Test du Segway Navimow X420 : ses roues avant directrices changent les demi-tours

Plusieurs semaines sur un terrain de 900 m² plein de creux, de bosses et de pentes. Ce sont ses manoeuvres, pas ses 2 000 m², qui le rendent intéressant.

43 cmLargeur de coupe annoncée
18 minPour 100 m², relevé
42 %Pente où il pivote encore
15 WEn veille, relevé

Les quatre roues motrices s’installent peu à peu sur le haut de gamme des robots tondeuses, mais rares sont les machines qui poussent l’idée jusqu’à faire pivoter leurs roues avant. Le Segway Navimow X420 ne se contente pas d’entraîner ses quatre roues : celles de l’avant s’orientent presque indépendamment l’une de l’autre, au point de lui permettre de tourner sur lui-même sans racler la pelouse. L’intention se résume en une phrase, garder la motricité d’un 4×4 sans labourer l’herbe à chaque demi-tour.

Le reste de la fiche suit la même logique : une largeur de coupe de 43 cm obtenue avec deux plateaux, une hauteur réglable de 2 à 9,5 cm, trois caméras qui couvrent les alentours du robot à 360° et un positionnement RTK capable de passer par le réseau mobile, sans imposer la moindre antenne plantée au milieu du jardin. Segway annonce par ailleurs des pentes atteignant 84 %, soit environ 40°, et le franchissement d’obstacles jusqu’à 7 cm. Sur le papier, la machine vise 2 000 m², quand notre terrain en compte 900. Les X430 et X450 poussent respectivement cette limite à 3 000 et 5 000 m², essentiellement grâce à des batteries plus grosses.

La surface ne raconte pourtant qu’une partie de l’histoire. Un jardin de 900 m² criblé de creux, de bosses, de dévers et de passages étroits demande davantage qu’une pelouse plane de 2 000 m², et c’est précisément là que ce robot devient intéressant. Après plusieurs semaines d’usage, ses roues avant directrices ressortent comme sa meilleure idée : elles lui permettent de manoeuvrer avec une précision inattendue malgré son gabarit, tout en effaçant une bonne partie des marques laissées par les demi-tours. Tout n’est pas parfait pour autant, et trois défauts méritent d’être connus avant de commander.

La fiche technique du Segway Navimow X420

CritèreSegway Navimow X420
Terrain et motricité
Surface recommandée2 000 m²
TransmissionQuatre roues motrices, contrôle de traction
DirectionRoues avant directrices, système Xero-Turn
Pente annoncée84 %, soit environ 40°
Franchissement annoncéJusqu’à 7 cm
Système de coupe
Largeur de coupe43 cm, deux plateaux
Lames12, six par plateau
Moteurs de coupeDeux de 180 W
Hauteur de coupe2 à 9,5 cm, réglable depuis l’application
Vitesse maximale0,8 m/s, soit 48 m/min
Navigation
PositionnementRTK triple fréquence, par réseau ou par antenne
VisionTrois caméras, couverture 360°
Câble périphériqueAucun
Zones cartographiablesJusqu’à 120
Obstacles reconnusPlus de 200 catégories annoncées
Énergie
Batterie25,9 V, 10 Ah
Autonomie annoncéeEnviron 90 min, 675 m² par charge
Recharge annoncéeEnviron 1 h 15
Puissance de charge224 W
Encombrement et services
Dimensions annoncées85 × 61 × 35,1 cm
Poids28,8 kg
Indice de protectionIP66
ConnectivitéWi-Fi, Bluetooth, 4G incluse un an puis 29,90 € par an
Ce que nous avons mesuré
Surface de notre jardin900 m²
Zone d’essai de 100 m²Environ 18 min et 6 % de batterie
Pentes réellement testées35 et 42 %
Largeur mesurée aux lamesEnviron 44 cm
Bande laissée devant un mur15 à 20 cm
Consommation en veilleEnviron 15 W

Sauf mention contraire, ces chiffres sont annoncés par Segway. Les valeurs du dernier bandeau viennent de nos propres relevés, détaillés dans les sections qui suivent.

Segway Navimow X420

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Le Navimow X420 est-il aussi imposant qu’il en a l’air ?

Oui, et c’est le premier point à mesurer avant de commander. Segway annonce 85 cm de long pour 61 cm de large, et notre mètre confirme environ 84 cm hors tout, mesurés au niveau extérieur des roues. Ce n’est pas une machine faite pour se glisser entre deux massifs séparés de quelques dizaines de centimètres, et ses 28,8 kg se rappellent à vous dès qu’il faut le déplacer. Une grosse poignée équipe bien l’arrière, mais nous avons rapidement pris l’habitude de le conduire depuis l’application plutôt que de le porter.

Le dessous explique une partie de cet encombrement, puisque deux plateaux de coupe y sont installés côte à côte. La largeur revendiquée atteint 43 cm et nous avons relevé environ 44 cm entre les extrémités des lames, ce qui donne une marge considérable pour entretenir 900 m² et réduit nettement le nombre d’allers-retours.

Les quatre roues sont motrices et disposent chacune de leur propre entraînement, tandis que celles de l’avant ajoutent une particularité autrement plus intéressante : elles s’orientent. Elles accompagnent les virages ou se placent en V lorsque le robot veut pivoter sur place.

S’ajoute à cela un débattement important. En soulevant franchement un côté de la machine, trois roues peuvent rester en contact avec le sol, une articulation qui prend tout son sens dès que les quatre appuis ne se trouvent pas à la même hauteur, ce qui arrive sans arrêt dans un jardin un peu bosselé.

Les roues avant directrices changent-elles quelque chose ?

Oui, et c’est la fonction qui le sépare le plus des autres robots tondeuses à quatre roues motrices. Une transmission intégrale apporte de l’adhérence, mais elle ne règle pas la question du demi-tour, qui reste le moment où un robot abîme le plus la pelouse.

Roues avant légèrement braquées du robot tondeuse Segway Navimow X420

Sur beaucoup de machines à transmission intégrale, les roues d’un côté tournent dans un sens pendant que celles de l’autre côté tournent en sens inverse. Le robot pivote, mais ses pneus glissent latéralement sur l’herbe, et il suffit de répéter la manoeuvre plusieurs fois au même endroit sur un gazon humide pour voir apparaître des marques. Le système que Segway appelle Xero-Turn procède autrement, puisque les roues avant changent d’orientation pour accompagner la rotation : elles se placent en V, puis suivent le mouvement au lieu de racler le sol en travers. Nous l’avons constaté sur les autres 4×4 récents, comme le Dreame A3 AWD Pro 3500, où la même manoeuvre s’obtient par glissement.

Cela se remarque surtout pendant les changements de ligne. Le robot peut boucler un virage très court, mais il choisit parfois une courbe plus large afin de préserver le gazon, quitte à sauter momentanément une parallèle pour y revenir plus tard. Son trajet paraît alors moins méthodique quand on le regarde travailler, alors que la logique est limpide : il préfère la qualité de la manoeuvre à l’ordre parfait des bandes de tonte.

Sur notre terrain de 900 m², cette mécanique compte davantage que la capacité maximale de 2 000 m². Nous n’avons aucun besoin qu’il puisse entretenir deux fois notre surface, tandis que ses manoeuvres se répètent à chaque extrémité de chaque ligne, plusieurs centaines de fois par tonte.

Les quatre roues motrices servent-elles sur un terrain de 900 m² ?

Oui, dès que ces 900 m² cessent d’être plats et réguliers. Segway annonce une capacité de travail sur des pentes atteignant 84 %, soit environ 40°, un chiffre que plusieurs observateurs rapprochent davantage d’un franchissement ponctuel que d’une inclinaison tenue pendant toute une tonte.

Le robot tondeuse Segway Navimow X420 en montée sur une pente

Nous sommes restés loin de cette limite, avec des pentes mesurées à 35 et 42 %. Monter ou descendre ne lui pose aucune difficulté, si bien que nous avons compliqué l’exercice en lui demandant de travailler transversalement, puis d’effectuer ses demi-tours directement dans la pente.

C’est là que l’association entre transmission intégrale et roues directrices prend son sens. Au milieu d’une pente à 35 %, le robot change de direction sans partir en travers et sans faire patiner ses roues. Même à 42 %, nous avons pu le faire pivoter sur lui-même en pilotage manuel, les roues avant en V et les quatre pneus toujours en prise. Sur une pelouse inclinée, le résultat est bien plus propre qu’un demi-tour obtenu par glissement.

Un contrôle de traction complète l’ensemble en détectant le patinage. Nous l’avons laissé actif en permanence, car sur un sol meuble il vaut mieux que le robot interrompe sa tentative plutôt que de creuser progressivement deux ornières au même endroit.

Qu’est-ce qui finit par l’arrêter sur un terrain accidenté ?

Ce n’est pas la motricité, c’est la garde au sol arrière. Dans une zone particulièrement tourmentée de notre jardin, une roue descendait dans un creux pendant que les autres restaient nettement plus haut. Le débattement des suspensions absorbait une bonne partie de l’écart, jusqu’au moment où la partie arrière du châssis est venue s’appuyer sur le terrain.

Arrière du robot tondeuse Segway Navimow X420 et sa garde au sol

Le robot s’est immobilisé à cet endroit alors que ses roues disposaient encore d’assez d’adhérence pour continuer, ce qui en dit long sur la façon de lire une fiche technique. Segway annonce un franchissement d’obstacles de 7 cm et la machine encaisse des creux impressionnants, mais ces chiffres ne signifient pas qu’elle traverse n’importe quelle cassure de terrain.

Les mesures sont éloquentes. À l’avant, le pare-chocs laisse environ 7 cm de garde au sol à son point le plus bas, quand certaines parties arrière descendent plutôt autour de 4 à 5 cm. Sur une bosse marquée combinée à un creux latéral, ce sont elles qui viennent frotter en premier.

Nous ne toucherions évidemment pas au châssis d’un appareil sous garantie pour régler la question. En revanche, si une zone précise provoque systématiquement ce blocage, quelques pelletées de terre pour adoucir la cassure restent la solution la plus raisonnable.

Peut-on l’installer sans planter d’antenne RTK dans le jardin ?

Oui, à condition de disposer de la couverture mobile qui va avec. Le X420 s’appuie sur un positionnement RTK triple fréquence, et Segway permet d’exploiter un réseau de correction RTK par la connexion mobile du robot plutôt que par une balise locale.

Dans cette configuration, aucune antenne supplémentaire n’a besoin d’être installée au milieu de la pelouse. On pose la station au sol, on place le robot dessus, puis la suite se règle dans l’application Navimow. Une antenne RTK physique reste néanmoins fournie dans la boîte, prête à prendre le relais lorsque le réseau nécessaire n’est pas disponible ou lorsque la configuration du terrain impose une installation locale. Laisser les deux voies ouvertes est une bonne idée, car aucune des deux ne convient partout.

Une contrainte demeure, et elle est importante : le robot lui-même dépend toujours d’une bonne visibilité satellitaire pour donner le meilleur de son positionnement. La station ne peut donc pas être posée n’importe où, et un garage fermé, un hangar ou un emplacement complètement masqué par un bâtiment sont autant de mauvais choix. Nous avons retenu une zone suffisamment dégagée vers le ciel, malgré la présence d’une pergola à proximité.

La station demande-t-elle des précautions particulières ?

Non, sa pose est rapide, mais son emplacement mérite réflexion. La base se pose au sol et le câble d’alimentation offre environ cinq mètres, ce qui laisse une certaine liberté pour rejoindre une prise.

Le transformateur est certifié IP67 et supporte donc une exposition normale à l’extérieur, même si nous éviterions de l’abandonner au sol dans une zone susceptible d’être inondée. Deux fixations permettent justement de le monter contre un mur, ce qui règle la question.

Vue du dessus des boutons et de l'écran du Segway Navimow X420

Nous avons également glissé une protection sous la station. L’intérêt n’apparaît pas au printemps mais au moment de la retirer en fin de saison, quand la terre et la végétation ont eu le temps de s’accumuler sous la base. La station ne se laisse pas non plus dehors dans n’importe quelles conditions pendant l’hiver, en particulier lorsqu’elle risque d’être exposée au gel.

Un détail nous a agacés en revanche : l’écran du robot se lit mal lorsque l’on se tient derrière lui alors qu’il est stationné. Comme une base s’installe souvent contre un mur ou près d’une terrasse, c’est justement de ce côté que l’on vient consulter l’affichage. Rien de grave, mais l’orientation aurait mérité d’être mieux pensée.

Faut-il préférer la cartographie manuelle à la cartographie automatique ?

Roues avant du Segway Navimow X420 complètement braquées en position de pivot

Oui, dès que le jardin possède des limites compliquées. L’application propose deux méthodes : la première laisse le robot reconnaître seul la pelouse et en construire les contours, la seconde transforme le smartphone en télécommande et permet d’amener la machine exactement là où doit passer la limite. C’est cette seconde méthode que nous avons retenue.

Elle demande davantage de temps et surtout un petit apprentissage propre au X420, car ses roues avant directrices rendent la commande gauche-droite extrêmement sensible. Les premiers mètres ne sont pas naturels et il faut accepter de piloter lentement si l’on veut tracer une limite propre.

Une fois le coup de main pris, cette direction devient au contraire un avantage. Le robot suit un mur de très près, négocie un angle serré ou s’avance assez loin sous une haie pendant la création de la carte, ce qu’un châssis à deux roues motrices n’obtient jamais aussi facilement. Autour d’un panneau solaire déclaré comme zone interdite, il a ensuite repris le contour enregistré pratiquement au centimètre près.

Peut-on corriger la carte sans tout recommencer ?

Oui, et c’est l’une des fonctions les plus utiles de l’application. Nous avons justement rencontré un problème dans une partie étroite du jardin où la réception satellite se dégrade : une limite normalement droite s’est trouvée enregistrée avec un léger décrochement.

Plutôt que de ressortir le robot et de refaire toute la zone en pilotage manuel, nous avons corrigé le tracé directement depuis l’application, en sélectionnant la portion concernée puis en redessinant la limite entre deux points. Un stylet aide à gagner en précision, et l’opération prend quelques secondes.

La carte accepte par ailleurs jusqu’à 120 zones, ce qui dépasse très largement nos besoins sur 900 m². Il est possible de créer des zones indépendantes, des exclusions, des passages entre deux pelouses et des secteurs dans lesquels la reconnaissance visuelle du gazon doit être ignorée. Une zone totalement inaccessible depuis la station peut même être cartographiée à part, à condition d’accepter de porter le robot jusqu’à elle à chaque tonte, ce qui reste peu pratique compte tenu de son poids.

Reste-t-il précis quand la réception RTK se dégrade ?

Il s’en sort mieux que nous l’attendions, sans être infaillible. Notre jardin comporte une zone compliquée pour les robots RTK, étroite, bordée par la maison d’un côté et par une haute haie de l’autre. Le voyant du robot y est passé au jaune à plusieurs reprises, signe d’une réception satellite dégradée.

Il n’a pourtant pas perdu son trajet. Il a continué à suivre les limites et ses lignes de tonte avec une précision étonnamment correcte, avant de retrouver une meilleure réception en sortant de la zone. Les trois caméras jouent ici un rôle décisif, puisque la caméra frontale et les deux caméras latérales lui donnent une vision à 360° qui l’aide à comprendre son environnement quand les satellites se font rares.

Le résultat dépend malgré tout du terrain, et la mauvaise réception avait déjà légèrement déformé notre carte au moment de sa création. Le robot n’est pas devenu indépendant des satellites par miracle. Si une grande partie de votre jardin se trouve enfermée entre des murs élevés, sous une végétation dense ou dans une configuration où le ciel reste constamment masqué, la réception RTK est le point à vérifier sérieusement avant l’achat.

Que valent les deux disques et leurs 43 cm de largeur ?

Dessous du robot tondeuse Segway Navimow X420 et ses deux plateaux de coupe

La coupe est propre et surtout extrêmement rapide. Les deux plateaux couvrent 43 cm annoncés, contre 20 à 25 cm sur de nombreux robots équipés d’un disque unique, et l’écart se voit immédiatement sur le temps de travail.

Nous l’avons chronométré sur une zone d’environ 100 m², bordures comprises : 18 minutes ont suffi, pour 6 % de batterie. Sur cette même surface, des robots à disque unique demandent facilement plus d’une heure dans des conditions comparables.

Il serait imprudent d’en déduire qu’il peut multiplier ces 100 m² par seize sur une seule charge, car la consommation varie avec la pente, la hauteur de l’herbe, les obstacles et le nombre de manoeuvres. Segway annonce d’ailleurs 675 m² par charge, un ordre de grandeur cohérent avec ce que nous avons observé. Pour nos 900 m², le constat reste simple : le X420 dispose d’une marge considérable et termine le travail sans monopoliser la pelouse toute la journée.

Sa méthode de tonte est-elle régulière ?

Le résultat l’est davantage que son parcours. Le robot commence par traiter les bordures, avec trois tours périphériques lors de notre essai, puis remplit l’intérieur de la zone avec des lignes parallèles.

Demi-tour du Segway Navimow X420 en montée et en dévers

C’est ensuite que sa trajectoire devient surprenante. Il lui arrive de sauter une ligne, de poursuivre quelques mètres plus loin, puis de revenir terminer la parallèle laissée de côté. Ce comportement découle de ses virages, comme nous l’avons vu plus haut : plutôt que de forcer un demi-tour serré, il choisit parfois une courbe plus large pour préserver le gazon. Sur la majeure partie du terrain, cela ne pose aucun problème, et les bandes finissent couvertes sans qu’aucune zone importante soit oubliée.

Nous avons pourtant rencontré une exception nette. Une même ligne est restée non tondue lors de deux passages successifs dans un secteur précis, sans qu’aucun obstacle évident ne l’explique. La réception satellite peut éventuellement jouer un rôle, mais rien ne permet de l’affirmer, et c’est la répétition au même endroit qui mérite d’être signalée. Le défaut semble davantage logiciel que mécanique et pourrait être corrigé par une mise à jour, sauf que nous jugeons le robot tel qu’il fonctionne aujourd’hui : sa couverture n’a pas été parfaite.

Peut-il rattraper une herbe déjà haute ?

Oui, ses deux disques gardent une réserve de coupe étonnante, même si ce n’est pas sa vocation. Dans une partie du terrain laissée sans entretien depuis longtemps, nous avons trouvé des herbes de 10 à 15 cm. En pilotage manuel, disques activés et hauteur descendue à 3 cm, le robot en est venu à bout sans se mettre en défaut.

Cela ne le transforme pas en débroussailleuse pour autant. Son rôle consiste à entretenir régulièrement une pelouse, pas à récupérer plusieurs centaines de mètres carrés abandonnés pendant des mois, et insister dans ces conditions revient surtout à user les lames.

La plage de réglage est en revanche excellente, de 2 à 9,5 cm directement depuis l’application. Le maximum devient précieux pendant les fortes chaleurs, puisque quelques centimètres supplémentaires protègent le gazon bien mieux qu’une coupe rase qui sèche en quelques jours. À l’autre extrémité, les 2 cm permettent une finition très courte lorsque le terrain et le type de gazon s’y prêtent.

Le Navimow X420 coupe-t-il assez près des bordures ?

Non, et c’est son principal point faible. Les extrémités des lames se trouvent à environ 9 cm du bord du châssis, auxquels s’ajoute la marge de sécurité que le robot conserve lorsqu’il longe un obstacle vertical.

Le calcul est vite fait devant un mur ou une haie : la bande non coupée atteint facilement 15 à 20 cm, quand Segway met en avant une technologie EdgeSense censée ramener la marge sous les 5 cm. L’écart entre l’annonce et le terrain est ici le plus large de tout ce test.

Le Segway Navimow X420 vu de dessus le long d'une allée

Le problème s’efface nettement lorsque la pelouse rejoint une surface plane que le robot peut chevaucher. Le long d’une terrasse ou de dalles posées au niveau de l’herbe, il fait rouler une partie de ses roues sur le revêtement et coupe pratiquement jusqu’au bord.

L’application propose bien EdgeSense, encore présenté comme une fonction expérimentale, qui autorise le robot à travailler un peu plus près des limites. Nous l’avons activée sans rencontrer de problème, mais elle ne peut pas compenser la position physique des disques. Face à un mur, le coupe-bordures reste nécessaire.

Pourquoi s’arrête-t-il avant la limite sous les haies ?

Parce que ses caméras reprennent la main sur le tracé que nous avons dessiné. Pendant la cartographie manuelle, nous avions volontairement fait avancer le robot assez profondément sous certaines haies, et il n’y est pas toujours retourné aussi loin pendant la tonte.

L’explication tient à VisionFence, qui détecte les branches et la végétation autour du robot et conserve une marge afin de protéger la machine. Le résultat est à la fois rassurant et frustrant : nous savons qu’il ne forcera pas sous une branche basse simplement parce que la limite a été placée quelques centimètres plus loin, mais nous perdons une partie de la précision durement obtenue pendant la cartographie.

Certains réglages de VisionFence permettent d’agir sur ce comportement. Désactiver trop largement l’évitement pour gagner quelques centimètres sous une haie crée cependant davantage de problèmes ailleurs, si bien que nous préférons accepter une petite finition manuelle deux ou trois fois par saison.

La détection des obstacles est-elle fiable ?

Oui, jusqu’à une certaine taille. Segway annonce la reconnaissance de plus de 200 types d’obstacles, objets, personnes et animaux compris, et nous avons passé la série habituelle en revue.

Le premier essai, avec un gros ballon, s’est soldé par un arrêt et un léger contact, le robot arrivant vite dessus avant de corriger son trajet. Un ballon plus petit a ensuite été évité proprement. Un tuyau d’arrosage, un outil de jardin puis un manche d’environ 1,5 cm de diamètre ont tous été détectés et contournés, et un petit hérisson factice n’a pas davantage posé de problème.

La limite est apparue avec un objet nettement plus petit, une boîte d’environ 6 cm de diamètre, ignorée de manière trop irrégulière pour être considérée comme détectée. Nous arrivons là aux dimensions où la reconnaissance visuelle cesse d’être une garantie, ce qui reste vrai chez tous les constructeurs.

Les caméras latérales apportent en revanche un vrai plus. Lorsque nous nous sommes approchés pendant une manoeuvre, le robot nous a repérés sur le côté et s’est arrêté, une vision périphérique utile aussi bien pendant la tonte que pendant les demi-tours.

Faut-il le laisser tondre la nuit ?

Techniquement oui, mais nous ne le ferions pas. Le robot dispose de puissantes LED dont l’intensité varie selon la luminosité ambiante, afin que les caméras continuent de distinguer les obstacles quand la lumière baisse, et l’application propose une détection des animaux.

Comme pour les autres robots tondeuses, nous préférons programmer le travail en journée. Les hérissons et beaucoup de petits animaux sont bien plus actifs la nuit, et aucune reconnaissance par caméra ne nous paraît justifier de faire circuler deux disques de coupe dans le jardin à ce moment-là.

Sur 900 m², la question se pose d’ailleurs à peine, puisque le robot travaille assez vite pour couvrir toute la surface pendant la journée sans jamais avoir besoin d’empiéter sur la nuit.

L’application Navimow est-elle à la hauteur ?

Oui pour le réglage, et elle va même assez loin. La page principale permet de choisir les zones à tondre, de lancer le robot, de vérifier sa batterie et ses connexions ou de basculer en pilotage manuel. Un mode Vacances suspend ou adapte le fonctionnement pendant une absence, un mode Veille met les programmes en pause, et un verrouillage enfant bloque les commandes physiques de la machine.

La carte s’affiche sous une forme classique ou sous une représentation plus réaliste du terrain, construite à partir des informations recueillies pendant la cartographie. On y distingue la pelouse, les haies et certains obstacles, ce qui n’est pas indispensable mais facilite la lecture des différentes zones.

Chaque secteur reçoit son propre nom, sa hauteur de coupe, sa direction de passage et ses réglages de bordures, et les zones se divisent ou se fusionnent depuis l’écran. Il est également possible de créer des passages, des zones interdites et des formes que le robot laissera volontairement intactes.

Le reste du comportement se règle avec la même finesse. Trois rythmes de travail sont proposés, silencieux, standard et efficace, le plus rapide portant la vitesse à 0,8 m/s. Les horaires se définissent jour par jour et zone par zone, tandis que les réglages météo vont bien au-delà d’un capteur de pluie, puisque le robot tient compte de la pluie, de la neige, du gel, de la chaleur et même du vent pour décider s’il doit sortir.

Nous pouvons enfin choisir le type de positionnement RTK, activer ou non l’assistance des caméras, régler VisionFence, gérer l’antipatinage et lancer un analyseur de réception satellite. Ce dernier outil est précieux dans notre zone la plus difficile : il suffit d’y poser le robot pour vérifier le nombre de satellites reçus et savoir si la couverture suffit avant d’y programmer une tonte.

Que manque-t-il encore dans l’application ?

Les rapports de tonte, beaucoup trop sommaires pour une machine de ce niveau. L’application conserve bien un historique, mais celui-ci reste regroupé par périodes : nous voyons la surface tondue dans la semaine, les jours où le robot a travaillé et les zones concernées.

Impossible en revanche d’ouvrir proprement chaque session pour retrouver sa durée exacte, sa carte détaillée et l’ensemble de son parcours. C’est d’autant plus regrettable que toutes les données nécessaires semblent déjà collectées par le robot, ce qui laisse penser qu’il s’agit d’un choix d’interface plutôt que d’une limite technique.

Même frustration du côté des caméras. Le X420 en embarque trois, mais elles ne servent jamais de système de surveillance accessible à distance, et les obstacles détectés n’apparaissent pas non plus accompagnés d’une photo. Face à une machine aussi connectée, nous en attendions davantage.

La 4G sert-elle seulement au positionnement ?

Non, elle porte aussi la protection antivol. Le robot détecte un soulèvement et déclenche une alerte lorsqu’il quitte la zone autorisée, tandis qu’une géobarrière permet de fixer la distance au-delà de laquelle une notification part vers le smartphone.

La fonction de localisation donne ensuite la position GPS de la machine, et un code PIN empêche son utilisation normale par la personne qui l’aurait emportée. C’est rassurant pour un appareil de cette valeur qui passe l’essentiel de sa vie dehors.

Une distinction s’impose malgré tout. Le positionnement par réseau RTK, inclus avec le robot, ne se confond pas avec le service de données connectées : Segway offre un an de 4G à l’achat du X420, puis facture le renouvellement 29,90 € par an. Toutes les fonctions liées à la connexion ne sont donc pas gratuites à vie, et cela mérite d’entrer dans le calcul.

Est-il aussi silencieux qu’annoncé ?

Oui pour la coupe, au point que son silence met en valeur le bruit de ses moteurs de roues. Segway annonce 68 dB pour la série X4 en fonctionnement normal, et les disques restent effectivement très discrets, assez pour que la tonte ne transforme pas le jardin en zone interdite pendant plusieurs heures.

En revanche, lorsque le robot manoeuvre à proximité, les moteurs des roues avant directrices s’entendent. Ce n’est pas un bruit gênant à quelques mètres, mais il ressort justement parce que le système de coupe fait très peu de bruit, et les manoeuvres Xero-Turn y ajoutent quelques cliquetis mécaniques puisque les roues changent constamment d’orientation.

Dans l’ensemble, il reste suffisamment discret pour travailler régulièrement sans donner l’impression d’avoir une tondeuse thermique en marche dans le jardin. Sur 900 m², ses cycles courts limitent encore la gêne.

Sa consommation électrique est-elle maîtrisée ?

Pendant la tonte oui, en veille beaucoup moins. La recharge est rapide et la tonte elle-même se montre sobre au regard de la largeur de coupe, mais un relevé nous a fait tiquer.

Voici ce que nous avons mesuré au wattmètre et au chronomètre pendant l’essai :

  • Tonte de 100 m² : environ 18 minutes et 6 % de batterie
  • Puissance de charge maximale : 224 W
  • Recharge complète : environ 1 h 15, conforme à l’annonce
  • Veille sur la station : environ 15 W

Ces 15 W nous paraissent élevés pour une machine qui peut rester stationnée une grande partie de la journée, et notre cas est précisément celui-là puisque les 900 m² sont traités très vite. Sur une saison complète, la consommation en veille finit par peser davantage que la tonte elle-même, et une optimisation logicielle capable de mettre plus de composants en sommeil serait la bienvenue.

Quels défauts avons-nous rencontrés à l’usage ?

Ils sont peu nombreux, mais plusieurs méritent d’être connus avant l’achat. Le premier concerne les bordures, avec ces 15 à 20 cm laissés devant les obstacles verticaux qu’EdgeSense n’efface pas. Le deuxième vient de la garde au sol arrière évoquée plus haut, qui a touché le sol avant que la transmission intégrale n’atteigne sa limite. Le troisième tient à cette ligne oubliée à deux reprises dans la même zone, défaut ponctuel mais reproductible pendant notre essai.

S’y ajoutent la navigation parfois trop prudente sous les haies, des historiques d’application trop pauvres, des caméras inutilisables pour observer le jardin à distance et une veille à 15 W. Aucun de ces points ne remet en cause ses qualités principales, mais ils interdisent de le présenter comme irréprochable.

Ce qui nous a convaincus

  • Des roues avant directrices qui pivotent sans racler le gazon
  • Un demi-tour encore possible au milieu d’une pente mesurée à 42 %
  • 100 m² tondus en 18 minutes pour 6 % de batterie
  • Une hauteur de coupe de 2 à 9,5 cm, précieuse en pleine chaleur
  • Un positionnement RTK par réseau mobile, sans antenne à planter
  • Une cartographie manuelle précise et retouchable point par point
  • Un débattement de roues qui avale les creux et les dévers

Ce qui nous a gênés

  • 15 à 20 cm laissés devant un mur, coupe-bordures obligatoire
  • Une garde au sol arrière de 4 à 5 cm qui touche sur les fortes cassures
  • Une ligne oubliée à deux reprises au même endroit
  • Des rapports de tonte trop sommaires dans l’application
  • Trois caméras inutilisables pour surveiller le jardin
  • Environ 15 W en veille sur la station
  • Un gabarit et un poids qui compliquent tout déplacement à la main

Faut-il l’acheter pour un jardin de 900 m² ?

Sur 900 m² parfaitement plats, nous prendrions moins cher ; sur 900 m² accidentés, il devient facile à défendre. C’est exactement la distinction à faire avec tous les gros robots tondeuses à transmission intégrale, et elle vaut mieux qu’une lecture rapide de la surface annoncée.

Le X420 accepte 2 000 m², soit plus du double de notre terrain, et sa largeur de 43 cm lui permet de terminer le travail si vite que nous n’exploitons jamais tout ce qu’il sait faire. Sur un jardin rectangulaire, plat et dégagé, un modèle plus petit ferait la même chose pour beaucoup moins cher.

Un jardin ne se définit pourtant pas seulement par sa surface. Dès que ces 900 m² comportent des pentes, des trous, des bosses, des dévers ou des endroits où un robot classique patine et abîme l’herbe en tournant, les quatre roues motrices et les roues avant directrices comptent bien davantage que les 2 000 m² inscrits sur la boîte. Les X430 et X450, eux, n’auraient aucun sens ici, puisque leur intérêt se limite à couvrir 3 000 et 5 000 m².

Reste la question de l’autonomie au quotidien. Une fois la carte soigneusement préparée et la réception RTK vérifiée dans les zones difficiles, le robot ne demande presque plus rien. Il faut simplement ne pas confondre autonomie et perfection : une très petite boîte est passée sous son seuil de détection, une ligne de tonte a été oubliée deux fois et une cassure de terrain a fini par mettre le châssis en appui.

Notre verdict

Après plusieurs semaines, ce que nous retenons du X420 ne figure pas en tête de sa fiche technique. Sa vraie carte maîtresse, ce sont ses roues avant directrices, qui transforment le moment le plus destructeur de la vie d’un robot tondeuse, le demi-tour, en manoeuvre propre. Nos essais à 35 puis 42 % de pente l’ont montré : il monte, descend, travaille en travers et pivote au milieu du dévers sans transformer la pelouse en terrain labouré.

La tonte suit le même registre, rapide et nette, avec 100 m² expédiés en 18 minutes et une plage de hauteur de 2 à 9,5 cm qui rend de vrais services l’été. La navigation surprend aussi, puisque le réseau RTK évite l’antenne plantée dans le jardin et que les trois caméras prennent efficacement le relais quand les satellites se font rares.

Il reste des progrès à faire sur les bordures, sur la garde au sol arrière et sur la finesse des rapports de l’application. Nous ne l’achèterions donc pas pour ses 2 000 m², mais pour ce qu’il fait d’un terrain difficile. Et de toutes ses caractéristiques, c’est cette direction avant que nous aimerions voir arriver sur beaucoup plus de robots tondeuses.

Segway Navimow X420

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