Test du Dreame A3 AWD Pro 3500 : un robot tondeuse 4×4 sur 900 m² de terrain irrégulier

Plusieurs semaines de tonte sur une pelouse bosselée, avec une machine annoncée pour 3 500 m². Ce sont ses quatre roues motrices, bien plus que sa surface maximale, qui décident de l’achat.

900 m²Surface tondue pendant l’essai
50 %De batterie pour 500 m², relevé
40 cmLargeur de coupe sur deux disques
23,9 kgPoids annoncé du robot

Un robot tondeuse n’a plus besoin d’un fil enterré pour savoir où s’arrêter. Après le câble périphérique, puis les antennes RTK plantées au fond du jardin, la génération actuelle observe simplement le terrain. Le Dreame A3 AWD Pro 3500 pousse cette logique assez loin, puisqu’il se repère avec un LiDAR 3D à 360° et deux caméras, tout en ajoutant quatre roues motrices, deux disques de coupe flottants et 40 cm de largeur de travail.

Sur le papier, la fiche technique paraît démesurée pour notre jardin de 900 m². Dreame donne en effet cette version pour des surfaces atteignant 3 500 m², annonce des pentes de 80 %, soit 38,7°, et le franchissement d’obstacles de 5,5 cm. C’est justement ce décalage qui rendait l’essai intéressant, car il pose une question simple : faut-il plusieurs milliers de mètres carrés et un terrain très pentu pour profiter d’un robot tondeuse à transmission intégrale ?

Après plusieurs semaines, la réponse est non, à condition de déplacer le curseur. Nous n’exploitons évidemment pas sa capacité maximale, mais ses quatre roues motrices se rendent utiles bien avant les fortes pentes, dès qu’il faut sortir d’une bosse, d’un creux ou d’un sol meuble. Restent trois réserves qui pèsent au moment de payer : ses 23,9 kg finissent par se voir sur la pelouse, quelques obstacles demandent encore une correction de la carte, et EdgeMaster 2.0 ne fait pas complètement disparaître le coupe-bordures.

Le A3 AWD Pro 3500 est-il aussi imposant qu’il en a l’air ?

CaractéristiqueDreame A3 AWD Pro 3500
Navigation et cartographie
Système de navigationOmniSense 3.0, LiDAR 3D 360° et vision binoculaire
Portée du LiDAR annoncéeJusqu’à 70 m
Câble périphérique et antenne RTKAucun des deux
Reconnaissance d’obstacles annoncéePlus de 300 catégories
Motricité et terrain
TransmissionQuatre roues motrices, moteurs à moyeu, deux roues avant omnidirectionnelles
Pente maximale annoncée80 %, soit 38,7°
Franchissement annoncéJusqu’à 5,5 cm
Coupe
Largeur de travail40 cm sur deux disques flottants, trois lames chacun
Hauteur de coupe3 à 10 cm, réglage électrique, 7 cm retenus pendant l’essai
BorduresEdgeMaster 2.0, moins de 3 cm annoncés
Lames de rechange fournies18 lames et 6 supports
Autonomie et rendement
Batterie36 V, 7,5 Ah, environ 270 Wh
Surface annoncée par 24 h2 500 m² en Standard, 3 500 m² en Efficace, 5 000 m² en Rapide
Notre relevéEnviron 50 % de batterie pour 500 m², reprise vers 80 % de charge
Connectivité et sécurité
LiaisonsWi-Fi 2,4 GHz, Bluetooth et 4G, Dreame Link trois ans inclus
AntivolCode PIN, alerte de soulèvement, compatibilité AirTag
Capteur de pluieOui, retour à la station
Encombrement
Dimensions et poids740 × 532 × 325 mm, 23,9 kg
ÉtanchéitéIPX6, rinçage possible
Niveau sonore annoncéInférieur à 65 dB

Les valeurs de ce tableau sont annoncées par Dreame, à l’exception de notre relevé d’autonomie et de la hauteur de coupe retenue, détaillés plus bas.

Robot tondeuse Dreame A3 AWD Pro 3500

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Oui, et c’est la première chose que l’on comprend en le sortant du carton. Avec 740 × 532 × 325 mm et 23,9 kg sur la balance, cette machine n’appartient pas à la catégorie des petits robots que l’on attrape d’une main pour les reposer deux mètres plus loin. Le déplacer reste possible, mais cela se prévoit plutôt que cela ne s’improvise.

Panneau de contrôle du robot tondeuse Dreame A3 AWD Pro 3500Son gabarit s’explique en grande partie par sa transmission. Les quatre roues sont entraînées par des moteurs à moyeu, chacune de son côté, tandis que les deux roues avant sont omnidirectionnelles et autorisent des rotations sur place, sans train directeur classique. Le résultat surprend, car le robot paraît massif à l’arrêt et se montre beaucoup plus vif une fois lancé.

Sous le châssis, deux disques de coupe flottants portent chacun trois lames. Mis bout à bout, ils traitent une bande de 40 cm à chaque passage, loin des 20 à 22 cm des robots destinés à quelques centaines de mètres carrés. La hauteur se règle électriquement depuis l’application, entre 3 et 10 cm, et les plateaux accompagnent les variations du sol au lieu de rester rigides, ce qui évite de tondre beaucoup trop court lorsqu’une roue plonge dans un creux ou que le centre du robot arrive sur une bosse.

Sur le dessus, la tourelle du LiDAR 3D à 360° ne passe pas inaperçue. Elle travaille avec deux caméras frontales pour former ce que Dreame appelle OmniSense 3.0, chargé à la fois de situer le robot, de construire sa carte et d’identifier ce qui se présente devant lui. C’est cette combinaison qui supprime les deux contraintes d’installation les plus pénibles, puisqu’il n’y a ni câble à enterrer ni antenne RTK à planter dans le jardin.

L’absence d’antenne RTK change-t-elle l’installation ?

Oui, car la partie matérielle se résume à presque rien. Il faut trouver un emplacement cohérent pour la station, la fixer au sol et l’alimenter, en conservant assez de dégagement autour de la base pour que le robot manœuvre sans se contorsionner. Le reste se passe dans le téléphone.

Robot tondeuse Dreame A3 AWD Pro 3500 sur sa base de rechargementLa configuration se poursuit en effet dans Dreamehome, l’application maison de la marque, la même que celle que nous avions déjà pratiquée dans notre test du Dreame X60 Pro Ultra Complete. L’appairage passe par le QR code collé sur la machine et par un réseau Wi-Fi en 2,4 GHz, point sur lequel il vaut mieux vérifier sa box avant de commencer, certaines n’exposant plus cette bande par défaut.

Il n’est en revanche pas nécessaire que le Wi-Fi couvre les 900 m² du jardin. Le robot continue de se localiser avec son propre système de navigation, et Dreame ajoute une connexion mobile assortie de trois années de service Dreame Link, ce qui évite de perdre la main sur l’application dès que la machine s’éloigne de la maison.

La différence avec un système RTK se voit surtout dans les zones masquées. Ici, le robot ne cherche pas en permanence une antenne ou un signal satellite au-dessus de lui, puisqu’il regarde directement autour de lui avec son LiDAR et ses caméras. Passer le long d’un bâtiment ou sous les arbres n’entraîne donc pas automatiquement une perte de position, ce que le Segway Navimow X420 obtient de son côté en corrigeant son RTK par le réseau mobile. Cela ne signifie pas pour autant que la mise en route se règle en cinq minutes.

La cartographie automatique suffit-elle sur un jardin compliqué ?

Pas toujours, et notre jardin en est un bon exemple. Le robot sait reconnaître seul une pelouse et en parcourir les limites pour produire sa carte, ce qui reste la première chose à essayer sur une parcelle simple et bien délimitée.

Notre terrain demandait davantage de contrôle, si bien que nous sommes passés à la cartographie manuelle. Le téléphone sert alors de télécommande et l’on conduit la machine tout autour de la zone à enregistrer, à la manière d’un tour de reconnaissance. Le LiDAR et les caméras construisent les limites au fur et à mesure, puis la zone se referme et apparaît dans l’application.

L’intérêt de cette carte, c’est qu’elle ne se fige jamais. Une nouvelle portion de pelouse s’ajoute plus tard, une grande zone se divise en deux, un passage se dessine entre deux parties du jardin, une limite se corrige et une zone interdite se trace en quelques secondes.

Ces exclusions sont loin d’être un détail. Nous en avons ajouté au fil de l’essai, précisément aux endroits où les capacités tout-terrain du robot l’encourageaient à s’aventurer un peu trop loin.

Les quatre roues motrices servent-elles sur seulement 900 m² ?

Oui, parce que leur intérêt dépend de l’état du terrain, pas de sa superficie. C’est probablement le point sur lequel notre avis a le plus évolué pendant l’essai.

Robot tondeuse Dreame A3 AWD Pro 3500 sur une légère penteUn robot à deux roues motrices convient parfaitement à 2 000 m² de pelouse plane et régulière, tandis qu’une transmission intégrale trouve son sens sur 900 m² truffés de bosses, de creux, de racines affleurantes et de petites ruptures de niveau. La surface indique la charge de travail, elle ne dit rien de la difficulté.

Dreame annonce une pente maximale de 80 %, soit environ 38,7°, et le franchissement d’obstacles atteignant 5,5 cm. Nous n’avons pas cherché à reconstituer artificiellement ces limites, puisque les irrégularités ordinaires suffisaient déjà à montrer ce que la transmission apporte.

Un trou de taupe résume bien le problème. Sur un robot conventionnel doté d’une petite roue folle à l’avant, il suffit que cette roue tombe dans le creux pendant que les roues arrière perdent un peu d’adhérence pour immobiliser toute la machine. Avec quatre roues entraînées et des roues avant omnidirectionnelles, le A3 AWD Pro 3500 conserve de la motricité et ressort tout seul.

Le changement se mesure donc au quotidien plutôt qu’en degrés. La qualité d’un robot tondeuse ne tient pas à sa capacité de gravir une pente spectaculaire le jour de la démonstration, mais à sa capacité de ne pas nous obliger à traverser le jardin tous les deux jours pour le sortir d’un trou de quelques centimètres. Sur notre terrain, c’est cette compétence qui justifie la transmission intégrale, bien plus que les 3 500 m² inscrits sur la fiche.

Peut-il être trop tout-terrain pour son propre bien ?

Oui, et c’est l’un des effets secondaires les plus amusants de ses quatre roues motrices. Dans une partie du jardin située sous les arbres, où les feuilles mortes s’accumulent, le robot s’obstinait à poursuivre sa tonte au lieu de faire demi-tour.

Le relief n’était pas en cause, puisque sa motricité lui permettait justement de s’y engager sans difficulté. Le problème venait de la couche de feuilles elle-même : les roues finissaient par patiner dedans tandis que des feuilles remontaient autour des capteurs. Nous avons donc créé une zone interdite, ce qui a réglé la question en une poignée de secondes.

Une grosse racine a également réussi à le bloquer à trois reprises pendant la période d’essai. Là encore, il n’y avait rien à attendre d’un apprentissage miraculeux, et l’exclusion précise de l’endroit dans l’application a suffi.

C’est finalement ainsi qu’il faut aborder les premières semaines. On dessine une carte propre, on observe les rares situations qui posent un problème réel, puis on affine les limites. Une fois ces corrections faites, les interventions deviennent nettement plus rares.

La largeur de coupe de 40 cm change-t-elle quelque chose ?

Oui, et sur 900 m² elle est même généreuse dans le bon sens. Les deux disques traitent une bande de 40 cm à chaque passage, si bien que le gain ne vient pas seulement de la batterie : à déplacement égal, le robot couvre davantage de terrain et multiplie moins les allers-retours.

Cette avance se remarque surtout lorsqu’une semaine offre peu de fenêtres de tonte à cause de la météo. Une petite machine qui doit enchaîner plusieurs cycles de batterie met parfois deux ou trois jours à venir à bout d’une grande parcelle, tandis que nos 900 m² ne représentent ici qu’une fraction de la capacité quotidienne annoncée.

L’application propose par ailleurs trois niveaux de rendement. Le mode Standard travaille plus prudemment, avec une capacité estimée autour de 2 500 m² par 24 h, le mode Efficace monte à 3 500 m² et le mode Rapide grimpe à 5 000 m² sur la même durée.

Le plus rapide n’est pas forcément le plus intéressant, puisque l’application prévient elle-même que l’évitement des obstacles perd en finesse lorsque la machine travaille à sa vitesse maximale. Sur 900 m², nous n’avons de toute façon aucune raison de courir après le record, et le mode Efficace laisse déjà une marge confortable.

Quelle autonomie obtient-on sur le terrain ?

Elle est très confortable pour une pelouse de 900 m². Le robot embarque une batterie de 36 V et 7,5 Ah, soit environ 270 Wh, quand la version 5000 passe à 10 Ah en conservant l’essentiel de la même architecture.

Nos relevés d’autonomie, sur une pelouse régulièrement entretenue et une hauteur de coupe de 7 cm :

  • 500 m² tondus : environ 50 % de la batterie consommée
  • Cycle complet extrapolé : de l’ordre de 1 000 m² dans ces conditions précises
  • Reprise après recharge : le robot repart vers 80 % de charge, sans intervention

Cette valeur ne se transforme surtout pas en règle universelle, car la consommation varie avec la vitesse, la hauteur de l’herbe, les pentes, le nombre de manœuvres, les obstacles et la géométrie du terrain. Elle montre néanmoins pourquoi la batterie de 7,5 Ah suffit largement chez nous.

Même lorsque le robot doit rentrer avant d’avoir terminé, il gère seul la suite, puisqu’il rejoint sa station, recharge, puis reprend là où il s’était arrêté. Sur cette surface, la batterie de 10 Ah du modèle 5000 n’apporterait donc rien d’autre qu’une capacité supplémentaire dont le jardin n’a pas l’usage.

Faut-il laisser pousser l’herbe avant de lancer le robot ?

Non, car il est bien plus à l’aise dans l’entretien régulier que dans le rattrapage d’une prairie. La distinction compte, y compris avec une machine aussi bien armée que celle-ci.

Nous avons pu l’envoyer dans une végétation nettement plus haute que la pelouse habituelle et constater qu’il dispose d’une réserve de couple intéressante. Dreame annonce d’ailleurs que la série encaisse une herbe dense de plus de 15 cm. Cela ne le transforme pas pour autant en remplaçant d’une tondeuse thermique ou d’une débroussailleuse lorsque l’herbe atteint 40 ou 50 cm, où deux disques de cette taille finissent par trouver leur limite.

La bonne méthode consiste donc à effectuer une première tonte classique si le jardin a été laissé de côté, puis à confier au robot l’entretien de quelques centimètres de repousse. C’est aussi à ce rythme que le mulching devient intéressant, car les fragments coupés restent assez courts pour retomber entre les brins au lieu de former des amas.

Il n’y a donc aucun bac à vider, et une petite quantité de matière organique retourne régulièrement au sol, ce qui limite l’intérêt d’un apport d’engrais au printemps.

Les disques flottants évitent-ils de scalper les bosses ?

Oui, et c’est précisément l’argument qui sert sur un terrain irrégulier. Les deux plateaux de coupe ne sont pas rigidement fixés au châssis : ils accompagnent les petites variations du sol au lieu de les ignorer.

Sur la partie bosselée de notre jardin, la coupe est restée homogène, là où un plateau fixe serait davantage descendu au sommet des bosses en laissant des taches plus courtes, voire de la terre à nu.

Le réglage de hauteur mérite néanmoins quelques essais avant de se fixer. Habitués à une tonte autour de 6 cm avec d’autres machines, nous avons trouvé le résultat trop ras à cette même valeur, et nous sommes finalement passés à 7 cm, beaucoup mieux adaptés à notre pelouse.

La plage disponible, de 3 à 10 cm, laisse de la latitude, y compris à ceux qui préfèrent conserver une herbe haute plutôt qu’un gazon ras. Chaque zone reçoit en plus son propre réglage, si bien qu’une partie du jardin peut rester à 7 cm tandis qu’une autre se maintient à 9 cm.

Peut-on laisser volontairement des zones non tondues ?

Oui, et bien plus proprement qu’avec un robot à câble périphérique. Une fois la carte créée, rien n’oblige à traiter les 900 m² comme une seule surface tondue uniformément.

Nous pouvons créer une exclusion le long d’une haie, conserver une bande d’herbe plus haute, ou dessiner des formes dans lesquelles le robot n’entrera pas. L’intérêt est parfois esthétique, mais il est aussi écologique, puisqu’une partie moins entretenue offre un refuge aux insectes et aux petits animaux sans transformer tout le jardin en friche.

C’est l’un des avantages les moins mis en avant de la cartographie virtuelle : une zone interdite n’est plus une contrainte définitive matérialisée par un fil enterré, mais un tracé que l’on ajoute, déplace ou supprime selon la saison.

OmniSense 3.0 voit-il les petits obstacles ?

Il se montre convaincant, sans être infaillible. Le système combine le LiDAR 3D à 360° et deux caméras, et Dreame annonce la reconnaissance de plus de 300 catégories d’objets, des meubles de jardin aux animaux domestiques.

Détection d’obstacles du robot tondeuse Dreame A3 AWD Pro 3500Plutôt que de disposer des obstacles artificiels au milieu d’une pelouse dégagée, nous avons surtout regardé comment le robot réagissait à ce qui traîne réellement dehors. Les arbres sont correctement contournés, une chaise longue aux pieds fins n’a posé aucune difficulté et un tuyau d’arrosage laissé dans l’herbe a été détecté puis évité.

Les personnes sont reconnues, les animaux aussi. Nos chats ont rapidement cessé de s’intéresser à la machine et pouvaient rester à proximité ; lorsqu’ils se trouvaient sur sa trajectoire, le robot les contournait. La grosse racine qui l’a bloqué à trois reprises rappelle en revanche qu’aucun système de reconnaissance ne dispense d’une carte bien faite.

L’application permet enfin d’ajuster la sensibilité de l’évitement, ce qui devient utile sur un terrain très irrégulier, où un réglage trop prudent amène la tondeuse à prendre une touffe d’herbe ou un trou de taupe pour un obstacle et à multiplier les contournements. Ce curseur se déplace toutefois avec discernement, car dans un jardin où traînent des jouets, des outils ou de petits objets, mieux vaut conserver une détection prudente.

Faut-il le laisser tondre la nuit ?

Nous préférons l’éviter, même s’il en est techniquement capable. Le robot dispose d’un éclairage destiné à aider les caméras lorsque la luminosité baisse, et OmniSense sait détecter des animaux de petite taille.

Le problème n’est pas matériel. Les hérissons et beaucoup d’autres animaux sont simplement bien plus actifs après le coucher du soleil, et nous préférons ne pas faire reposer leur sécurité sur une caméra et un algorithme. Le mode Ne pas déranger sert donc à suspendre la tonte entre le crépuscule et le lever du jour.

Avec 900 m² à entretenir et une machine capable d’avaler cette surface sans forcer, nous n’avons de toute façon aucune raison de la faire tourner en continu.

EdgeMaster 2.0 supprime-t-il le coupe-bordures ?

Non, mais il réduit sérieusement la bande d’herbe laissée derrière le robot. Le principe consiste à écarter les disques de coupe vers l’extérieur lorsqu’une bordure est détectée, afin de travailler au plus près de la limite.

Dreame annonce ainsi une distance inférieure à 3 cm entre les disques et le bord, avec des situations plus favorables où elle descend encore. Le dispositif ne se limite pas à ce déplacement, puisque le robot peut également effectuer deux passages périphériques à la fin de la tonte principale pour soigner les contours.

Sur une bordure plane qu’il peut légèrement chevaucher, le résultat est excellent et la coupe arrive très près de la limite. La situation change devant un mur, un massif surélevé ou une bordure que les roues ne peuvent pas franchir : la largeur physique de la machine impose alors une distance minimale, et quelques centimètres d’herbe restent accessibles au seul coupe-bordures.

EdgeMaster 2.0 diminue donc les finitions manuelles sans les faire disparaître partout, ce qui reste honnête à rappeler avant l’achat.

Que peut-on régler dans Dreamehome ?

Beaucoup plus qu’une simple hauteur de coupe. Chaque zone reçoit ses propres paramètres, ce qui devient vite intéressant même sur 900 m² dès que le jardin n’est pas homogène.

Nous pouvons choisir la hauteur entre 3 et 10 cm, la direction des passages, le niveau de rendement, la gestion des bordures et certains paramètres d’évitement. L’application propose également plusieurs modes de tonte, de la surface entière à une zone précise, à un point ciblé, aux seuls bords ou au pilotage manuel, ce dernier servant surtout lors de la cartographie.

La programmation s’organise par jours, par horaires et par zones, avec la possibilité de conserver des plannings saisonniers distincts : inutile de tout reconstruire lorsque la pousse ralentit à l’automne. Le capteur de pluie complète l’ensemble, puisque le robot interrompt sa tâche si les conditions se dégradent, rentre à la station et reprend ensuite là où il en était.

Une fonction manque néanmoins à l’appel : il n’est pas possible de relancer une zone à partir d’un pourcentage précis de progression. Quand une tonte a été interrompue à mi-parcours, on aimerait pouvoir demander une reprise à 50 %. Ce n’est pas rédhibitoire, mais c’est typiquement le genre de manque que l’on découvre à l’usage plutôt qu’en lisant la fiche technique.

La 4G apporte-t-elle quelque chose sur 900 m² ?

Elle est moins décisive que sur plusieurs hectares, mais elle reste pratique. Les trois années de Dreame Link incluses permettent au robot de conserver une connexion mobile lorsqu’il sort de la couverture Wi-Fi de la maison.

Tout dépend évidemment de la portée du réseau domestique. Dans un jardin allongé, arboré ou doté de dépendances, le Wi-Fi disparaît souvent bien avant la limite de la propriété, et la liaison mobile évite alors de perdre la carte, les notifications et le pilotage à distance.

Cette connexion sert aussi aux fonctions de sécurité. Le robot est protégé par un code PIN, signale son soulèvement et accepte la compatibilité AirTag pour le suivi de sa position, tandis que ses caméras peuvent servir à jeter un œil au jardin, avec une alerte accompagnée d’une image lorsqu’une personne est détectée.

Nous rangeons cela dans les fonctions secondaires plutôt que dans les raisons d’acheter la machine, même si l’idée d’exploiter un matériel déjà présent pour la navigation reste plutôt maligne.

L’entretien devient-il pénible avec presque 24 kg ?

Étonnamment non, à condition d’utiliser le point de nettoyage. Le robot est certifié IPX6, ce qui autorise le rinçage du châssis au jet, opération que nous avons prise l’habitude de répéter toutes les deux semaines pour retirer l’herbe et la terre accumulées sous la machine.

Dessous du robot tondeuse Dreame A3 AWD Pro 3500 et ses lamesLe problème saute aux yeux : porter 23,9 kg jusqu’au tuyau d’arrosage n’a rien d’agréable, surtout à répétition. Dreame a prévu une réponse simple dans l’application, sous la forme d’un point de nettoyage que l’on enregistre à l’endroit de son choix. Nous avons placé le nôtre près du robinet, et il suffit désormais de demander au robot de s’y rendre pour le retrouver au bon endroit, prêt à être rincé.

C’est un détail de conception, mais c’est peut-être celui que nous apprécions le plus après plusieurs semaines, tant il supprime la seule corvée physique du programme.

Les lames suivent la même logique, avec un système de fixation rapide qui permet de les changer sans outil. Dreame en livre dix-huit dans la boîte, accompagnées de six supports, de quoi tenir un moment avant d’avoir à en commander.

Son poids finit-il par marquer la pelouse ?

Oui, et surtout autour de la station. Quatre moteurs, une grosse batterie et un châssis tout-terrain ont forcément une contrepartie, et elle se lit sur le gazon.

Après plusieurs semaines, une zone plus marquée apparaît devant la base, là où le robot emprunte systématiquement la même trajectoire pour partir et pour revenir. Le phénomène dépend beaucoup de la nature du sol : sur une terre ferme, il reste discret, tandis que sur une pelouse humide ou un terrain meuble, les presque 24 kg deviennent nettement plus visibles.

C’est un défaut à prendre au sérieux si votre gazon marque facilement, car la transmission intégrale aide le robot à sortir des mauvais pas mais ne peut évidemment rien contre son propre poids.

Comme pour un aspirateur robot d’intérieur, où l’emplacement de la station décide d’une bonne partie des ennuis, le choix de la position de la base mérite donc plus de réflexion qu’il n’y paraît. Une zone stable et bien drainée vaudra toujours mieux qu’un morceau de pelouse qui reste détrempé plusieurs jours après la pluie.

Son gabarit passe-t-il dans les passages étroits ?

C’est le point à mesurer avant de commander. Les roues avant omnidirectionnelles rendent le robot étonnamment maniable, mais elles ne réduisent en rien ses 53,2 cm de largeur.

Robot tondeuse Dreame A3 AWD Pro 3500 vu de derrièreDreame conseille de prévoir environ 80 cm pour les passages les plus serrés, marge de manœuvre comprise. Avant l’achat, mieux vaut donc sortir le mètre et contrôler les espaces entre deux murs, entre une haie et une terrasse, entre un cabanon et une clôture ou entre deux massifs.

Cette vérification compte d’autant plus dans notre cas de figure. Avec 900 m², la difficulté ne vient jamais de la capacité de surface, mais de la géométrie du jardin, et un passage trop étroit restera infranchissable même pour une machine capable d’escalader un obstacle de 5,5 cm et de grimper une pente de 80 %.

Est-il surdimensionné pour 900 m² ?

En capacité pure, clairement ; en motricité, pas du tout. C’est la nuance centrale de ce test, et elle décide à peu près tout le reste.

Dreame donne le A3 AWD Pro 3500 pour 3 500 m² en mode Efficace, quand notre jardin en représente un peu plus du quart. Sa batterie, sa largeur de coupe et son rendement quotidien nous laissent donc une marge considérable, que nous n’exploiterons jamais.

Si ces 900 m² formaient un rectangle parfaitement plat, sans trous, sans arbres, sans racines et sans passage difficile, nous ne l’achèterions probablement pas : un robot plus petit et bien moins cher ferait le même travail. Mais la superficie n’explique pas à elle seule la difficulté d’un jardin.

Les quatre roues motrices prennent de la valeur dès que le terrain est irrégulier, le LiDAR sans RTK en gagne avec des arbres, des bâtiments et des zones couvertes, les disques flottants servent sur les bosses, et la grosse batterie permet de profiter d’une courte fenêtre météo sans attendre deux cycles répartis sur deux jours. La machine a donc du sens sur 900 m², à condition que ces 900 m² soient assez compliqués pour exploiter ce que l’on paie.

Peut-on le laisser travailler sans surveillance ?

Oui, une fois les particularités du terrain intégrées à la carte. Les premiers jours sont finalement les plus importants de tout l’essai.

Nous avons repris certaines limites, interdit la zone de feuilles, identifié la racine problématique et ajusté la hauteur de coupe de 6 à 7 cm. Passé cette période de réglage, l’utilisation devient beaucoup plus transparente, au point d’oublier la machine pendant des semaines.

Le robot part selon son planning, adapte son parcours aux zones définies, rentre quand il pleut ou quand sa batterie l’exige, recharge puis reprend son travail. Les obstacles courants sont assez bien détectés pour ne pas avoir à faire le tour du jardin avant chaque départ, ce qui est exactement ce que l’on attend d’un appareil de ce prix.

C’est à ce moment que la transmission intégrale prend tout son sens, non pas parce que nous passons nos journées à le regarder grimper des pentes à 38,7°, mais parce que nous avons cessé d’aller le chercher dès qu’une roue rencontre une irrégularité du terrain.

Points forts

  • Motricité des quatre roues sur terrain irrégulier
  • Installation sans câble périphérique ni antenne RTK
  • Carte modifiable en quelques secondes, zones interdites comprises
  • 40 cm de coupe et grosse marge d’autonomie sur 900 m²
  • Point de nettoyage enregistré dans l’application
  • Lames à changement rapide, dix-huit fournies

Points faibles

  • 23,9 kg qui marquent la pelouse devant la station
  • Une grosse racine l’a bloqué à trois reprises
  • Zone de feuilles mortes à exclure manuellement
  • Pas de reprise de tonte à un pourcentage précis
  • 53,2 cm de large, à vérifier dans les passages étroits
  • Tarif élevé pour une pelouse simple

Faut-il acheter le Dreame A3 AWD Pro 3500 ?

Tout dépend de la tête de votre jardin, pas de sa surface. C’est la conclusion que nous tirons après plusieurs semaines de tonte automatique sur un terrain que nous connaissons bien.

Sur une pelouse plane et dégagée de 900 m², nous choisirions un modèle nettement moins cher, car la vitesse de tonte ne suffit pas à justifier l’écart de prix. Sur 900 m² accidentés, arborés ou simplement irréguliers, le raisonnement s’inverse : on ne paie plus une capacité de 3 500 m² dont on n’a pas l’usage, mais un robot qui a beaucoup moins de chances de rester immobilisé au premier trou, à la première racine ou au premier passage compliqué.

Notre verdict

Ce gros robot tondeuse nous a surpris par sa docilité. Il paraît massif à l’arrêt, puis se faufile entre les arbres, ressort seul des creux et rend une coupe régulière sur un terrain qui ne l’est pas. Ce sont ses quatre roues motrices, et non ses 3 500 m² annoncés, qui changent le quotidien.

OmniSense 3.0 fait l’autre moitié du travail, puisque se passer à la fois du câble périphérique et de l’antenne RTK simplifie beaucoup l’installation, et que le LiDAR épaulé par les deux caméras s’est montré assez fin pour travailler autour du mobilier, du tuyau d’arrosage et des chats. Restent le poids, les traces devant la station et quelques finitions au coupe-bordures, que ni la carte ni l’application ne feront disparaître.

Reste donc une seule question à se poser avant de payer : votre jardin est-il assez difficile pour avoir besoin de tout cela ? Si la réponse est oui, c’est une machine que l’on oublie, ce qui reste le meilleur compliment pour un robot tondeuse.

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