dizaine de mètres, quand le Wi-Fi permet de garder un oeil sur l’installation depuis n’importe où. L’application affiche ensuite l’état de charge, les puissances d’entrée et de sortie ainsi qu’une estimation du temps restant. Dans le camping-car, nous pouvions ainsi suivre les deux batteries depuis le téléphone sans ouvrir la soute.
Il est également possible d’activer ou de couper séparément les sorties 230 V, 12 V et USB, de piloter l’éclairage et de choisir les modes de fonctionnement. L’application va toutefois plus loin que cette télécommande élémentaire, puisque nous y avons retrouvé le réglage de la veille, les mises à jour du micrologiciel, le journal des défauts, un mode de charge silencieux, la programmation des horaires de recharge et le réglage du courant maximal. Cette dernière option complète intelligemment la molette physique, car sur une alimentation limitée on adapte la charge sans retourner auprès de la station.
Le réglage de la veille mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il explique des extinctions qui paraissent sinon incompréhensibles : les ports USB se coupent après quelques minutes sans consommation, tandis que les sorties 230 V et 12 V patientent plusieurs heures. Nous avons également relevé une petite logique de fonctionnement à connaître : la F3600 Pro peut être arrêtée depuis l’application lorsqu’elle fonctionne seule, mais pas tant qu’une source lui fournit de l’énergie, et le retour de la production solaire peut la réveiller automatiquement.
L’estimation d’autonomie, elle, doit rester une indication. Avec pratiquement aucune charge, l’application annonçait plusieurs jours, puis modifiait brutalement la durée dès qu’une sortie changeait d’état. C’est normal, puisque ce calcul repose sur la consommation instantanée et ne devient pertinent que lorsque la charge se stabilise.
Peut-elle prendre le relais pendant une coupure de courant ?
Oui, mais il faut distinguer la puissance de l’onduleur de celle prévue pour le fonctionnement en secours. La F3600 Pro dispose d’un mode pass-through, c’est-à-dire qu’elle laisse passer le courant du réseau tout en restant prête à prendre le relais, et FOSSiBOT annonce une commutation en moins de 10 ms. La documentation française indique toutefois 2 500 W pour l’usage en secours, alors que l’onduleur fournit 3 600 W lorsque la station travaille normalement sur sa batterie.
Nous n’avons pas instrumenté le temps de bascule à la milliseconde. Nous nous en tiendrons donc à la valeur constructeur plutôt que de prétendre avoir vérifié une transition que notre protocole ne permettait pas de mesurer.
L’usage reste intéressant pour une box internet, un ordinateur, un serveur de stockage, un réfrigérateur ou un congélateur, à condition que la consommation totale reste dans les limites du mode concerné. Avec près de 4 kWh de réserve, la F3600 Pro tient évidemment bien plus longtemps qu’un petit onduleur informatique, qui se contente en général de laisser le temps d’enregistrer un document et d’éteindre proprement une machine.
Pour alimenter une partie ou l’ensemble des circuits fixes d’une maison, il faut en revanche sortir du simple branchement d’appareils sur les prises de la station. Une source autonome ne doit jamais pouvoir se retrouver en parallèle avec le réseau public, ne serait-ce que parce qu’elle renverrait du courant sur une ligne qu’un technicien croit hors tension : une installation fixe passe donc par un dispositif de séparation ou d’inversion de source. Une telle intégration mérite d’être réalisée ou vérifiée par un professionnel, et il n’est en aucun cas question d’alimenter le logement en rebranchant la station sur une prise murale.
Que se passe-t-il lorsque la température descend sous zéro ?
La F3600 Pro continue de fournir de l’énergie par temps froid, mais elle ne possède pas de réchauffage interne permettant de recharger les cellules sous 0 °C. La plage officielle française prévoit une recharge entre 0 et 40 °C, tandis que le fonctionnement en décharge descend jusqu’à -10 °C.
Cette limite n’est pas un caprice de constructeur. Charger une cellule lithium gelée provoque un dépôt de lithium métallique sur l’électrode, qui abîme la batterie de façon définitive et peut la rendre dangereuse ; les systèmes de gestion refusent donc la charge sous zéro, et les modèles conçus pour l’hiver embarquent une résistance qui réchauffe les cellules avant d’accepter le courant. Ce n’est pas le cas ici.
Nous avons retrouvé exactement cette logique à l’usage : sous zéro, la station cesse de prendre la charge pour se protéger. Elle peut continuer à alimenter les appareils dans sa plage de fonctionnement, mais il faut attendre que sa température remonte avant de récupérer la moindre production solaire.
Autrement dit, qui prévoit une installation hivernale permanente dans un garage non isolé, en montagne ou dans un fourgon laissé dehors, doit prendre cette limite au sérieux. Une station de près de 4 kWh qui passe plusieurs heures sous 0 °C peut très bien avoir du soleil au-dessus d’elle et refuser malgré tout de le stocker.
Les 6 500 cycles annoncés veulent-ils dire qu’elle durera vingt ans ?
Pas nécessairement, car le chiffre est élevé mais sa définition mérite d’être précisée. FOSSiBOT utilise des cellules LiFePO4 et annonce plus de 6 500 cycles jusqu’à 50 % de la capacité d’origine. Ce ne sont donc pas 6 500 cycles avant que la batterie ne commence à perdre de l’autonomie, mais 6 500 cycles avant qu’elle n’en ait perdu la moitié.
Cette précision compte dès que l’on compare deux stations, puisque les constructeurs ne retiennent pas tous le même seuil : certains comptent les cycles jusqu’à 80 % de capacité résiduelle, d’autres jusqu’à 70 ou 50 %. Les valeurs ne sont donc jamais directement comparables sans regarder ce qui se cache derrière, et les pages de FOSSiBOT elles-mêmes annoncent selon les cas plus de 6 500 cycles jusqu’à 50 % ou 3 500 cycles jusqu’à 80 %, ce qui décrit d’ailleurs la même courbe de vieillissement lue à deux endroits différents.
Cela reste une chimie bien mieux adaptée aux cycles répétés qu’une batterie lithium NMC, celle des ordinateurs et des premières stations nomades, qui supporte rarement plus de quelques centaines de cycles complets. Le BMS assure de son côté la surveillance de la tension, du courant et de la température, et c’est lui qui coupe avant que l’un des trois ne sorte de sa plage.
Pour le stockage prolongé, mieux vaut ne pas abandonner la batterie déchargée pendant des mois. Le fabricant conseille de ramener régulièrement la charge autour de 80 % lorsque l’appareil reste inutilisé longtemps, une recommandation qui vaut aussi pour le FB3840.
Où se situe-t-elle face aux grosses stations concurrentes ?
La F3600 Pro ne cherche pas à être la station la plus puissante du marché, son argument reste la quantité de stockage et de puissance obtenue pour le prix demandé. Les modèles qui jouent dans la même catégorie le montrent assez bien, chacun ayant choisi d’appuyer sur un curseur différent.
L’EcoFlow DELTA Pro évolue tout près avec 3,6 kWh de capacité et 3 600 W de sortie, tout en s’intégrant dans un écosystème capable d’aller beaucoup plus loin, jusqu’à une vingtaine de kilowattheures et un raccordement au tableau électrique. Son entrée photovoltaïque est en revanche donnée pour 1 600 W sur cette génération, contre 2 000 W pour la FOSSiBOT.
L’Anker SOLIX F3800 part elle aussi de 3,84 kWh, mais monte à 6 000 W et accepte jusqu’à 2 400 W de solaire. Elle peut évoluer bien au-delà de 20 kWh, au prix d’un appareil de 60 kg qui s’approche franchement du stockage résidentiel et que plus personne ne songe à déplacer.
Le système BLUETTI AC300 associé à une batterie B300 adopte pour sa part une architecture entièrement modulaire, avec 3 072 Wh pour un premier module, 3 000 W de puissance et 2 400 W de solaire, puis jusqu’à 12 288 Wh avec quatre batteries. La station elle-même ne contient aucune cellule, ce qui allège chaque élément mais impose d’acheter au moins deux boîtiers pour commencer.
La F3600 Pro occupe donc un entre-deux assez confortable. Elle n’offre ni la puissance maximale de l’Anker ni toute l’étendue des écosystèmes domestiques, mais ses 3,84 kWh, ses 3,6 kW, ses 2 kW d’entrée solaire et ses 11,52 kWh d’extension forment un ensemble cohérent, disponible dès le premier achat et sans installation complexe.
Quels sont les principaux défauts après plusieurs mois d’utilisation ?
Le poids reste le défaut le plus évident, mais ce n’est pas le seul point à connaître avant d’acheter. Les autres tiennent moins à des erreurs de conception qu’à des choix assumés, dont il vaut mieux mesurer les conséquences à l’avance.
La molette de charge est une excellente idée, mais l’essai évoqué plus haut n’a pas permis de retrouver les puissances demandées. Ce résultat mérite d’être nuancé plutôt que caché, puisque la station était alors alimentée par une autre station d’énergie et que rien ne désigne lequel des deux appareils limitait le courant.
La ventilation constitue une conséquence inévitable de cette puissance. Dans le camping-car, nous l’avons entendue fonctionner lorsque la F3600 Pro était enfermée sous le lit. Le bruit n’était pas rédhibitoire dans cette situation, mais nous n’avons pas réalisé de mesure en décibels qui permettrait d’en tirer une conclusion plus ferme. Il faut surtout éviter d’obstruer complètement les ouïes de refroidissement, sous peine de voir la station se brider pour se protéger.
L’absence de chauffage des cellules, déjà évoquée, sera plus gênante pour une utilisation hivernale à l’extérieur. De même, une fois une ou deux FB3840 ajoutées, il devient difficile de considérer l’ensemble comme une solution que l’on déplace régulièrement.
Enfin, le système reste beaucoup moins intégré à la maison qu’une véritable batterie résidentielle avec compteur communicant, gestion automatique des surplus et injection contrôlée sur l’installation. La F3600 Pro sait stocker beaucoup d’énergie et la restituer puissamment, elle ne transforme pas à elle seule l’installation électrique d’un logement en système énergétique intelligent.
Points forts
- 3 600 W réellement tenus avec plusieurs appareils en parallèle
- Entrée solaire de 2 000 W sur une plage de 12 à 160 V
- Capacité triplable avec deux modules, sans installation fixe
- Roues et poignée télescopique qui rendent le déplacement possible
- Application complète, jusqu’aux horaires de recharge et au courant maximal
- Treize sorties, dont trois prises 230 V et un USB-C de 100 W
Points faibles
- 42 kg seule, plus de 115 kg avec deux extensions
- Aucun réchauffage des cellules, donc pas de recharge sous 0 °C
- Ventilation audible dès que la puissance monte, sans mesure de notre part
- Notre essai de la molette n’a pas retrouvé les puissances demandées
- Aucune gestion automatique des surplus vers les circuits du logement
La FOSSiBOT F3600 Pro vaut-elle le coup ?
Oui, si l’on cherche d’abord beaucoup de capacité, une vraie sortie de 3 600 W et une forte entrée solaire sans passer immédiatement à une installation domestique fixe. C’est surtout la diversité de nos usages qui nous a convaincus.
Dans le garage sans réseau, elle récupère la production solaire pour la restituer plus tard. Dans la maison, elle continue après plus d’un an à absorber une partie de la production photovoltaïque et à alimenter la cuisson. Dans le camping-car, l’ajout d’un FB3840 a permis de centraliser une grande partie du stockage autour d’un ensemble de 7,68 kWh. Et lorsque nous lui avons réellement demandé 3 600 W, elle les a fournis.
Elle ne fait pas disparaître ses compromis pour autant. Ses 42 kg pèsent lourd, ses 3,84 kWh restent insuffisants pour prétendre alimenter une maison entière sans contrainte, la recharge devient impossible sous 0 °C et l’ajout de deux extensions transforme l’appareil en installation de plus de 115 kg.
Elle a au moins le mérite d’être cohérente avec ce qu’elle promet. Les 3 600 W ne sont pas qu’un chiffre de fiche technique, le solaire monte réellement jusqu’à 2 000 W, la capacité peut tripler et l’application apporte des réglages suffisamment poussés pour servir encore après la première configuration. La garantie française est annoncée à 2 ans, auxquels peut s’ajouter une extension de 3 ans, aussi bien pour la F3600 Pro que pour le FB3840.
Notre verdict
La F3600 Pro est une station qui assume sa taille. Elle tient ses 3 600 W sans broncher, avale 2 000 W de solaire et se laisse tripler par deux modules, ce qui en fait une réserve d’énergie sérieuse pour un garage, un atelier, un véhicule aménagé ou une maison qui veut déplacer une partie de sa consommation. En échange, il faut accepter 42 kg, une ventilation que l’on entend et l’impossibilité de la recharger quand il gèle. Si vous cherchez une batterie à emporter à bout de bras, passez votre chemin. Si vous cherchez une réserve que l’on installe et que l’on fait rouler d’un point à un autre, elle tient ses promesses.