Test de l’Ecovacs Winbot W2 Omni sur des baies très sales

Une station portable, un câble de sécurité et une grande microfibre pour parcourir seul une baie vitrée. Sur nos vitres les plus sales, tout se joue sur la propreté du textile.

2 800 PaAspiration annoncée
1,6 kgPoids du robot
5,5 mCâble combiné
3Passages sur notre baie la plus sale

Les robots laveurs de vitres traînent un handicap que les autres robots domestiques ne connaissent pas : leur travail se juge en une seconde. Sur une baie traversée par le soleil, une trace horizontale, un voile gras ou une bordure oubliée sautent aux yeux. Peu importe alors que l’appareil ait parfaitement cartographié la surface ou qu’il soit monté seul jusqu’en haut, puisqu’il suffit d’avoir à ressortir un chiffon derrière lui pour que l’automatisation perde tout son sens.

L’approche de l’Ecovacs Winbot W2 Omni est plus ambitieuse que celle de la plupart de ses concurrents. Le robot s’accompagne d’une station portable qui regroupe la batterie, le câble de sécurité et d’alimentation, le rangement et les commandes, si bien qu’il suffit de porter l’ensemble d’une pièce à l’autre. Sur la vitre, il combine une aspiration permanente, deux chenilles, une pulvérisation automatique et une grande lingette en microfibre pour parcourir seul la surface.

Nous ne lui avons surtout pas réservé des carreaux fraîchement entretenus. Traces de doigts autour des poignées, film gras, poussières, pluie séchée, calcaire et grandes baies laissées deux à six mois sans véritable nettoyage : il a rencontré assez de saletés pour que ses qualités comme ses limites apparaissent clairement. Une limite domine d’ailleurs toutes les autres, et c’est elle qui décide du résultat final.

Pourquoi un robot lave-vitres est plus difficile à réussir qu’il n’y paraît

Ecovacs Winbot W2 OmniDonnées constructeur
Navigation et nettoyage
Planification du parcoursWIN-SLAM 4.0, efficacité annoncée en hausse de 30 %
Modes de nettoyageRapide, profond, approfondi, bords, par points
PulvérisationTrois buses grand angle de chaque côté, pression d’eau annoncée en hausse de 100 %
LingetteMicrofibre de 260 × 251 mm, rétention d’eau annoncée en hausse de 400 %
Retour au point de départOui, avec mémorisation du parcours
Adhérence et sécurité
Aspiration en mouvement2 800 Pa annoncés
Maintien à batterie faiblePlus de 30 minutes annoncées
Détection des bordsCapteur optocoupleur, réaction annoncée en 0,2 seconde
Fixation de la stationVentouse de plus de 800 N, cordon de sécurité d’un mètre
CâbleAlimentation et sécurité combinées, 5,5 m, enroulement automatique
Alimentation
BatterieLithium 4 500 mAh en 24 V, logée dans la station
Autonomie annoncée110 minutes, soit 55 m² en mode rapide
Charge complète3 heures au plus
Puissance nominale96 W
Encombrement
Robot271 × 271 × 77 mm pour 1,6 kg
Station5,2 kg, poignée de transport
Ensemble avec accessoires7,2 kg
Surfaces et bruit
Taille minimale de fenêtre30 × 40 cm
Surfaces viséesVitres planes, portes vitrées, miroirs, grandes parois lisses
Niveau sonore63 dB au minimum, contre 76 dB sur le système précédent

Ecovacs Winbot W2 Omni

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Déplacer une microfibre sur du verre ne suffit pas. Le robot doit rester suspendu, avancer sur une surface devenue humide et exercer assez de friction pour décoller les traces, trois contraintes qui se gênent mutuellement. C’est de cet équilibre que dépend la qualité du nettoyage, bien avant le mode choisi dans l’application.

Le Winbot W2 Omni s’appuie en permanence sur son aspiration pour rester plaqué contre la vitre, et Ecovacs annonce 2 800 Pa pour ce mécanisme. Cette dépression joue évidemment un rôle de sécurité, mais elle décide aussi du contact entre le textile et le verre. Si la lingette n’est pas correctement appliquée contre la surface, le robot peut parcourir toute une baie sans jamais exercer la pression nécessaire pour venir à bout d’un film gras.

Les déplacements reposent ensuite sur deux chenilles qui doivent entraîner 1,6 kg alors que l’appareil est maintenu contre une surface verticale et qu’une solution nettoyante est pulvérisée autour d’elles. Ecovacs utilise pour cela une courroie synchrone résistante à l’eau, censée conserver de la motricité lorsque le verre devient glissant.

Reste la microfibre, qui récupère l’essentiel des saletés. Aucune station ne vient la rincer entre deux passages, contrairement aux robots laveurs de sols haut de gamme dont la base lave et sèche les serpillières. Toute la poussière et toute la graisse retirées du verre restent donc dans le textile, et cette particularité explique une grande partie de nos résultats.

Nos essais se sont déroulés sur trois surfaces volontairement négligées :

  • Porte vitrée intérieure : traces de doigts et marques grasses autour de la poignée, sollicitée plusieurs fois par jour.
  • Baies extérieures de 6 mm : environ 1,40 m de large sur 2 m de haut, deux mois sans nettoyage, pluie séchée et dépôts de calcaire.
  • Partie du vitrage laissée six mois : la surface la plus difficile de la maison, poussière accumulée et film gras.

La station portable change-t-elle vraiment l’usage du robot ?

Ecovacs Winbot W2 Omni posé sur sa station portable

Ecovacs ne se contente pas de livrer un bloc d’alimentation à poser par terre : l’ensemble est regroupé dans une station multifonction que l’on transporte d’une fenêtre à l’autre. Elle pèse 5,2 kg et sert à la fois de rangement, d’alimentation, de poste de commande et de dispositif de sécurisation. Une trappe accueille le robot lorsqu’il ne travaille pas, tandis que les lingettes et la solution de nettoyage trouvent elles aussi leur place, le tout se soulevant par une poignée.

C’est beaucoup plus utile qu’il n’y paraît sur le papier. Un laveur de vitres ne peut évidemment pas passer seul de la baie du salon à la fenêtre d’une chambre, puisqu’il faut le décrocher puis le réinstaller sur chaque surface. Plus cette manipulation est simple, plus l’appareil a de chances d’être encore utilisé après les premières semaines, au lieu de finir au fond d’un placard avec sa rallonge.

Le panneau supérieur permet en outre de commander l’essentiel sans sortir son téléphone. Six fonctions y sont réunies : la mise sous tension, le démarrage ou la pause, le changement de programme, le retour au point de départ, l’enroulement du câble et le déverrouillage de la ventouse de la base. Dans la pratique, nous avons lancé la plupart de nos cycles depuis ce panneau, l’application ne servant que pour les réglages plus fins.

Pourquoi la batterie se trouve-t-elle dans la station ?

Station ouverte de l'Ecovacs Winbot W2 Omni avec le robot rangé à l'intérieur

Parce qu’un robot qui grimpe verticalement a tout intérêt à transporter le moins de poids possible. Ecovacs a donc logé la batterie lithium de 4 500 mAh dans la station plutôt que dans le robot, et l’énergie arrive par un câble composite qui combine alimentation et sécurité. Ce choix allège la partie suspendue tout en permettant de travailler loin d’une prise, puisque c’est la base qui stocke l’énergie.

Le constructeur annonce jusqu’à 110 minutes d’utilisation, soit environ 55 m² de vitrage. Cette surface correspond au mode rapide, et plusieurs revendeurs français ramènent la promesse à une vingtaine de mètres carrés en nettoyage profond, ce qui reste cohérent avec un parcours beaucoup plus resserré. La conséquence pratique compte davantage que le chiffre lui-même : nous n’avons jamais eu à chercher une prise à côté d’une baie ni à dérouler une rallonge dans la maison.

Le câble qui relie le robot à sa base mesure 5,5 m sur la documentation européenne. Il sort progressivement lorsque le Winbot s’éloigne, puis se réenroule d’une simple pression. Il lui arrive de demander un coup de main quand il se place mal ou forme un début de boucle, auquel cas il suffit de le ressortir légèrement avant de relancer l’enroulement.

La station risque-t-elle de basculer quand le robot monte ?

Dans des conditions normales, non, car Ecovacs ne compte pas uniquement sur son poids pour la maintenir en place. Le dessous de la base intègre une large ventouse qui la fixe au sol, et la différence est immédiatement perceptible dès que l’on essaie de la déplacer après activation : sur un support compatible, elle résiste franchement. Le constructeur annonce une force supérieure à 800 N, à laquelle s’ajoutent les 5,2 kg de la station et un cordon de sécurité d’un mètre placé sous la base.

Cela explique aussi pourquoi la station ne se pose pas n’importe où. Une surface propre, plane et suffisamment lisse pour que la ventouse travaille correctement reste nettement préférable à un tapis ou à un carrelage à joints creux, où l’adhérence n’a aucune chance de s’établir.

Cette précaution prend tout son sens puisque le câble combiné relie directement le robot à la station. Si quelque chose venait à perturber son travail en hauteur, c’est la base qui doit rester assez stable pour jouer son rôle de point d’ancrage.

Faut-il passer du temps à le préparer avant chaque vitre ?

Non, et c’est heureux, puisque l’opération se répète à chaque changement de surface. Une fois le premier paramétrage terminé, la préparation tient en quelques gestes : la lingette vient se fixer sous la plaque flottante du robot, le réservoir reçoit la solution de nettoyage, puis le Winbot se saisit par sa poignée. On le plaque contre le verre, on maintient son bouton environ deux secondes, l’aspiration démarre et l’appareil se fixe à la vitre. Une fois l’adhérence établie, il peut être lâché.

La première fois reste un peu contre-intuitive, car lâcher un appareil de 1,6 kg contre une baie en lui faisant confiance demande quelques secondes d’adaptation. L’inquiétude disparaît vite tant la prise paraît franche lorsque le moteur tourne normalement.

Un détail compte plus que tout le reste dans cette préparation : la microfibre doit être humide, jamais détrempée. Nous l’humidifions légèrement puis l’essorons soigneusement avant de la poser. Un excès d’eau dégrade l’équilibre entre nettoyage, friction et motricité, alors que le robot pulvérise déjà lui-même son produit au fil du cycle et n’a donc aucun intérêt à démarrer avec un textile saturé. Ecovacs annonce d’ailleurs une capacité de rétention d’eau en hausse de 400 % par rapport à la génération précédente, ce qui rend le gorgement initial encore plus inutile. Nous avons constaté que l’adhérence et les déplacements inspirent davantage confiance avec une lingette simplement humide, en particulier dans la partie haute des grandes baies.

Comment le Winbot pulvérise-t-il son produit ?

Il humidifie progressivement la zone située devant sa trajectoire grâce à une pulvérisation grand angle à trois buses de chaque côté, soit six sorties autour du robot. L’objectif n’est pas de recouvrir la baie de produit d’un seul coup, mais d’en déposer au fur et à mesure des déplacements, juste avant que la microfibre ne vienne travailler la surface.

Ecovacs annonce une pression d’eau doublée et une couverture augmentée de 90 % par rapport à son système précédent. Ces valeurs restent des chiffres de laboratoire, mais le comportement observé va dans le même sens : la vitre est mouillée régulièrement sans jamais être noyée, et nous n’avons pas vu de coulures descendre jusqu’au bas du cadre.

Cette gestion du liquide devient particulièrement intéressante sur les traces grasses. À la main, on pulvérise puis on appuie davantage sur le chiffon, un geste que le robot ne peut évidemment pas reproduire. Il compense en partie par une humidification continue et des passages méthodiques, ce qui laisse au produit le temps de dissoudre le film avant que le textile ne repasse dessus.

Comment sait-il où aller sur la vitre ?

Le W2 Omni ne rebondit pas d’un bord à l’autre au hasard : il s’appuie sur la navigation WIN-SLAM 4.0 pour repérer les limites de la surface et organiser son trajet, une planification à laquelle Ecovacs attribue un gain d’efficacité de 30 % par rapport à la version précédente. Sur nos grandes baies d’environ 1,40 m de large pour 2 m de haut, il rejoint les bords, se cale, puis enchaîne des bandes successives dont l’espacement dépend du programme demandé.

Les bumpers et les capteurs participent à la détection des contours et des obstacles. Le constructeur met notamment en avant un capteur optocoupleur qui réagit en 0,2 seconde lorsqu’un bord apparaît, ainsi qu’un capteur d’accélération chargé de surveiller l’assiette du robot.

Dans la pratique, l’essentiel se résume à un geste : poser le robot en bas de la baie et le laisser couvrir seul toute la hauteur, sans avoir à le guider depuis le téléphone ni à le repositionner en cours de route. C’est exactement ce que l’on attend d’un appareil de ce type, et tous n’y parviennent pas.

Les chenilles montent-elles correctement sur une vitre humide ?

Gros plan sur une chenille de l'Ecovacs Winbot W2 Omni

Nous n’avons pas rencontré de glissement inquiétant pendant nos cycles. Les deux chenilles assurent les déplacements pendant que l’aspiration maintient le châssis contre le verre, et la conception cherche à limiter le contact des éléments moteurs avec l’eau, la roue motrice étant placée à l’extérieur de la zone humide. Sur nos grandes baies, le Winbot est monté jusqu’en haut sans donner l’impression de patiner ni de peiner.

Il faut néanmoins garder ces chenilles propres, car une pellicule de produit ou de graisse modifie leur motricité et laisse des marques derrière le robot. Ecovacs a prévu une fonction d’entretien dans l’application : les bandes se mettent en mouvement vers l’avant ou vers l’arrière pendant qu’on les essuie avec un chiffon. Après avoir mesuré l’influence d’une microfibre encrassée sur le résultat final, ce petit réglage nous paraît tout sauf accessoire.

Quel programme choisir selon l’état de la vitre ?

Le nettoyage rapide suit un trajet en S plus espacé et suffit aux vitres intérieures peu sales. Le nettoyage en profondeur resserre ce parcours et ajoute le travail des bords, une combinaison qu’Ecovacs recommande justement pour les surfaces extérieures très encrassées ou restées longtemps sans entretien. Le mode approfondi augmente encore le travail lorsque certaines saletés résistent, tandis qu’un programme consacré aux bordures reprend le pourtour sans refaire toute la baie et qu’un nettoyage par points cible une zone précise.

Nous avons surtout utilisé les modes denses, car lancer un programme rapide sur une baie négligée depuis plusieurs mois n’aurait pas eu grand sens. Le choix du programme suit en réalité une logique simple : plus la vitre a attendu, plus il faut multiplier les passages du robot sur chaque centimètre de verre, quitte à y consacrer du temps machine plutôt que du temps humain.

L’application sert-elle encore une fois l’installation terminée ?

Gros plan sur les commandes de l'Ecovacs Winbot W2 Omni et le niveau de batterie

Oui, car elle apporte plusieurs fonctions que les commandes physiques de la station ne peuvent pas offrir. La connexion passe par le Bluetooth et ne réclame pas de réseau Wi-Fi pour l’usage courant, ce qui évite les déconvenues sur une fenêtre située loin de la box. L’application Ecovacs Home donne accès aux programmes, au niveau de batterie, à l’état du nettoyage, à la pulvérisation automatique, aux réglages vocaux, à l’entretien des chenilles et aux mises à jour.

La fonction la plus utile reste la télécommande omnidirectionnelle, un joystick qui déplace le robot manuellement pour l’amener précisément à un endroit. Il est également possible de déclencher une pulvérisation ou un nettoyage localisé quand une tache résiste, sans relancer un cycle complet sur toute la baie. Nous préférons largement cette approche à la multiplication des passages : une trace grasse isolée ou un dépôt plus tenace se retravaillent plusieurs fois pendant que le reste du vitrage, déjà propre, n’est pas touché.

L’application reste malgré tout un complément. Une fois le programme lancé, le Winbot est assez autonome pour que nous n’ayons pas besoin de garder le téléphone en main pendant toute la durée du nettoyage.

Est-il silencieux pour un robot qui aspire en permanence ?

Il reste audible, mais son niveau sonore est contenu pour un appareil qui maintient une dépression continue contre le verre. Ecovacs annonce un minimum de 63 dB grâce à une refonte des conduits d’air, contre 76 dB sur son système précédent. Pendant nos cycles, une conversation restait parfaitement possible à proximité du robot : le moteur d’aspiration est constamment présent, auquel s’ajoutent les chenilles et les changements de direction, mais nous sommes loin du vacarme d’un aspirateur traditionnel.

Nous éviterions tout de même de le lancer à côté d’un bureau pendant une visioconférence, ou dans une pièce où quelqu’un cherche le calme. Pour une séance de ménage ou sur une baie extérieure, le bruit ne nous paraît en revanche pas être une raison d’écarter le W2 Omni.

Peut-on lui faire confiance lorsqu’il monte à deux mètres du sol ?

Son maintien nous a paru rassurant, mais la sécurité d’un robot lave-vitres ne doit jamais reposer sur une seule protection. Le W2 Omni en cumule plusieurs : son moteur assure la dépression nécessaire à l’adhérence, Ecovacs indiquant qu’il reste fixé à la vitre plus de trente minutes même lorsque son niveau d’énergie devient faible, tandis que des capteurs surveillent ses mouvements et les limites de la surface. La station ajoute ensuite son poids, sa ventouse et son câble de sécurité.

Cela n’autorise pas la négligence pour autant. Sur une baie intérieure au rez-de-chaussée, les conséquences d’une chute se limitent à un appareil cassé. Sur l’extérieur d’une fenêtre située plusieurs étages au-dessus d’une rue ou d’une terrasse, nous utiliserions systématiquement tous les dispositifs de sécurisation fournis, sangle comprise, en vérifiant au préalable que la ventouse de la base tient réellement sur son support.

La règle se formule simplement : plus un robot lave-vitres permet d’éviter une zone difficile d’accès, plus la prudence devient nécessaire, puisque c’est justement là que personne n’ira le rattraper.

Peut-il s’occuper de toutes les fenêtres de la maison ?

Non, et c’est l’un des premiers points à vérifier avant de dépenser autant dans un appareil spécialisé. Le W2 Omni est à son avantage sur les grandes surfaces planes : baies vitrées, portes vitrées, grandes fenêtres et miroirs. La taille minimale indiquée par Ecovacs est de 30 × 40 cm, mais plus les carreaux sont petits, plus le temps passé à déplacer le robot à la main grignote l’intérêt de l’automatisation.

Il faut également surveiller les obstacles, car une poignée proéminente, un garde-corps placé très près du verre ou une géométrie irrégulière peuvent gêner son passage. Les vitrages courbes et les fenêtres de toit sortent franchement de son terrain de jeu, le constructeur les excluant lui-même. L’idée selon laquelle un robot lave-vitres nettoierait toutes les fenêtres mérite donc d’être fortement nuancée.

Les grandes parois lisses constituent en revanche un usage intéressant, à condition de respecter les mêmes contraintes de taille, de bord et d’adhérence. Nous l’avons installé sans difficulté sur une porte vitrée de douche, dont le comportement se rapproche beaucoup de celui d’une baie. Il ne faut pourtant pas généraliser à n’importe quel mur brillant : un assemblage de petits carreaux avec des joints en relief est une situation totalement différente, où l’aspiration n’a plus de surface continue pour travailler.

Les traces de doigts disparaissent-elles pour de bon ?

C’est probablement l’épreuve qui nous a fait changer d’avis sur cette catégorie de robots. Une de nos portes vitrées accumule naturellement les empreintes autour de sa poignée, avec les passages répétés des enfants. Ces marques sont intéressantes parce qu’elles ne se comportent pas comme de la poussière : les doigts déposent une fine couche grasse qu’un chiffon tenu à la main élimine facilement grâce à une pression localisée, exactement ce qu’un robot ne sait pas faire.

Nous avons lancé le nettoyage intensif et laissé le Winbot dérouler son parcours. Les principales empreintes avaient disparu dès ce premier cycle, y compris une bonne partie des marques grasses situées autour de la zone la plus manipulée. Sur une vitre entretenue régulièrement, nous n’avons donc pas eu besoin de ressortir un chiffon derrière lui, ce qui est déjà un résultat plus important qu’il n’en a l’air pour ce type d’appareil.

Une véritable pellicule grasse est-elle trop difficile pour lui ?

Une zone de notre vitrage présentait un voile assez gras pour créer une partie légèrement trouble quand la lumière arrivait sous le bon angle. Nous voulions surtout savoir si le Winbot allait retirer cette graisse ou simplement l’étaler ailleurs sur la vitre.

Le premier passage en a déjà éliminé une part importante, et la pellicule avait pratiquement disparu à la fin du cycle. Le résultat nous semble bien plus parlant qu’un essai mené sur quelques poussières : un laveur de vitres qui se contente de ramasser les particules libres n’apporte pas grand-chose face à une microfibre passée à la main. Ici, le contact avec le verre et le produit pulvérisé ont permis de travailler une vraie trace grasse.

Une fois la vitre propre, il suffisait pourtant de retourner le robot pour comprendre où toute cette saleté était passée.

Dans quel état la lingette ressort-elle après six mois sans nettoyage ?

Ecovacs Winbot W2 Omni retourné à côté de sa station, lingette encrassée visible

Très sale, au point que continuer sans la rincer n’a plus beaucoup de sens. Une partie de notre vitrage n’avait pas reçu de sérieux nettoyage depuis environ six mois, et après le passage du robot, certaines zones de la microfibre avaient complètement changé de couleur. Les bords étaient particulièrement chargés, ce qui montre bien tout ce que le textile venait de récupérer sur le verre.

C’est à cet instant que la principale limite physique de presque tous les robots de cette catégorie devient évidente. Le Winbot aspire pour tenir, pulvérise son produit et promène parfaitement sa lingette, mais la saleté reste dans cette lingette jusqu’à ce que nous la nettoyions nous-mêmes, là où les stations des laveurs de sols rincent le textile à l’eau chaude entre deux zones.

Retourner la lingette ou passer au second exemplaire fourni permet de poursuivre sur quelques surfaces, mais pas indéfiniment. Dès que plusieurs mois de poussière et de graisse ont saturé le textile, la surface de nettoyage n’absorbe plus correctement ce qu’elle rencontre et commence à redéposer une partie des résidus. Ecovacs livre deux lingettes, ce qui permet d’en utiliser une pendant que l’autre sèche ; dans une maison qui compte beaucoup de grandes baies très sales, nous en voudrions volontiers quelques-unes de plus. C’est précisément la contrainte qu’Ecovacs a cherché à lever sur le modèle suivant, dont la station rince elle-même le textile entre deux fenêtres, comme nous l’avons constaté dans notre test de l’Ecovacs Winbot W3 Omni.

Que donne-t-il sur une baie restée deux mois sous la pluie ?

Nos baies extérieures de 6 mm d’épaisseur n’avaient pas été nettoyées depuis environ deux mois. Elles étaient marquées par la pluie, des poussières séchées et de nombreuses traces blanchâtres laissées par l’eau et le calcaire, un mélange qui résiste bien mieux qu’un simple voile de poussière. Nous avons effectué un passage complet avant de comparer la partie nettoyée à celle qui ne l’était pas encore.

La différence était très nette : la vitre avait retrouvé une grande partie de sa transparence et la majorité des marques de gouttes avait disparu, pourtour compris. Il subsistait seulement quelques petites traces dans la partie basse, et pour un nettoyage courant, le résultat aurait déjà pu suffire.

Avec la lumière sous le bon angle, de longues marques horizontales apparaissaient toutefois sur toute la hauteur de la baie. C’est là que l’essai est devenu intéressant.

Pourquoi laisse-t-il parfois des traces horizontales ?

Parce que sa lingette finit par étaler la graisse qu’elle n’arrive plus à absorber. Cette observation compte davantage que n’importe quelle caractéristique technique du W2 Omni, car elle conditionne tout le reste. Les traces ne venaient pas de bandes oubliées par la navigation : elles suivaient précisément les lignes du trajet, ce qui exclut un défaut de planification.

Le premier cycle avait tellement chargé la microfibre que certains résidus gras étaient désormais redistribués à chaque passage. C’est exactement ce qui se produit lorsqu’on insiste sur une vitre avec un chiffon sale : plus on frotte, plus on étale un film léger au lieu de l’enlever. La différence tient au fait que le robot suit des trajectoires parfaitement régulières, si bien que ce film se transforme en longues bandes bien visibles au soleil.

Nous avons retiré la lingette, l’avons nettoyée correctement, puis relancé le Winbot sur la même vitre. La différence a été immédiate.

Une lingette propre change-t-elle autant le résultat ?

Au point de modifier notre jugement sur le robot. Le deuxième passage, réalisé avec une microfibre rincée, a fait disparaître la plus grande partie des marques qui subsistaient. La vitre n’avait pas changé, le programme non plus : la seule variable était l’état du textile.

Cette expérience permet de distinguer deux problèmes très différents. Un robot qui laisse des traces parce que son trajet est mauvais ou parce que son système de lavage manque d’efficacité est difficile à corriger, puisque le défaut est dans la machine. Un robot qui commence à marquer parce que sa lingette vient de récupérer plusieurs mois de graisse demande seulement qu’on interrompe le travail deux minutes pour la rincer.

Nous sommes allés jusqu’à un troisième passage pour savoir si les quelques lignes encore visibles venaient d’une limite réelle de l’appareil. Après un nouveau rinçage du textile, ce cycle a effacé les dernières marques horizontales, notamment en haut de la baie, et le résultat s’est confirmé sur le reste de la surface. Il serait pourtant trompeur d’en conclure qu’il faut systématiquement trois cycles : nous travaillions sur une surface extérieure laissée longtemps sans entretien, qui avait déjà saturé la première lingette. Sur une porte vitrée intérieure, un seul passage a suffi.

À quelle fréquence faut-il laver les microfibres ?

Sur une baie très sale, beaucoup plus souvent que nous ne l’imaginions avant l’essai. Nous ne laisserions désormais plus le robot enchaîner plusieurs grandes faces extérieures avec un textile déjà chargé, et nous le contrôlons plutôt après chaque baie, voire après chaque face particulièrement encrassée. Pour un entretien mensuel, la situation est évidemment plus favorable, puisque la lingette récupère moins de saleté et couvre davantage de surface avant que les premières traces n’apparaissent.

La vitre donne elle-même l’indication la plus fiable : dès que des lignes régulières apparaissent alors que la navigation reste correcte, il ne faut pas relancer le même programme mais nettoyer le textile. C’est le conseil le plus utile que nous puissions donner à quelqu’un qui vient d’acheter ce robot.

Ce constat mène d’ailleurs à un renversement paradoxal. Plus on attend entre deux nettoyages, plus le premier passage remplit la microfibre et plus il faut interrompre le travail pour la laver. À l’inverse, une baie nettoyée chaque mois accumule si peu de poussière, de graisse et de calcaire qu’un seul cycle suffit et que plusieurs vitrages s’enchaînent avant le changement de lingette. Le W2 Omni est donc plus convaincant en appareil d’entretien régulier qu’en machine sortie deux fois par an pour rattraper toutes les vitres de la maison en une journée.

Le nettoyage des bordures tient-il ses promesses ?

Le programme consacré aux bords fait bien parcourir au robot le pourtour de la vitre, et nous l’avons vu traiter la partie haute, la partie basse puis les côtés. Le résultat est nettement plus homogène qu’avec un appareil qui se contenterait d’enchaîner des passages au centre en laissant le cadre pour plus tard.

Une limite mécanique subsiste malgré tout, car la microfibre est placée sous le châssis et ne peut pas dépasser largement de celui-ci. La bande de verre la plus proche de certains cadres reçoit donc moins de pression que la partie centrale. Sur une grande baie, cette faiblesse se remarque assez peu ; si nous cherchons une finition irréprochable, quelques secondes avec un chiffon dans les angles feront toujours mieux, ce qui n’a rien de comparable avec le fait de devoir reprendre entièrement plusieurs mètres carrés de vitrage.

Peut-on faire autre chose pendant qu’il travaille ?

Sur une baie intérieure correctement sécurisée, oui. Une fois installé, le robot gère seul son trajet, sa pulvérisation et ses changements de direction, si bien que rien n’oblige à rester devant lui pendant tout le programme. Nous en profitons pour préparer la vitre suivante ou poursuivre le ménage ailleurs.

Il faut néanmoins revenir à la fin, et c’est là qu’une fonction discrète prend toute son importance : le Winbot regagne sa position de départ au lieu de s’immobiliser en haut de la vitre. On saisit sa poignée, on maintient le bouton quelques secondes, le système prévient avant de relâcher l’aspiration, puis il ne reste qu’à le ranger ou à l’installer sur la baie suivante. La séquence paraît anodine, mais elle évite une absurdité fréquente avec ce type d’appareil : ressortir un escabeau uniquement pour aller récupérer le robot après son travail.

Le fonctionnement reste donc très différent de celui d’un aspirateur robot capable de parcourir toute la maison et de rentrer seul à sa station. Le Winbot automatise le nettoyage d’une surface, pas le passage d’une fenêtre à toutes les autres.

Dans quels logements a-t-il un véritable intérêt ?

Son utilité augmente presque proportionnellement à la quantité et à la taille des surfaces vitrées. Dans un appartement doté de trois petites fenêtres faciles d’accès, un chiffon et une raclette resteront plus rapides, et la question ne se pose même pas. Le W2 Omni devient cohérent lorsque les baies atteignent un ou deux mètres, lorsqu’elles sont nombreuses ou lorsque le nettoyage manuel oblige à multiplier les gestes au-dessus de la tête.

Dans cette configuration, la préparation reste identique quelle que soit la taille de la vitre : on sort le robot, on l’installe, on lance le cycle, et c’est ensuite lui qui absorbe l’essentiel du temps nécessaire pour parcourir la surface. L’écart avec un nettoyage à la main se creuse à mesure que les mètres carrés s’accumulent.

Reste la question du rangement. La station est bien organisée, mais l’ensemble pèse 7,2 kg avec ses accessoires et occupe un volume sans commune mesure avec un flacon de produit et deux chiffons. Mieux vaut avoir prévu où il dormira entre deux séances.

Que reste-t-il à faire soi-même ?

Déplacer le robot, entretenir ses microfibres et reprendre ponctuellement ce que sa mécanique ne peut pas atteindre. Il faut installer le Winbot sur chaque nouvelle vitre, le décrocher à la fin, contrôler son textile, nettoyer les chenilles lorsque c’est nécessaire et remettre de la solution.

Une salissure très incrustée restera par ailleurs plus facile à retirer à la main. Le robot s’est montré convaincant sur les traces de doigts, le voile gras, la pluie séchée et une bonne partie du calcaire, mais il ne possède ni lame ni grattoir. Une déjection d’oiseau sèche ou une projection durcie réclame une pression très localisée que sa grande microfibre ne peut pas reproduire, même si le nettoyage par points et l’humidification répétée finissent parfois par ramollir la trace.

Ce constat ne doit pas masquer ce que l’appareil supprime vraiment : le frottement répété sur plusieurs mètres carrés, les grands gestes au-dessus de la tête et les multiples passages de chiffon nécessaires pour homogénéiser une grande baie. C’est précisément cette partie du travail qui justifie l’achat d’un robot.

Les points forts et les points faibles

Ce qui nous a convaincus

  • Empreintes, film gras et dépôts de pluie bel et bien retirés sur nos grandes baies.
  • Navigation méthodique, bordures traitées et retour à portée de main en fin de cycle.
  • Station transportable qui réunit batterie, rangement, commandes et sécurisation.
  • Aucune prise à chercher à côté de chaque fenêtre.
  • Télécommande, pulvérisation à la demande et nettoyage localisé utiles au quotidien.
  • Entretien motorisé des chenilles depuis l’application.

Ce qui nous a gênés

  • La lingette saturée laisse des traces horizontales sur un vitrage très sale.
  • Aucun rinçage automatique du textile, contrairement aux laveurs de sols haut de gamme.
  • Deux lingettes fournies, c’est peu pour une grosse séance.
  • Derniers millimètres des angles moins accessibles.
  • Petites fenêtres et vitrages irréguliers hors de son terrain.
  • Ensemble volumineux à ranger et déplacement manuel entre chaque surface.

Faut-il acheter l’Ecovacs Winbot W2 Omni ?

Nous partions avec de sérieux doutes. Les robots lave-vitres sont faciles à rendre impressionnants pendant une démonstration, puisqu’il suffit de les faire grimper sur une grande baie. Le plus difficile vient quelques minutes plus tard, lorsque le soleil révèle chaque marque laissée derrière eux. Le W2 Omni s’est montré bien plus convaincant que prévu sur ce second exercice, et il a fini par gagner sa place dans notre routine de ménage plutôt qu’au fond d’un placard.

Avec de grandes baies entretenues régulièrement, nous éviterions surtout de laisser passer plusieurs mois entre deux séances. Le textile resterait plus propre, un seul cycle suffirait beaucoup plus souvent et l’usage se rapprocherait de la promesse de départ : poser le robot, le laisser travailler, puis le déplacer sur la vitre suivante sans avoir à repasser derrière lui.

Notre verdict

Le Winbot W2 Omni ne supprime pas le nettoyage manuel des vitres, mais il fait assez bien le travail principal pour que nous n’ayons plus l’impression d’utiliser un gadget. C’est sur les grandes surfaces qu’il prend tout son sens : la station se transporte facilement, le robot monte seul, sa pulvérisation maintient le verre humide et il revient à portée de main lorsqu’il a terminé.

Il faut simplement apprendre à ne pas demander l’impossible à une lingette saturée. Sur une vitre entretenue, un seul passage peut être excellent ; sur une baie couverte de plusieurs mois de pluie, de calcaire et de graisse, mieux vaut considérer le premier cycle comme un décrassage, rincer le textile, puis lancer une finition. Une fois cette règle comprise, le résultat devient nettement plus constant.

Pour trois petites fenêtres, il serait excessif. Dans une maison équipée de plusieurs grandes baies, c’est en revanche le premier robot lave-vitres que nous aurions envie de ressortir régulièrement.

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