Test de la FOSSiBOT F2400 : 2 048 Wh et 2 400 W face à un chauffage électrique

Un sèche-cheveux poussé à 1 600 W, un chauffage approchant 2 000 W, une installation solaire de van : nous avons cherché le point de rupture. Il ne se situe pas où l’on croit.

2 048 WhCapacité annoncée
2 400 WSortie secteur continue
1 600 WRelevé au sèche-cheveux
22 kgPoids constaté

Avec 2 048 Wh de réserve et 2 400 W disponibles en sortie, la FOSSiBOT F2400 quitte la catégorie des batteries d’appoint que l’on emporte pour recharger trois téléphones et une lampe. À ce niveau, un réfrigérateur, un poste informatique, de l’outillage ou une cafetière ne posent plus de question de principe, si bien que la vraie inconnue se déplace ailleurs : jusqu’où peut-on la pousser, et pendant combien de temps tient-elle ?

Nous l’avons donc soumise à deux régimes opposés. D’un côté un usage domestique tranquille, autour de deux cents watts, celui d’une soirée sans électricité. De l’autre un sèche-cheveux poussé au maximum, un chauffage approchant les 2 000 W et une installation solaire de van pendant plusieurs journées grises. C’est cette amplitude, davantage encore que le chiffre inscrit sur la fiche technique, qui s’est révélée son argument le plus solide.

Elle conserve en revanche les contraintes de sa catégorie. Ses 22 kg la rendent déplaçable, certainement pas nomade au sens d’une batterie de 500 ou 1 000 Wh, tandis que son entrée solaire plafonnée à 500 W commence à dater face aux stations récentes qui acceptent le double, voire davantage. Il faut donc la regarder pour ce qu’elle est, une grosse réserve d’énergie simple et puissante, faite pour rester au même endroit la plupart du temps.

La fiche technique en un coup d’œil

CaractéristiqueFOSSiBOT F2400
Batterie et capacité
Capacité2 048 Wh, cellules LiFePO₄
Durée de vie annoncéeplus de 4 000 cycles à 80 % de la capacité
Capacité extensiblenon
Sortie
Puissance secteur2 400 W continus, 4 800 W de pic
Prises secteur3, onde sinusoïdale pure
Ports USB2 USB-A 18 W, 2 USB-C 20 W, 2 USB-C 100 W
Sorties 12 Vallume-cigare 10 A, XT60 25 A, 2 DC5521 3 A
Recharge
Entrée secteur1 100 W, réglable de 300 à 1 100 W
Entrée solaire500 W, MPPT, prise XT90, 11,5 à 50 V
Secteur et solaire cumulés1 600 W
Durées de recharge annoncées2 h sur secteur, 4 h en solaire, 1 h 30 en cumulé
Secours et pilotage
Mode UPSoui, basculement annoncé à 10 ms ou moins
Charge et décharge simultanéesoui
ApplicationBluetooth et Wi-Fi
Encombrement et environnement
Dimensions38,6 × 28,4 × 32,1 cm
Poids22 kg
Températures annoncéescharge de 0 à 40 °C, usage de -10 à 40 °C

Chiffres annoncés par FOSSiBOT. Les valeurs que nous avons mesurées nous-mêmes sont signalées comme telles dans les sections qui suivent.

FOSSiBOT F2400

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Peut-on encore parler de station portable avec 22 kg ?

Oui, à condition d’entendre portable au sens de déplaçable. La F2400 mesure 38,6 × 28,4 × 32,1 cm et pèse 22 kg, ce qui reste assez compact pour se glisser dans un caisson de van, dans un coffre ou sous un établi. Les déplacements répétés, en revanche, ne font pas partie de ses talents, et personne ne la portera sur cent mètres de bon cœur.

Station électrique portable FOSSiBOT F2400 vue de côté

Les deux grandes poignées latérales changent heureusement beaucoup de choses au moment de la soulever. La prise est franche, la masse reste équilibrée entre les deux mains et quelques mètres se franchissent sans acrobatie. Dans un van, une fois son emplacement trouvé, nous préférons pourtant la laisser en place plutôt que de la sortir et de la rentrer chaque jour, car c’est précisément ce genre de manipulation quotidienne qui finit par lasser.

Son poids devient d’ailleurs un allié dès qu’elle ne bouge plus. Une station de cette masse ne glisse pas au premier virage, ne se renverse pas quand on tire sur un câble un peu sec et n’a pas besoin d’être sanglée à la moindre secousse. C’est un avantage que les petites batteries de 10 kg n’offrent jamais, elles qui se promènent dans le coffre à chaque freinage.

Où l’installer pour qu’elle respire ?

Sur un support stable, à l’abri de l’humidité et avec de l’air autour d’elle. Les pieds en caoutchouc l’empêchent de riper, et le dessus intègre un rangement pour les câbles, détail anodin sur le papier mais très pratique dès lors qu’il faut conserver ensemble le câble secteur, le cordon de recharge sur allume-cigare et l’adaptateur des panneaux solaires.

Les connecteurs sont protégés par des bouchons en caoutchouc. Il ne faut surtout pas y lire une certification d’étanchéité : FOSSiBOT parle d’une protection contre la poussière et les éclaboussures du quotidien, ce qui n’a rien à voir avec un indice IP. La F2400 doit donc rester à l’abri de la pluie, et même simplement de l’humidité d’un garage mal ventilé.

Les grilles de ventilation réparties sur les flancs rappellent enfin qu’elle a besoin d’une circulation d’air correcte, en particulier pendant une recharge rapide où l’électronique de puissance chauffe franchement. La coincer entre deux parois sans dégagement serait la pire idée possible. Le constructeur annonce par ailleurs un fonctionnement de -10 à 40 °C, mais une recharge seulement entre 0 et 40 °C, nuance dont nous reparlerons plus loin puisqu’elle compte beaucoup en hiver.

La connectique remplace-t-elle l’installation électrique d’un van ?

Pour une majorité d’usages, oui, et c’est probablement là que la F2400 se montre la plus convaincante. Les sorties se répartissent en blocs que l’on active séparément, si bien que l’on peut couper l’onduleur tout en laissant les prises 12 V alimentées, au lieu de faire tourner inutilement la conversion en 230 V.

Prises et branchements sur le flanc de la FOSSiBOT F2400

La version européenne dispose de trois prises secteur, qui se partagent les 2 400 W de l’onduleur. À cela s’ajoutent deux ports USB-A, quatre USB-C dont deux capables de 100 W, une prise allume-cigare, une sortie XT60 et deux prises DC5521, soit treize sorties au total. Dans un véhicule aménagé, cette partie basse tension change la vie : pompe à eau, éclairage et petits équipements restent raccordés en 12 V sans monopoliser les prises secteur ni imposer une double conversion.

Ce détail n’est pas qu’une commodité de branchement. Chaque passage par l’onduleur coûte du rendement, de l’ordre de dix pour cent selon les données du constructeur, auxquels s’ajoute la consommation propre de la station lorsqu’elle maintient ses 230 V pour presque rien. Alimenter directement en 12 V ou en USB, c’est donc récupérer une part de cette énergie perdue, ce qui compte sur plusieurs jours d’autonomie.

Un ordinateur portable se recharge-t-il sans son chargeur ?

Oui, et c’est l’un des branchements les plus propres que permet la F2400. Nous avons raccordé un ordinateur portable complètement déchargé directement sur l’une des sorties USB-C, sans passer par son bloc d’alimentation. La station affichait environ 35 W machine éteinte, puis approchait 60 W une fois l’ordinateur démarré, tout en continuant à remplir sa batterie.

Ensemble de la connectique de la FOSSiBOT F2400

Pour tout appareil compatible USB-C Power Delivery, la manœuvre évite un chargeur encombrant, une prise secteur mobilisée et la conversion en 230 V évoquée plus haut. Les deux ports de 100 W suffisent à la grande majorité des ordinateurs portables, y compris ceux qui réclament une puissance élevée en pointe.

La limite est simple à cerner : elle concerne les machines dépourvues de charge par USB-C, encore nombreuses dès que l’on remonte de quelques années. Pour celles-là, il faut conserver le chargeur d’origine et occuper une prise secteur, ce qui reste possible mais fait travailler l’onduleur pour une soixantaine de watts.

L’écran et la molette donnent-ils les bonnes informations ?

L’écran reste sommaire, mais il affiche exactement ce dont on a besoin au moment où on en a besoin. Quatre informations tiennent la dalle : la puissance qui entre, la puissance qui sort, le niveau de batterie et une estimation d’autonomie recalculée en permanence selon la charge du moment.

C’est cette dernière ligne qui fait la différence à l’usage. Quand on passe d’un ordinateur de quelques dizaines de watts à un chauffage de plus de 1 000 W, voir l’autonomie chuter de dix heures à une heure et quart en direct est autrement plus parlant qu’une jauge en pourcentage, qui laisse le calcul mental à l’utilisateur. La molette placée à côté sert quant à elle à choisir la puissance de recharge, un réglage sur lequel nous revenons plus bas.

FOSSiBOT annonce également le pilotage par application, en Bluetooth et en Wi-Fi, avec la commande des ports à distance et la programmation de la charge. Nous avons conduit l’essai depuis la façade de la station, sans passer par le téléphone, si bien que nous préférons ne rien affirmer sur la qualité de cette application.

Que peut-on réellement brancher avec 2 400 W ?

Beaucoup plus que ce qu’accepte une station d’entrée de gamme, y compris des appareils chauffants qui mettent d’ordinaire les petites batteries en défaut. Notre première installation tournait autour de 216 W avec un vidéoprojecteur et ses périphériques, un régime auquel la F2400 travaille sans effort et où l’autonomie se compte en heures. C’est aussi le profil d’une soirée de coupure : téléviseur, box Internet, éclairage et petits appareils peuvent tenir longtemps avant d’entamer sérieusement les 2 048 Wh.

Les puissances relevées sur l’écran de la station, appareil par appareil :

  • Vidéoprojecteur et périphériques : environ 216 W
  • Cafetière : environ 1 100 W
  • Ponceuse : environ 630 W, pour 950 W attendus
  • Sèche-cheveux : 900 W, 1 360 W puis environ 1 600 W selon le réglage
  • Chauffage électrique : 1 000 à 1 100 W en position basse, environ 2 000 W en position haute

La cafetière et la ponceuse n’ont posé aucune difficulté, l’écart entre les 950 W attendus de l’outil et les 630 W effectivement consommés rappelant au passage qu’une puissance inscrite sur une étiquette correspond rarement au régime de travail. Le sèche-cheveux s’est révélé bien plus instructif : à pleine puissance, aux alentours de 1 600 W, la station ne bronche pas davantage. Avec environ 70 % de batterie restante et une consommation comprise entre 1 500 et 1 800 W, l’écran annonçait encore quarante-quatre minutes.

Ce chiffre dit aussi la limite de l’exercice. Alimenter un appareil de 1 600 W ne signifie pas qu’il soit raisonnable de le laisser tourner des heures, puisqu’une réserve de 2 kWh se vide d’autant plus vite que la charge est élevée. La puissance disponible et la quantité d’énergie stockée sont deux choses distinctes, et c’est la seconde qui commande la durée.

Peut-elle faire fonctionner un chauffage électrique ?

Oui, y compris autour de 2 000 W, mais l’autonomie devient alors le seul sujet. Nous avons commencé avec un convecteur réglé en position basse, entre 1 000 et 1 100 W selon les cycles du thermostat. L’écran annonçait soixante-dix-huit minutes restantes dans les conditions de l’essai, et la station a tenu ce régime sans coupure ni comportement anormal.

Le passage en position haute est plus parlant encore. Aux environs de 2 000 W, l’onduleur reste parfaitement stable, ce qui autorise un dépannage réel dans un atelier, un van ou une pièce privée de courant. Encore faut-il accepter l’arithmétique : à cette puissance, l’équivalent de la capacité nominale part en un peu plus d’une heure, avant même de compter les pertes de conversion. FOSSiBOT retient d’ailleurs un rendement de l’ordre de 85 % pour estimer l’autonomie de sa station, ce qui ramène la réserve utile aux alentours de 1 740 Wh.

Autrement dit, la F2400 peut alimenter un chauffage, mais elle ne peut pas chauffer un logement toute une nuit. En hiver, nous réservons donc cette énergie aux appareils que l’on ne peut pas remplacer, et c’est précisément là que les 2 048 Wh prennent leur sens dans un van : quand plusieurs journées grises se succèdent, cette réserve apporte une marge qu’une station d’un kilowattheure n’offre pas.

Que se passe-t-il lorsqu’on dépasse ses limites ?

La station protège correctement son onduleur, mais son comportement devient moins prévisible quand plusieurs gros appareils tirent en même temps. Nous avons volontairement combiné le chauffage et le sèche-cheveux. Autour de 2 000 W cumulés, tout fonctionnait encore normalement. En montant la demande, le sèche-cheveux s’est mis à fonctionner par intermittence tandis que le chauffage restait alimenté sans broncher.

Nous avons poussé plus loin en ajoutant un grille-pain. Le sèche-cheveux s’est alors coupé pendant que les autres appareils continuaient, et la consommation affichée a logiquement baissé, signe qu’au moins une sortie n’était plus servie normalement. Il serait toutefois hasardeux d’en conclure que la F2400 hiérarchise intelligemment les appareils qui lui sont raccordés, car rien n’indique que cet ordre se reproduise d’une configuration à l’autre.

Ce que montre surtout cet essai, c’est qu’un dépassement ne provoque pas nécessairement une extinction franche et propre de l’ensemble. En pratique, mieux vaut donc rester sous les 2 400 W continus plutôt que de compter sur les protections pour arbitrer. Celles-ci existent bel et bien : l’onduleur délivre une onde sinusoïdale pure, un BMS surveille la surcharge, la décharge excessive, le court-circuit et la température, et le constructeur annonce un pic de 4 800 W pour encaisser les appels de courant au démarrage d’un moteur, celui d’un compresseur de réfrigérateur par exemple.

Les 2 048 Wh suffisent-ils pour plusieurs jours ?

Tout dépend des appareils, mais cette capacité donne une autonomie crédible dès que l’on écarte le chauffage électrique. Dans un van, c’est le scénario qui lui correspond le mieux : une pompe à eau, quelques lampes, des téléphones, un ordinateur, un appareil photo et un petit réfrigérateur ne sollicitent pas la batterie comme une plaque électrique utilisée en continu.

L’ordre de grandeur se calcule facilement à partir des repères du constructeur, qui table sur environ 85 % de la capacité réellement exploitable : une charge de 500 W tient dans ces conditions autour de trois heures vingt, une charge de 1 000 W une heure et trois quarts, tandis qu’un réfrigérateur consommant 60 W en moyenne dépasse les vingt heures. C’est cette dernière ligne qui décide de l’usage en autonomie.

L’intérêt devient net en hiver. Avec 400 W de panneaux sur le toit d’un van, plusieurs journées sous un ciel bas réduisent fortement la récolte, et quatre ou cinq mauvaises journées d’affilée suffisent à rendre la situation inconfortable avec une petite station. Les 2 048 Wh de la F2400 ne créent évidemment pas d’énergie supplémentaire, mais ils augmentent la réserve accumulée entre deux belles journées, ce qui revient à moins dépendre du soleil du lendemain.

La recharge solaire de 500 W est-elle suffisante ?

Elle reste cohérente avec une installation de van modeste, mais c’est aujourd’hui la principale limite de la F2400. Le contrôleur MPPT accepte jusqu’à 500 W par une prise XT90, dans une plage de 11,5 à 50 V et 20 A, ce qui laisse le choix entre le montage en série et le montage en parallèle selon les panneaux dont on dispose.

Lors de notre essai avec un panneau de 200 W, nous avons relevé environ 140 W entrant réellement dans la batterie. Rien d’anormal à cela : la puissance nominale d’un panneau se mesure en conditions de laboratoire, alors que l’orientation, la hauteur du soleil, la température de la cellule et le moindre voile nuageux font varier le rendement en permanence. Avec 500 W effectivement disponibles, le constructeur annonce une recharge complète en quatre heures environ, durée qu’il faut mentalement allonger puisque des panneaux restent rarement plusieurs heures à leur puissance maximale.

Pour un van équipé de 400 W de panneaux, ce plafond ne gêne donc pas. Il devient contraignant sur une installation fixe ou semi-fixe, où l’on voudrait aligner 800 ou 1 000 W afin de récupérer vite pendant les courtes fenêtres d’ensoleillement hivernal. C’est le domaine où l’âge de la F2400 se sent le plus, face à des stations de capacité comparable qui acceptent bien davantage, à commencer par la FOSSiBOT F3600 Pro et ses 2 000 W d’entrée solaire, la FOSSiBOT F7200 et ses 3 700 W répartis sur deux entrées, ou face à une batterie Zendure pensée pour stocker la production d’une installation résidentielle.

Faut-il vraiment moins de deux heures pour la recharger sur secteur ?

Oui, et la molette de réglage de la puissance d’entrée est sans doute la meilleure idée de cette station. Le maximum n’est en effet pas toujours souhaitable : sur une installation électrique limitée, dans un camping où le disjoncteur ne pardonne rien, ou simplement quand on ne veut pas entendre les ventilateurs, pouvoir descendre la puissance absorbée vaut mieux que d’imposer la charge maximale.

Les cinq niveaux de recharge secteur et les durées annoncées par FOSSiBOT pour un plein complet :

  • 1 100 W : environ 2 heures
  • 900 W : environ 2 heures 40
  • 700 W : environ 3 heures 30
  • 500 W : environ 4 heures 30
  • 300 W : environ 7 heures

La station accepte par ailleurs de cumuler secteur et solaire, pour une puissance d’entrée pouvant atteindre 1 600 W, et la recharge complète descend alors aux environs d’une heure et demie dans des conditions idéales. Dans un van, nous apprécions enfin un détail bien plus terre à terre : la prise secteur reste accessible sur le côté. Quand la station est installée contre une paroi, il n’y a pas besoin de déplacer 22 kg pour brancher un câble, on tire une rallonge et l’affaire est réglée.

Les ventilateurs se font-ils oublier ?

Pas pendant une charge rapide, où ils deviennent franchement audibles. Le bruit reste acceptable et ne dure que le temps de la recharge, mais nous éviterions malgré tout d’installer la F2400 à côté d’un lit si elle doit absorber 1 100 W en pleine nuit, ce qui est exactement le cas de figure d’un van branché sur une borne de camping.

C’est là que la molette évoquée plus haut reprend tout son intérêt. Descendre l’entrée à 500 W allonge la recharge d’environ deux heures et demie, mais fait aussi baisser la chaleur à dissiper, donc le régime des ventilateurs. Pour une nuit entière passée sur une borne, le compromis est vite trouvé, puisque personne n’a besoin d’un plein en deux heures quand la station reste branchée jusqu’au matin.

Peut-elle servir d’alimentation de secours à la maison ?

Oui, son mode UPS maintient les appareils sensibles alimentés le temps d’une coupure. La F2400 accepte la charge et la décharge simultanées, ce qui lui permet de rester intercalée entre le secteur et les équipements à protéger, puis de basculer sur sa batterie quand le courant disparaît. Le constructeur annonce un temps de commutation inférieur ou égal à dix millisecondes, largement suffisant pour qu’une box, un ordinateur ou un serveur domestique ne redémarrent pas.

Nous la voyons toutefois comme une alimentation de secours et non comme un système domestique : la capacité n’est pas extensible par des batteries additionnelles, si bien que les 2 048 Wh finissent par imposer leur limite lors d’une coupure prolongée. Pour une installation pensée dès le départ pour produire et stocker à demeure, c’est plutôt vers une solution raccordée à la maison qu’il faut regarder, comme celle décrite dans notre test de la Sunology Storey.

Un réfrigérateur domestique fonctionne pour sa part sans difficulté, ce qui nous paraît finalement bien plus utile qu’un chauffage de 2 000 W. Lors d’une coupure de plusieurs heures, préserver le froid, la connexion Internet, quelques lampes et la recharge des téléphones exploite la capacité disponible mieux que n’importe quel appareil chauffant.

La batterie LiFePO₄ est-elle un vrai avantage ?

Oui, surtout si la station doit servir régulièrement pendant des années. Cette chimie convient particulièrement aux grosses réserves d’énergie, où la longévité prime sur la recherche du poids minimal. FOSSiBOT annonce plus de 4 000 cycles avant que la capacité ne descende vers 80 % de sa valeur initiale, soit près de dix ans à raison d’un cycle complet par jour.

Cela ne veut évidemment pas dire qu’elle s’arrête de fonctionner à ce stade : elle stocke simplement moins d’énergie qu’à l’état neuf, et continue son service. Pour un van, un atelier ou une alimentation de secours régulièrement sollicitée, cette endurance pèse infiniment plus lourd dans la balance qu’une différence de quelques centaines de grammes à l’achat.

Le revers se sent dès qu’on la soulève, puisque 2 048 Wh de cellules, un onduleur de 2 400 W, l’électronique de puissance et le refroidissement aboutissent à ces 22 kg. Une contrainte moins connue mérite par ailleurs d’être rappelée : la recharge n’est annoncée qu’entre 0 et 40 °C, alors que la décharge descend à -10 °C. Dans un van garé dehors en plein hiver, la station peut donc alimenter les appareils au petit matin sans pour autant accepter le courant des panneaux tant qu’elle n’est pas remontée au-dessus de zéro.

Quels défauts apparaissent au quotidien ?

Le poids et l’entrée solaire limitée dominent, mais quelques détails rappellent aussi qu’il ne s’agit pas d’une station de dernière génération. Les 22 kg rendent illusoire l’idée de la transporter souvent : les poignées sont bonnes, elles ne changent rien à la masse. Une fois posée dans un van, un atelier ou un placard, le problème disparaît de lui-même.

La capacité, ensuite, n’est pas extensible. Si les 2 048 Wh ne suffisent plus, aucune batterie additionnelle ne viendra doubler ou tripler le stockage, ce qui la distingue nettement des stations récentes conçues comme des systèmes modulaires. Il manque également une sortie 19 V dédiée, si bien qu’un ordinateur non compatible USB-C impose de ressortir son chargeur et d’occuper une prise secteur.

Autre agacement, l’extinction automatique. Après une période sans consommation, la station se coupe, et il faut la rallumer à la main quand on rebranche un appareil. Le comportement est documenté par le constructeur, qui annonce une coupure au bout de cinq minutes sur l’alimentation principale et les ports USB, et de huit heures sur les sorties secteur et 12 V. Ces délais se modifient depuis l’application, mais en l’état ils retirent un peu du confort du branchement que l’on oublie.

Enfin, les prises secteur ne doivent pas être confondues avec celles d’une installation domestique sous prétexte qu’elles en reprennent le format. Pour un usage fixe ou avec des équipements particuliers, les précautions propres aux stations électriques portables restent de mise, à commencer par le respect des puissances et l’absence de raccordement au tableau électrique du logement.

Les points forts

  • 2 048 Wh dans un format qui tient dans un caisson de van
  • 2 400 W continus, suffisants pour l’outillage et les appareils chauffants
  • Treize sorties activables par blocs, dont quatre en 12 V
  • Recharge secteur réglable de 300 à 1 100 W
  • Batterie LiFePO₄ annoncée à plus de 4 000 cycles
  • Mode UPS et charge simultanée

Les points faibles

  • 22 kg, à installer une fois pour toutes
  • Entrée solaire plafonnée à 500 W
  • Capacité non extensible
  • Pas de sortie 19 V dédiée
  • Extinction automatique à rallumer à la main
  • Ventilateurs audibles en charge rapide

Faut-il l’acheter ?

Elle s’adresse à qui cherche beaucoup d’énergie et une forte puissance de sortie sans avoir besoin d’un système évolutif. Ses 2 048 Wh font passer la station du statut de batterie de recharge à celui de petite alimentation autonome, tandis que les 2 400 W autorisent la cafetière, l’outillage, le sèche-cheveux et même le chauffage d’appoint sans se demander à chaque branchement si l’onduleur va suivre.

C’est dans un van que l’ensemble nous paraît le plus cohérent. Les sorties 12 V évitent les adaptateurs inutiles, les ports USB-C alimentent l’électronique en direct, les trois prises secteur restent libres pour les appareils exigeants et la grosse réserve apporte de la marge quand plusieurs journées couvertes plombent la production solaire.

Elle n’est pourtant pas parfaite. Ses 22 kg imposent de lui trouver une place définitive, les 500 W d’entrée solaire paraissent modestes face aux meilleures stations actuelles et l’absence de batterie d’extension ferme la porte à toute évolution. Pour alimenter régulièrement un chauffage électrique ou bâtir une installation solaire ambitieuse, nous chercherions donc ailleurs.

Notre verdict

Après avoir dépassé 1 500 W avec un sèche-cheveux, approché 2 000 W avec un chauffage et vécu plusieurs semaines avec ses 2 kWh de réserve, ce ne sont finalement pas les 2 400 W qui nous marquent le plus. C’est la liberté de passer d’un ordinateur de soixante watts à un appareil très gourmand sans changer de station, ni craindre la coupure. Pour garder un réfrigérateur au froid, travailler, alimenter un van ou disposer d’une réserve de secours à la maison, la proposition tient parfaitement la route. Pour faire mieux, il faut viser une machine plus récente, plus chère et plus évolutive.

FOSSiBOT F2400

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