Test de l’Ecovacs Winbot W3 Omni : la station qui lave la lingette à notre place

Des baies extérieures enchaînées sans jamais retourner au robinet, un miroir sans cadre, une porte de douche et même un panneau solaire. Reste une vitre un peu trop humide derrière lui.

1 min 30Lavage de la lingette en station
9 min 50Cycle approfondi chronométré
1 à 2 mmMarge mesurée dans les angles
13 kgStation remplie et robot en main

Un robot lave-vitres sait depuis longtemps traverser seul une baie vitrée. Sa vraie limite se situe ailleurs : dès que la lingette se charge de saleté, il faut récupérer l’appareil, retirer le tampon, le laver au robinet puis le remettre en place. Sur plusieurs grandes baies extérieures, cette manœuvre revient si souvent qu’elle finit par annuler une bonne partie de l’intérêt de l’automatisation.

Avec l’Ecovacs Winbot W3 Omni, le constructeur s’attaque précisément à ce point. Sa station ne se contente plus d’alimenter le robot et de le retenir : elle possède son propre réservoir et un véritable dispositif de lavage, capable de nettoyer la lingette en une minute à une minute trente. Sur le papier, cela ressemble à une commodité de plus. À l’usage, c’est pourtant ce qui transforme le plus notre façon de nettoyer les vitres.

Nous avons aussi voulu voir ce que valaient les autres évolutions, du travail des angles par TruEdge à la triple pulvérisation, de la navigation WIN-SLAM 5.0 au comportement sur un miroir sans cadre, une porte de douche et même un panneau photovoltaïque. Le résultat convainc sur une bonne partie de ces exercices, mais deux défauts subsistent : une vitre laissée trop humide et un curieux renoncement sur les fenêtres étroites.

La fiche technique de l’Ecovacs Winbot W3 Omni

Avant d’entrer dans le détail de nos essais, voici ce que la machine revendique. Ces valeurs viennent d’Ecovacs et servent de point de comparaison à ce que nous avons mesuré nous-mêmes, section après section.

CaractéristiqueEcovacs Winbot W3 Omni
Le robot
Dimensions270 × 270 × 76 mm
Poids2,1 kg
Aspiration annoncée8 000 Pa
Réservoir embarqué80 ml
Vitesse annoncée16 cm/s
Le nettoyage
NavigationWIN-SLAM 5.0
Travail des bordsTruEdge, 1,1 mm annoncés
PulvérisationSix buses, trois par sens de marche
ProgrammesRapide, approfondi, minutieux, bords, intensif, localisé, par zone
Fenêtre minimale30 × 40 cm
La station
Lavage de la lingetteVortex Wash, seize jets à 20 kPa, quatre disques à 200 tr/min
Durée d’un lavage1 min en standard, 1 min 30 en intensif
Réservoirs1,25 l d’eau propre et autant d’eau sale
Nettoyage de la cuveProgramme dédié d’une vingtaine de secondes
Poids annoncéUne dizaine de kilos à vide
L’énergie
Batterie de la station9 000 mAh
Autonomie annoncéeJusqu’à 130 minutes
Recharge annoncéeMoins de trois heures
AlimentationSur batterie ou sur secteur
La sécurité
Câble deux-en-un5,5 m, alimentation et retenue
ProtectionsDouze niveaux, maintien annoncé au delà de trente minutes en cas de coupure
Force de retenue annoncéePlus de 800 N
Niveau sonore annoncé68 ± 3 dB

Valeurs annoncées par Ecovacs. Nos propres relevés apparaissent au fil de l’article et ne se confondent jamais avec ces chiffres.

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Une station imposante, mais bien plus utile qu’avant

Le robot lui-même reste compact, avec ses 270 millimètres de côté et seulement 76 millimètres d’épaisseur. Ses 2,1 kilos se sentent au moment de le plaquer à bout de bras contre le vitrage, mais une fois le moteur lancé, ce poids n’a plus d’importance puisque c’est la dépression qui le maintient en place.

Gros plan sur la station de l'Ecovacs Winbot W3 Omni et son écran de commande

C’est plutôt la station qui change l’encombrement de l’ensemble. Ecovacs annonce une dizaine de kilos pour la base seule et, réservoirs remplis, robot compris, nous arrivons autour de 13 kilos à déplacer d’une pièce à l’autre. Il est possible d’accrocher le Winbot à l’arrière de la station et de tout porter par la poignée, mais nous préférons tenir la base d’une main et le robot de l’autre, car le poids est mieux réparti et cela évite surtout de cogner l’appareil contre un encadrement de porte. Le contraste est net avec la génération précédente, dont la station se transportait d’une seule main, comme nous l’avons vu dans notre test de l’Ecovacs Winbot W2 Omni.

Cette masse n’est pourtant pas seulement une contrainte. Posée au sol, la station est très stable et dispose en plus d’une ventouse sous sa base. Sur un carrelage lisse, son efficacité surprend : une fois la dépression engagée, nous ne parvenons pratiquement plus à la soulever sans actionner le mécanisme de déverrouillage intégré à la poignée. Il faut simplement éviter de la poser à cheval sur un joint de carrelage, qui empêche la ventouse de créer correctement le vide.

La base possède également un cordon de sécurité supplémentaire, long d’un mètre, permettant de l’arrimer à un point fixe. Dans une maison, avec la station correctement posée au sol, son intérêt reste limité. Il devient en revanche pertinent dès que l’on travaille en extérieur et en hauteur, puisque les conséquences d’une chute seraient alors autrement plus sérieuses.

Un robot conçu pour aller au plus près des angles

Dessous de l'Ecovacs Winbot W3 Omni avec ses chenilles en caoutchouc

Sous le W3 Omni, nous retrouvons les chenilles en caoutchouc chargées de le déplacer sur le verre. De petites brosses viennent frotter ces chenilles en continu afin de limiter l’accumulation de saleté, détail discret mais utile puisque l’adhérence et la régularité des déplacements dépendent directement de leur propreté.

La nouveauté la plus visible se trouve dans deux des angles du robot. Ecovacs y installe ce qu’il appelle TruEdge, de petits éléments rotatifs à ailettes en caoutchouc capables de tourner jusqu’à 200 tours par minute. Surtout, ils ne frottent pas le verre en permanence : le mécanisme les abaisse lorsque le robot travaille un bord ou un coin, puis les relève ensuite. Cette rétraction compte, car une brosse qui longerait continuellement la vitre finirait par récupérer la saleté des encadrements pour la redéposer ailleurs.

Nous avons observé ce travail sur un angle mal nettoyé lors d’un passage précédent. Le robot ne se contente pas d’arriver dans le coin puis de repartir : il pivote, engage successivement ses éléments TruEdge et revient plusieurs fois sur la même zone, si bien que le résultat s’améliore nettement à chaque retour.

Nous mesurons encore un à deux millimètres non atteints dans l’extrémité de certains angles, puis environ un millimètre le long du bord, quand Ecovacs annonce 1,1 millimètre. À quelques dizaines de centimètres de la vitre, cette marge devient pratiquement invisible, et la différence saute aux yeux face à un robot qui abandonne près d’un centimètre tout le long du cadre.

La triple pulvérisation garde-t-elle la lingette humide ?

Oui sur toute la longueur d’une grande baie, mais au prix d’un verre qui ressort trop mouillé.

Ecovacs place trois buses de pulvérisation dans chaque sens de déplacement, soit six au total. Comme le robot travaille par passages horizontaux, il peut ainsi humidifier le verre devant lui quel que soit le côté vers lequel il avance.

Sur une grande baie, cette pulvérisation régulière fonctionne très bien. Le robot déclenche ses buses au fil des allers et retours et maintient la microfibre humide pendant toute la durée du cycle, si bien que nous n’avons pas retrouvé le travers habituel d’une lingette qui commence correctement puis termine presque sèche sur la seconde moitié du vitrage. Le réservoir embarqué contient 80 millilitres et le constructeur annonce une cinquantaine de mètres carrés de pulvérisation cumulée en mode rapide. Il est possible de couper la pulvérisation automatique depuis l’application, mais nous n’y voyons guère d’intérêt pour un nettoyage ordinaire.

Cette générosité a cependant son revers. Après le passage du robot, le verre reste sensiblement plus humide que nous ne le voudrions : une fine pellicule et de nombreuses gouttelettes restent visibles derrière la lingette. Elles finissent par sécher, mais peuvent laisser de très légères marques lorsqu’on regarde la vitre de biais.

Le phénomène reste discret chez nous et deviendra logiquement plus visible avec une eau très calcaire. La microfibre nous paraît en partie responsable, car ses fibres ont tendance à s’écraser et nous aurions préféré une matière un peu plus absorbante. C’est le point sur lequel ce modèle peut encore progresser.

Mode rapide ou approfondi : lequel faut-il utiliser ?

Le mode rapide suffit à l’intérieur, le mode approfondi s’impose dès qu’on passe dehors.

Le robot propose de nombreux programmes, mais deux concentrent l’essentiel de l’usage. En mode rapide, il effectue des passages horizontaux relativement espacés et ne termine pas systématiquement par le travail complet des contours. Le mode approfondi resserre nettement les trajectoires et ajoute le nettoyage des bords et des angles.

Nos relevés sur la même surface vitrée, chronomètre en main.

  • Mode rapide 4 min 44 s
  • Mode approfondi 9 min 50 s
L'Ecovacs Winbot W3 Omni en cours de nettoyage approfondi sur une baie vitrée

Le mode approfondi demande donc pratiquement deux fois plus de temps, ce qui n’a rien d’inutile. Sur une vitre intérieure régulièrement entretenue, le mode rapide enlève sans difficulté les poussières et quelques traces légères, et c’est précisément à cet usage que nous le réservons.

Sur une baie extérieure, en revanche, le mode approfondi nous paraît beaucoup plus pertinent, puisque les passages sont plus rapprochés et que le robot termine son cycle par le contour complet. C’est d’ailleurs celui que nous avons fini par lancer presque systématiquement, quitte à accepter cinq minutes de plus.

Que vaut-il sur une vitre laissée sale pendant des mois ?

Il y arrive, mais en deux cycles et avec une lingette lavée entre les deux.

L'Ecovacs Winbot W3 Omni en cours de nettoyage sur une grande baie vitrée

Pour mettre son nettoyage à l’épreuve, nous avons lancé le robot sur une vitre extérieure très encrassée, au point que sa transparence en était sérieusement dégradée. Le premier passage en mode approfondi produit déjà une transformation spectaculaire, mais il ne suffit pas à tout éliminer : la microfibre récupère une telle quantité de saleté qu’elle finit par limiter elle-même le résultat, et quelques marques restent visibles.

C’est exactement dans cette situation que la station prend son sens. Nous récupérons le robot, plaçons sa lingette dans la base, lançons le lavage puis repartons avec une microfibre propre. Après ce deuxième passage, la vitre devient presque parfaitement transparente et les traces résiduelles disparaissent pratiquement toutes.

L’essai rappelle aussi une limite commune à tous les robots laveurs de vitres : ils sont bien meilleurs pour entretenir régulièrement une surface que pour rattraper en une fois plusieurs saisons d’abandon. Le W3 Omni y parvient, à condition d’accepter ce second cycle.

Le nettoyage des bords résiste-t-il aux vitres étroites ?

Non, et c’est la limite la plus étonnante que nous ayons rencontrée.

Sur une fenêtre large de 45 centimètres, le robot considère parfois que l’espace disponible est insuffisant pour effectuer correctement son cycle de nettoyage des contours, alors même que nous l’avons vu pivoter à 90 degrés sans difficulté sur ce vitrage. La place semble donc suffisante, mais l’algorithme préfère basculer vers un comportement plus prudent et renonce au parcours prévu le long des bords.

Il nettoie ainsi parfaitement la surface centrale mais peut refuser le cycle TruEdge complet, ce qui est dommage puisque le travail des angles constitue justement l’un de ses meilleurs arguments.

Il faut distinguer cette limite logicielle de la taille minimale officiellement acceptée. Le constructeur indique que le robot travaille dès 30 sur 40 centimètres, mais cela ne signifie manifestement pas que tous les programmes restent disponibles de la même manière sur les vitrages les plus étroits.

Sur un miroir sans cadre, les sécurités font-elles leur travail ?

Oui, et c’est l’essai qui nous a le plus rassurés.

Le miroir de salle de bain constitue un exercice plus intéressant qu’il n’y paraît. Contrairement à une fenêtre classique, aucun cadre ne vient arrêter mécaniquement le robot : s’il ne détecte pas correctement la fin du verre, la chute devient possible. Nous avons compliqué encore le parcours en laissant plusieurs supports d’ampoule dépasser devant la glace.

C’est là que les grands pare-chocs latéraux se révèlent utiles, car ils couvrent pratiquement toute la hauteur de l’appareil : un obstacle situé haut est détecté aussi bien qu’un obstacle placé plus bas. À chaque rencontre avec un support, le robot recule légèrement, corrige sa trajectoire puis poursuit son chemin, et il s’arrête net au bord du miroir sans jamais engager une partie de sa carcasse dans le vide.

Nous l’avons même vu effectuer une rotation sur lui-même pour remettre son câble dans l’axe et éviter de l’enrouler au fil de ses changements de direction. Ce genre de détail inspire davantage confiance que la simple liste des capteurs sur une fiche technique.

Une fuite d’air d’un millimètre suffit-elle à le mettre en difficulté ?

Elle ne le fait pas tomber, mais elle peut lui faire abandonner la zone.

Le bas de ce miroir présente un autre piège : un décrochement d’environ un millimètre, largement suffisant pour laisser entrer de l’air sous le robot. La réaction est immédiate, puisque nous entendons nettement le moteur accélérer afin de compenser la perte de dépression. L’appareil ne tombe pas et ne poursuit pas non plus aveuglément son trajet : lorsqu’il estime que l’adhérence n’est plus assez sûre, il abandonne la zone et revient vers son point de départ.

Lors du premier essai, ce comportement nous a d’abord fait croire à un échec du nettoyage des bords, alors que le cycle avait simplement été interrompu par cette perte de pression. Nous avons donc supprimé le petit décrochement responsable de la fuite puis relancé exactement le même programme. Cette fois, le robot a terminé son parcours, longé le bord sans cadre et négocié les supports d’ampoule sans jamais sortir du miroir.

La priorité donnée à la sécurité peut donc laisser ponctuellement une petite zone non nettoyée, mais nous préférons largement ce comportement à celui d’un robot qui continuerait sa route malgré une adhérence insuffisante.

Peut-il nettoyer une porte de douche pleine de calcaire ?

Oui pour l’entretien courant, non pour un tartre déjà installé.

Sur notre porte de douche, le robot enlève correctement les salissures superficielles et les traces récentes. En revanche, il ne fait pas disparaître une couche de calcaire incrustée, et ce n’est pas une question de puissance : le tartre installé demande un traitement chimique adapté, que le simple travail mécanique d’une microfibre humide ne peut pas remplacer.

Son intérêt dans une douche se situe donc du côté de l’entretien régulier. Passé une à deux fois par semaine, il évite que les traces d’eau et les résidus s’accumulent jusqu’au point où un détartrage manuel devient nécessaire.

Il faut aussi garder en tête que la pulvérisation envoie parfois quelques gouttelettes au delà du vitrage, en particulier lorsqu’elle se déclenche près d’un bord sans cadre. Dans une douche, cela ne porte évidemment pas à conséquence. Au dessus d’un parquet, nous protégerions le sol avant de lancer le cycle.

Et sur un panneau solaire ?

La surface ressort propre, mais le cadre l’empêche de finir les bords.

Nous avons poussé l’essai jusqu’à un panneau photovoltaïque extérieur sur lequel une fiente d’oiseau avait séché. Comme la station fonctionne sur batterie, aucune prise n’est nécessaire à proximité et nous emportons directement l’ensemble dehors. Le robot parcourt sans mal la surface et la fiente disparaît complètement après son passage.

Nous retrouvons cependant le comportement observé sur le miroir. Le petit rebord inférieur du panneau, haut d’un à deux millimètres, provoque une légère entrée d’air à l’approche du robot. Le système augmente alors l’aspiration, puis préfère revenir en sécurité plutôt que d’effectuer le cycle final le long des quatre bords.

L’usage sur un panneau solaire reste donc possible sur une surface compatible, sans pour autant faire de ce modèle un appareil destiné aux installations photovoltaïques. La géométrie du cadre reste déterminante, et toutes les précautions liées au travail en hauteur s’appliquent évidemment.

La station Vortex Wash lave-t-elle réellement bien la lingette ?

Oui, et c’est ce qui justifie à lui seul l’existence de cette version.

Lingette de l'Ecovacs Winbot W3 Omni après le nettoyage d'une baie vitrée

Après le nettoyage d’une baie extérieure, nous avons placé dans la station une lingette particulièrement sale et lancé le programme intensif, qui dure une minute trente. À l’intérieur, plusieurs éléments rotatifs travaillent la microfibre pendant que des jets d’eau traversent ses fibres et que des raclettes évacuent l’eau chargée de saleté. Ecovacs annonce seize jets à 20 kPa et quatre disques tournant à 200 tours par minute, si bien que le système ne se contente pas de rincer superficiellement le tampon.

Après une minute trente, toute la surface de microfibre destinée à toucher le verre ressort propre. Seule la tranche latérale conserve parfois une coloration sombre lorsqu’elle a frotté contre des joints de baie très encrassés, mais cette partie n’essuie pas la vitre et n’a eu aucune incidence sur le nettoyage suivant. Le principe rappelle celui des stations qui lavent les serpillières d’un aspirateur robot, à l’image des patins que nous avions mesurés près de 80 °C en sortie de base dans notre test du MOVA V70 Ultra Complete, à ceci près qu’il faut ici déposer soi-même le tampon dans la station.

Le cycle standard, d’une minute, suffit également pour humidifier une lingette sèche avant de commencer. C’est un usage que nous avons adopté très vite : au lieu de passer au robinet avant la première fenêtre, nous déposons directement le tampon dans la base.

Faut-il laver la lingette après chaque vitre ?

Non, et ce serait même inutile dans la plupart des cas.

La station de l'Ecovacs Winbot W3 Omni pendant un lavage standard de la lingette

Sur des fenêtres intérieures peu sales, nous avons enchaîné plusieurs vitrages avec la même microfibre sans aucune difficulté, quatre, cinq ou davantage, tant que le tampon reste visuellement propre.

La situation change sur les grandes surfaces extérieures, car la poussière, le pollen et la pollution chargent la lingette beaucoup plus vite. Sur une baie sale, nous préférons alors lancer un lavage avant de passer à la suivante, et c’est justement cette possibilité qui rend la station pertinente : une minute en standard ou une minute trente en intensif ne casse pas le rythme, puisque nous retirons le tampon, le déposons dans la base et repartons presque aussitôt.

Il reste toutefois une opération manuelle à la fin. La station lave les lingettes mais ne les sèche pas, il faut donc les laisser sécher à part une fois toutes les fenêtres terminées.

La station reste-t-elle propre ?

Oui, et son entretien se limite à vider le réservoir d’eau sale.

L’eau récupérée dans ce réservoir confirme que le lavage retire bien quelque chose : après plusieurs cycles, elle devient trouble et concentre la saleté arrachée aux microfibres. La cuve dispose de son propre programme de nettoyage, qui ne dure qu’une vingtaine de secondes et fait circuler de l’eau dans la zone de lavage pendant que les éléments internes tournent plus lentement.

Dans notre cas, la différence avant et après ce programme reste difficile à apprécier, pour une raison simple : la station était déjà relativement propre, car des raclettes travaillent au fond pendant les cycles et empêchent une bonne partie de la saleté de s’y déposer.

Quelques gouttes peuvent tomber à l’ouverture du capot, sans que nous ayons jamais retrouvé de flaque sous la base. C’est essentiel : une station censée supprimer le lavage manuel des lingettes perdrait beaucoup de son intérêt si elle réclamait elle-même un nettoyage fastidieux après chaque utilisation.

L’application Ecovacs est-elle indispensable ?

Non, l’écran de la station suffit au quotidien, même si tous les modes n’y figurent pas.

Gros plan sur l'Ecovacs Winbot W3 Omni et ses boutons de commande

Le panneau de la base permet de choisir directement les programmes les plus utiles, dont le nettoyage rapide, le nettoyage approfondi et celui des bords. Nous avons fini par utiliser essentiellement ces boutons, puisque le mode approfondi répond à la majorité de nos besoins.

L’application ECOVACS HOME devient intéressante pour accéder aux programmes supplémentaires, notamment les nettoyages minutieux, intensif, localisé ou par zone, ainsi qu’une télécommande permettant de déplacer le robot à la main. Le nettoyage localisé cible une zone d’environ 45 sur 45 centimètres et y effectue plusieurs passages, ce qui rend service sur une salissure précise, tandis que le nettoyage par zone fait travailler le robot d’un seul côté de son point de départ, solution utile sur une très longue surface vitrée lorsque les 5,5 mètres de câble ne suffisent pas à tout couvrir depuis la même position.

La télécommande cache une subtilité bien pensée : l’application demande si nous regardons le robot du même côté du vitrage ou depuis l’autre côté, puis inverse automatiquement les commandes afin que la gauche et la droite correspondent toujours à ce que nous voyons. Le robot mémorise par ailleurs son point de départ et y revient en fin de cycle, qu’il ait été posé au milieu d’une baie ou dans un angle, ce qui se révèle précieux quand certaines parties du vitrage sont difficiles à atteindre à la main.

Notre principal reproche concerne plutôt la station, dont l’écran ne donne pas accès à tous les programmes disponibles dans l’application. Puisque l’appareil s’utilise parfaitement sans téléphone, nous aurions aimé retrouver davantage de modes directement sur la base.

Une sécurité qui ne repose pas sur un simple câble

Un appareil de 2,1 kilos collé à l’extérieur d’une fenêtre impose évidemment plus de précautions qu’un robot circulant au sol. Le W3 Omni combine donc plusieurs niveaux de protection. Le moteur crée en permanence la dépression nécessaire à l’adhérence et augmente fortement son aspiration dès qu’une fuite d’air est détectée, ce que nous avons entendu très distinctement sur le miroir : à la moindre perte d’étanchéité, le régime change dans la seconde.

Déballage de l'Ecovacs Winbot W3 Omni, robot, station et accessoires fournis

Le câble de 5,5 mètres joue lui aussi un double rôle, puisqu’il assure à la fois l’alimentation et la retenue mécanique du robot. Il sort automatiquement de la station au fil des déplacements et, en cas de traction brutale, son mécanisme se bloque comme une ceinture de sécurité. Une fois le travail terminé, une pression sur le bouton de la base rembobine le surplus, détail qui paraît secondaire sur une fiche technique mais qui évite réellement de manipuler plusieurs mètres de câble à chaque changement de fenêtre.

Ecovacs annonce par ailleurs douze protections et une capacité à maintenir le robot sur le vitrage pendant plus de trente minutes lorsque l’alimentation devient faible. Nous n’y voyons évidemment pas une invitation à laisser fonctionner l’appareil sans surveillance à l’extérieur d’une fenêtre en hauteur, car ces dispositifs doivent rester des protections de dernier recours.

Quelle autonomie avons-nous constatée ?

Assez pour nettoyer presque toutes les vitres de la maison sans chercher une prise.

La station embarque une batterie de 9 000 mAh et peut aussi rester branchée sur secteur pendant l’utilisation. Nous n’avons pas chronométré un cycle complet jusqu’à l’extinction, ce scénario correspondant assez mal à l’usage réel. Nous avons en revanche enchaîné les fenêtres et lancé de nombreux lavages de lingette sans nous retrouver à court d’énergie.

Nos repères sur l’énergie, batterie de 9 000 mAh.

  • Autonomie annoncée jusqu’à 130 minutes
  • Consommation à la recharge environ 108 W
  • Progression observée de la moitié aux trois quarts de la jauge en une trentaine de minutes

La batterie était encore assez chargée pour que nous la remettions sur secteur par précaution, autour de la moitié de sa jauge, et non parce que le robot nous avait contraints à interrompre le nettoyage. Cette autonomie change beaucoup l’usage, car nous déplaçons la station de fenêtre en fenêtre sans chercher une prise, nous l’emportons dehors ou nous l’installons près d’une grande baie sans laisser traîner une rallonge.

Le constructeur annonce moins de trois heures pour une charge complète. Notre relevé partiel ne permet pas d’en déduire proprement un temps de charge, puisque la puissance absorbée et la vitesse de remplissage varient selon le niveau de la batterie.

Est-il bruyant ?

Il s’entend clairement, sans transformer le nettoyage d’une baie en nuisance.

Un robot laveur de vitres ne peut pas être silencieux, puisque son moteur doit maintenir une dépression permanente entre l’appareil et le verre. Ecovacs annonce 68 décibels à trois près et, à l’usage, le bruit nous a paru moins envahissant que sur plusieurs robots laveurs de vitres plus anciens.

Les changements de régime se révèlent même utiles, car ils renseignent sur ce que fait le robot. Sur le miroir, nous avons immédiatement entendu l’aspiration monter au moment où il a rencontré la petite fuite d’air, bien avant de voir le moindre changement de trajectoire.

Quels défauts restent les plus gênants ?

Une vitre trop humide, un mode rapide en retrait et un ensemble lourd à porter.

Le premier défaut concerne la quantité d’eau laissée derrière lui. La triple pulvérisation remplit parfaitement son rôle, mais la microfibre ne récupère pas assez cette humidité, si bien que les très fines traces visibles après séchage risquent d’être plus marquées avec une eau calcaire. Le deuxième vient du mode rapide, dont les passages espacés et l’absence de finition complète des contours le rendent peu adapté à une baie extérieure : son intérêt se limite à l’entretien de vitres intérieures peu sales.

Nous regrettons également la limite rencontrée sur notre fenêtre de 45 centimètres, où le robot sait physiquement pivoter mais renonce malgré tout au nettoyage complet des bords, ainsi que l’écran de la station, qui gagnerait à donner accès à tous les modes de l’application.

Enfin, le poids de l’ensemble ne conviendra pas à tout le monde, puisque nous déplaçons près de 13 kilos dès que la station chargée voyage avec le robot. Ce modèle est nettement moins facile à transporter qu’un simple robot laveur de vitres accompagné de son alimentation, et ce point mérite d’être pris au sérieux par une personne qui a du mal à porter.

Ce qui nous a convaincus

  • Une lingette réellement lavée en station, en une minute à une minute trente
  • Un travail des angles qui laisse un à deux millimètres seulement
  • Une navigation à l’aise avec les cadres, les surfaces sans bord et les obstacles
  • Un câble de 5,5 m qui se déroule seul et se rembobine sur commande
  • Une station sur batterie, utilisable dehors sans rallonge
  • Une microfibre qui reste humide jusqu’au bout des grandes baies
  • Un retour automatique au point de départ, même au milieu d’une baie
  • Des réactions franches à la moindre perte d’adhérence

Ce qui nous a gênés

  • Une vitre qui ressort trop humide après le passage
  • De fines traces au séchage, surtout avec une eau calcaire
  • Un cycle complet des bords refusé sur notre vitre de 45 cm
  • Un écran de station privé d’une partie des programmes
  • Des lingettes lavées, mais jamais séchées
  • Près de 13 kg à déplacer dès que la station voyage chargée

Faut-il acheter l’Ecovacs Winbot W3 Omni ?

Oui dans une maison pleine de grandes baies, beaucoup moins pour trois fenêtres et un miroir.

Le W3 Omni ne réinvente pas le nettoyage robotisé d’une vitre. Sa navigation est meilleure, son travail des angles nettement plus convaincant et ses sécurités particulièrement abouties, mais ce n’est pas là que nous avons ressenti la plus grande différence.

Elle vient de la station. Sur une baie extérieure sale, la lingette finit forcément par se charger de poussière, et avec un robot classique il faut interrompre le nettoyage, rejoindre un lavabo, laver la microfibre, l’essorer puis revenir. Ici, une minute ou une minute trente suffisent avant de repartir, et l’avantage devient encore plus net lorsqu’on enchaîne les fenêtres : nous arrivons avec une base chargée, humidifions la première lingette, nettoyons plusieurs vitres, lançons un lavage quand le tampon fatigue et continuons sans chercher ni prise ni robinet.

Le résultat n’est pourtant pas irréprochable. Nous aimerions une microfibre plus absorbante afin de laisser moins d’eau sur le verre, le refus de travailler les contours de notre vitre de 45 centimètres reste difficile à justifier, et le poids de la station oblige à savoir pourquoi on choisit cette version plutôt qu’un Winbot plus simple.

Notre verdict

Pour une maison équipée de grandes baies, d’une véranda ou de nombreuses fenêtres difficiles à entretenir, la proposition devient cohérente. Ce modèle ne supprime pas seulement une partie du nettoyage des vitres : il supprime surtout la plupart des manipulations qui rendaient les robots laveurs de vitres encore contraignants.

Dans un logement qui compte quelques fenêtres standard, cette mécanique restera largement sous-employée et un modèle plus léger rendra le même service. Chez nous, une habitude a changé : nous ne repoussons plus le nettoyage des baies extérieures au prétexte qu’il faudra faire des allers et retours jusqu’au robinet.

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